Yes men : Censure et fermeture "accidentelle" de 4 500 sites

jeudi 7 janvier 2010

Alors que la conférence de Copenhague s’est terminée sur un échec, les Yes Men avaient cependant fait sensation en bousculant la position défendue par le Canada lors de ce sommet international. Une action que n’a pas vraiment apprécié le gouvernement, puisque ce dernier a exigé la censure des deux sites parodiques... sans décision de justice.

Célèbre duo spécialisé dans le canular, les Yes Men ont fait de la dénonciation du libéralisme leur spécialité. Ciblant tout à la fois entreprises et gouvernements, Jacques Servin et Igor Vamos (plus connus sans doute sous les pseudonymes d’Andy Bichlbaum et de Mike Bonanno), s’en sont pris notamment à l’Organisation Mondiale du Commerce, à Halliburton, à George W. Bush, mais également à ExxonMobil ou encore à la chambre de commerce des États-Unis.

Leur dernier fait d’arme remonte au 14 décembre dernier, lors de la conférence de Copenhague sur le climat. Alors que le Canada défendait un plan de réduction de 3 % des émissions de gaz à effets de serre par rapport à 1990, les Yes Men ont diffusé un faux communiqué de presse sur un site Internet identique à Environnement Canada, un site maintenu par le gouvernement canadien. Dans ce communiqué, les Yes Men ont annoncé que le pays visait en réalité une réduction de 40 % d’ici 2020 par rapport à 1990.

Évidemment, rien de tout ceci n’était vrai et une telle annonce a sans surprise jeté le trouble dans la délégation canadienne. Car si le Canada a bel et bien signé et ratifié le protocole de Kyoto, le pays a énormément de mal à tenir ses engagements internationaux, d’autant qu’il est le principal fournisseur de pétrole et de gaz naturel des États-Unis. Dès lors, un tel changement de cap de la politique environnementale canadienne n’aurait été guère possible.

Excédé par le comportement des deux activistes, le gouvernement canadien a décidé de contre-attaquer en prenant contact avec le fournisseur d’accès à Internet l’hébergeur allemand Serverloft. Mike Landreville, le responsable du site Environnement Canada, a alors expliqué que deux sites parodiques ("enviro-canada.ca" et "ec-gc.ca") "étaient directement connectés à un hoax faisant croire aux internautes que le gouvernement canadien va prendre certaines mesures relatives aux problèmes liés aux questions environnementales".

Peu disposé à s’attirer les foudres du Canada, l’hébergeur allemand a alors obtempéré immédiatement en déconnectant les deux sites web en question, sans jamais obtenir une confirmation judiciaire de la légalité d’une telle demande. Mais dans un excès de zèle, Serverloft a également mis hors-ligne près de 4 500 autres sites Internet hébergés sur le même bloc d’IP.

Réagissant aux représailles gouvernementales, les Yes Men ont déploré que de voir le gouvernement canadien s’attaquer à la liberté d’expression plutôt qu’au problème grave du changement climatique. Mike Bonanno a ainsi déclaré être "désolé de voir qu’ils ne s’en soucient pas vraiment".


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