Journal des Alternatives

Un peu d’air pur, svp !

Kamilia BAROUDI, 23 avril 2003

Du 5 mai au 6 juin se tiendra la huitième édition de la campagne Jour de l’air pur, organisée par l’association Transport Québec 2000. Au programme, sensibilisation et éducation du public. Question que les citoyens s’approprient aussi le défi de réduire les gaz à effet de serre en modifiant leurs habitudes de transport.

Norman Parisien, directeur général de Transport Québec 2000, explique que « les gaz à effet de serre sont ces particules chimiques que l’on retrouve dans l’atmosphère terrestre. Ce sont eux qui permettent aux rayons du soleil d’entrer dans l’atmosphère. Lorsque les rayons atteignent la surface de la terre, certains d’entre eux se transforment en infrarouges. Les gaz à effet de serre absorbent alors ces rayons infrarouges et les réfléchissent à nouveau dans l’atmosphère où la chaleur est enfermée. »

Ainsi, les gaz à effet de serre jouent un rôle d’isolant pour la terre, la protégeant de la trop grande chaleur du soleil tout en maintenant l’équilibre du climat. Sans eux, toute la chaleur absorbée durant le jour se volatiliserait la nuit venue. Cependant, lorsqu’il y a trop de ces gaz, trop de chaleur est alors retenue dans l’atmosphère.
Les voitures sont sans aucun doute les premières responsables des gaz à effet de serre au Canada : 25 % du total des émissions leur est imputé. C’est pourquoi le gouvernement canadien déploie de plus en plus d’efforts pour assainir l’air que nous respirons. Mais pour Norman Parisien, cela demeure encore nettement insuffisant.

Le directeur de Transport Québec 2000 croit que les trains légers sur rails combinés à des mesures facilitant le transport en commun sont les seuls moyens d’arriver à réduire la quantité de gaz à effet de serre. « Ce dont nous avons besoin, insiste-t-il, ce sont des systèmes de transports qui soient aussi efficaces pour les besoins de la ville que ceux de la banlieue. » Il rappelle, au passage, les promesses faites en ce sens par l’administration Tremblay de la Ville de Montréal et par le gouvernement québécois.

Transport 2000 travaille actuellement à l’implantation graduelle d’autobus à propulsion électrique et de systèmes de transport public légers. Trois lignes pourraient être mises sur pied au cours des prochaines années. Sont entre autres pressentis les boulevards Pie-IX et Henri-Bourassa, ainsi que Côte-des-Neiges et l’avenue du Parc. Des artères particulièrement empruntées soir et matin. Pour Norman Parisien, la Ville de Montréal doit absolument en faire une priorité. Car cela améliorera non seulement la fluidité de la circulation mais aussi la qualité de vie des habitants des quartiers riverains. « Il y a 325 automobiles pour 1 000 personnes à Montréal, et 450 pour 1 000 pour l’ensemble du Québec. On ne pourra tenir ce rythme encore bien longtemps », prévient M. Parisien. Il ajoute que ce qu’un usager des transports publics consomme en carburant, pendant une période 40 ans, équivaut à ce qu’un motocycliste brûle en seulement quatre heures.

Un enjeu économique

Le directeur de Transport Québec 2000 ne croit pas qu’il ne s’agisse que d’une question environnementale. Selon lui, c’est aussi un enjeu économique : utiliser les deniers publics pour construire des routes ou investir dans les transports publics, là est la question. Il affirme qu’« il est plus coûteux, globalement, de faire la promotion du développement du système routier que du système de transport public  ».

En dépit des efforts consentis dans ce domaine ces dernières années, il ne fait pas de doute que beaucoup reste à faire. Le Canada a certes signé la Convention sur les changements climatiques des Nations unies, où il s’est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais comme la plupart des autres États signataires, il n’a toujours pas livré la marchandise.


Kamilia Baroudi, collaboration spéciale