Un mot des territoires occupés

L’injustice de l’occupation et le sort des réfugiés

mercredi 1er mai 2002, par Robert DAVID

Bonjour,

Il est très difficile, après avoir passé une dizaine de jours au milieu du présent conflit en Palestine, d’écrire sans trop d’émotion et de colère... Tant d’abus, de haines et d’images fixées dans la mémoire à tout jamais.

Ce n’est pas que les souffrances de l’un soient plus importantes que celles de l’autre. Ce n’est pas une compétition. Je me méfie de tout discours qui ne parle que des peines de l’un ou des abus de l’autre. Reste qu’il y a un problème de taille : l’injustice de l’occupation et du sort des réfugiés.

On nous répète sans cesse qu’Israël est une démocratie et que son gouvernement partage nos valeurs fondamentales. C’est FAUX. Les pays démocratiques ne sanctionnent pas des assassinats extrajudiciaires. Ils n’annexent pas illégalement les territoires voisins et ne torturent pas leurs prisonniers, même de façon « modérée ». Ceux qui partagent nos valeurs respectent les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, le droit international et les Conventions de Genève. Ils n’empêchent pas la Croix Rouge et autres secouristes de porter aide aux blessés et ne tirent pas sur les ambulances, les journalistes, les travailleurs humanitaires et les protecteurs des droits humains. Ils ne punissent pas collectivement toute une population pour les actes de certains et ne discriminent pas dans l’allocation des droits et privilèges à leurs citoyens.

Il est clair que le but du gouvernement Sharon est de briser l’Autorité nationale palestinienne et de s’emparer de la plus grande partie des territoires occupés (un membre de son cabinet révélait récemment un plan d’annexion de 50 % de la Cisjordanie). Ainsi, la réoccupation militaire actuelle vise bien plus que la destructions de « l’infrastructure terroriste ».

Une mobilisation internationale d’envergure sera nécessaire pour forcer nos gouvernements à imposer une panoplie de sanctions contre Israël et obliger ce dernier à se retirer de tous les territoires occupés depuis 1967 et à accepter le principe de deux États indépendants, viables et sécuritaires, aux frontières reconnues. C’est le seul moyen de mettre fin à ce conflit et de protéger les populations des deux côtés.


Robert David, directeur des programmes outre-mer d’Alternatives, s’est rendu en Palestine et Israël à la tête d’une délégation du Forum social mondial (FSM), en mission civile d’observation et de solidarité avec le peuple palestinien. La délégation appuie les groupes pour la paix et communautaires en Israël et dans les Territoires occupés qui travaillent à la construction d’une paix juste dans la région.

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