Suite au dépôt du budget qui vient de soulever la controverse à Québec, Alternatives et la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) sont préoccupés par l’absence de mesures d’investissement et de développement favorisant l’intégration des personnes réfugiées et immigrantes. La Table réunit 130 organismes communautaires oeuvrant dans le secteur de l’immigration et de l’intégration au Québec, dont Alternatives est l’un des membres.
Mises à part de nouvelles mesures de francisation, le budget des dépenses 2007-2008 du ministère des Communautés culturelles et de l’Immigration (MICC) a été reconduit sans la moindre bonification, faisant ainsi fi du sous-financement chronique dont souffrent ce ministère et ses programmes.
Cette décision politique est fort décevante et des plus surprenantes, alors que les débats actuels sur l’immigration devraient au contraire inciter le gouvernement Charest à enfin investir sérieusement dans l’intégration appropriée des nouveaux arrivants.
Force est de constater que les baisses d’impôts bénéficieront peu aux personnes réfugiées et immigrantes dont les revenus sont généralement nettement plus faibles que ceux de la population moyenne. Aucune nouvelle mesure n’est prévue pour répondre aux besoins des dizaines de milliers d’immigrants que le Québec sélectionne annuellement, notamment pour les aider à intégrer le marché du travail. C’est d’ailleurs en ce sens qu’Alternatives oeuvre depuis de nombreuses années.
Rappelons que le gouvernement fédéral vient d’augmenter de façon
importante le financement des programmes d’intégration dans le reste du Canada. En effet, le budget de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) pour les programmes d’intégration est passé de 241 millions $ à 401 millions $ pour l’année 2006-2007. Entre-temps, le Québec continue à offrir des services insuffisants et inadéquats et ce, malgré la hausse des niveaux d’immigration et les importantes sommes d’argent qu’il reçoit annuellement du gouvernement fédéral.
Cette année le transfert d’argent du Fédéral au Québec pour ’intégration des immigrants dans le cadre de l’Accord Canada-Québec se chiffre à 224 millions $, soit une indexation de 26 millions $ par rapport à l’année précédente. Le nouveau budget alloué au MICC par le gouvernement minoritaire de Jean Charest est de seulement 110,5 millions $. La Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes se demande comment expliquer un tel écart.
Toujours trop peu pour les nouveaux arrivants
– Le budget alloué au MICC pour les mesures d’aide à l’intégration des
nouveaux arrivants couvertes par l’Accord Canada-Québec sera de 75,7
millions $ pour 2007-2008 (il était de 70,5 millions $ en 2006-2007).
– Les dépenses permises pour la francisation connaîtraient une légère
hausse en 2007-2008, passant à 51,1 millions $ (45,8 millions en
2006-2007).
– Les autres mesures d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants
plafonnent à 24,6 millions $ pour 2007-2008 (24,7 millions $ en
2006-2007).
– De plus, Québec n’a pas rehaussé les maigres 5,3 millions $ consacrés
l’an dernier au rapprochement interculturel et à la lutte contre la
discrimination, ni les 5,3 millions $ octroyés au financement des
instances locales et régionales en matière d’immigration, d’intégration et
de relations interculturelles.
– Les crédits autorisés pour les dépenses d’infrastructure pour l’ensemble
du MICC et des services administratifs centralisés s’élèvent à 20,5
millions $ pour 2007-2008 (dépenses en 2006-2007 : 19,4 millions$).