Semaine du développement international : On fête quoi au juste ??!

jeudi 9 février 2012, par Michel LAMBERT

L’Agence canadienne de développement internationale (ACDI) tenait du 5 au 11 février sa semaine du développement international. Au programme, une série d’activités bien contrôlées par l’Agence visant à faire état des priorités et des résultats atteints, notamment en terme de développement économique puisque c’est LA priorité ; mais surtout, faisant la promotion de la nouvelle approche mise de l’avant par l’ACDI. Une approche concurrentielle où les organisations canadiennes de coopération internationale ne sont plus vues que comme des agences d’exécution et où, surtout, tout le monde peut s’improviser dans le développement international. À travers le pays, plusieurs ont profité de cette semaine pour bombarder la Ministre Bev Oda de centaines de lettres.

La coopération désincarnée

Depuis l’automne dernier, la direction générale des partenariats avec les Canadiens de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) applique une politique de financement concurrentiel qui défavorise les organisations reconnues, avantage les nouveaux acteurs privés dont notamment les millionnaires de l’industrie extractive, brise des partenariats établis depuis de nombreuses années pour, globalement, éliminer toute cohésion dans le secteur de la coopération internationale.

Auparavant, le dialogue avec les fonctionnaires de l’ACDI dans l’élaboration et la mise en œuvre des projets était basé sur une certaine relation de confiance qui permettait de faire valoir les objectifs des partenaires à l’étranger. Avec le nouveau processus concurrentiel, le financement est imprévisible, les propositions sont coûteuses, les repères inexistants, la continuité et l’expertise rendue caduque. À moyen terme, c’est toute la coopération canadienne qui est menacée.

Pour plusieurs organisations québécoises établies depuis des dizaines d’années, ces changements impliquent à court terme des réductions d’activités, des licenciements et une grande perte d’expertise qui pourrait être difficile à compenser. Des organisations pourraient même disparaître dans les prochains mois, affaiblissant de ce fait la richesse et la diversité des voix en coopération. Pour les partenaires au Sud, les conséquences seront similaires, mais beaucoup plus graves dû au contexte local. Elles se font déjà sentir.

La Loi sur la responsabilité en matière d’aide

En 2008, le gouvernement du Canada s’est pourtant doté d’une loi qui régit les ressources allouées au développement international et qui l’oblige à consulter les organisations de la société civile canadienne et les organisations bénéficiaires au Sud. À l’inverse, le parti conservateur de Steven Harper s’applique à réduire l’efficacité de la coopération internationale canadienne en diminuant tout esprit de partenariat, toute notion d’accompagnement à moyen ou long terme et surtout toute sensibilité aux besoins de nos partenaires.

J’ai trop envie de fêter…

À propos de Michel LAMBERT

Directeur Général

Co-fondateur d’Alternatives, et actuel co-Président de l’AQOCI, Michel Lambert est convaincu de l’importance de regrouper les groupes et organisations de la société civile, ici et ailleurs pour promouvoir les principes démocratiques, l’égalité et l’équité pour tous.

Il a tour à tour développé plusieurs des programmes de solidarité internationale d’Alternatives en plus de lancer et animer de multiples campagnes de justice sociale au Québec et au Canada. Il a dirigé l’antenne d’Alternatives en République démocratique du Congo entre 2002 et 2005 avant de prendre la direction de l’organisation en 2007.

Michel Lambert est membre du Conseil de Gouvernance d’Alternatives International et du Conseil d’administration d’Alliance syndicats et tiers-monde. Il a aussi été membre des Conseils de l’Agence québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) entre 2009 et 2013, de l’Association pour le progrès des communications (APC) entre 2008 et 2011 et de Food Secure Canada entre 2009 et 2012

Il représente enfin Alternatives au Conseil International du Forum social mondial et au sein de diverses coalitions québécoises et canadiennes dont notamment, les coalitions Pas de démocratie sans voix, Voices/voix et le Réseau québécois de l’intégration continentale - RQIC.

Michel Lambert a joué un important rôle de mobilisation et de construction lors du récent Forum social des peuples tenu à Ottawa en aout 2014

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