Réunion sur l’état des droits humains et de la démocratie au Canada

7 mai 2010 à 10:17

Montréal, le 6 mai 2010

Amies et amis,
Presque à chaque jour, les média rapportent des positions ou décisions du gouvernement canadien qui ont pour effet de rétrécir dangereusement l’espace pour la dissidence et le débat public, et d’affaiblir sérieusement la capacité ce promouvoir et protéger les droits humains, ici et à l’étranger. Nous invitons vos organisations à vous joindre à nous pour une importante réunion sur l’état des droits humains et de la démocratie au Canada. Cette réunion se tiendra à Montréal, vendredi le 21 mai, de 9h30 à 12h00, à la salle DR-200 du Pavillon Athanase-David de l’UQAM (1430, rue St-Denis).

Les exemples abondent :
• Les groupes de femmes ne peuvent plus utiliser les fonds gouvernementaux pour plaider en faveur de la défense des droits des femmes et plusieurs se sont vu couper leur financement. Parmi eux : le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail, le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, le Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, l’Aféas. L’organisation Match International a perdu 75% de son financement cette semaine.
• Une crise provoquée par les actions partisane des membres d’un conseil nommé par le gouvernement a fortement ébranlé Droits et Démocratie, organisme respecté dans le monde entier, créé par le Parlement et redevable envers celui-ci
• Les fonds accordés à la Fédération canado-arabe, une organisation qui vient en aide aux réfugiés et réfugiées et aux immigrants et immigrantes, ont été réduits à la suite des positions qu’elle a adoptées dans le conflit israélo-palestinien
• Une importante partie du financement d’organisations qui soutiennent des groupes palestiniens des droits de la personne, y compris des organisations bien établies et respectées telles que KAIROS et Alternatives, a été éliminé ou est sous la menace de l’être.
• Un certain nombre de dirigeant d’organismes de surveillance publique ont été démis de leurs fonctions et n’ont pas été remplacés, comme à la Commission canadienne de sûreté nucléaire, et à la Commission des plaintes du public contre la Gendarmerie royale du Canada
• Trois des bureaux les plus fréquentés et les plus importants de la Commission canadienne des droits de la personne ont été fermés (Vancouver, Toronto, Halifax)
• L’accès à l’information a été grandement réduit par un gouvernement qui manque pour le moins de transparence, comme le démontre le rapport récent de la Commissaire fédérale à l’information

La déclaration « Pas de démocratie sans droits », ci-jointe, dresse un portrait d’ensemble de la situation, qui ne cesse de s’aggraver. Pour faire à cette situation sans précédent, un mouvement s’organise, tant au Québec qu’au Canada, qui rassemble déjà des organisations de plusieurs secteurs (coopération et solidarité internationale, organisations de femmes, syndicats, organismes de défense des droits, autochtones, etc...).

Au Québec, le 26 mars, une manifestation s’est tenue devant les bureaux de Droits et Démocratie, à laquelle ont participé près de 200 personnes provenant de divers milieux. À cette occasion, quelques 45 organismes ont donné leur appui à une déclaration dénonçant l’ingérence partisane et demandant le respect de l’indépendance politique de Droits et Démocratie.

Le 9 avril, un forum public s’est tenu à l’Université du Québec à Montréal qui a rassemblé une soixantaine de personnes et qui a permis d’approfondir notre compréhension de la situation que nous décrions. Le projet de déclaration « Pas de démocratie sans droits » a alors été rendu public. Le 21 avril, des représentants et des représentantes de près de 70 organisations d’envergure, du Canada et du Québec, se sont réunis, à Ottawa pour s’entendre sur des perspectives d’action et commencer à organiser le mouvement de riposte au gouvernement conservateur, au sein de cette nouvelle « coalition » qui s’est donné pour nom Voices / Voix. La rencontre du 21 mai vise le même objectif que celle tenue à Ottawa : jeter les bases, au Québec, d’un mouvement d’opposition à la dangereuse dérive du gouvernement canadien qui menace la démocratie et les droits et libertés. Lors de cette rencontre, nous ferons le point sur les derniers développements de la situation, nous établirons ensemble les grandes lignes d’un plan d’action et les mécanismes de concertation nécessaires pour développer un large mouvement. Nous espérons vivement que vous pourrez être des nôtres lors de la réunion du 21 mai.

Veuillez confirmer votre présence auprès de Amélie Nguyen de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale

Nos sincères salutations,

Michel Lambert Alternatives
André Paradis Amnistie internationale, Canada francophone
Gervais L’Heureux Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
Michèle Asselin Centre international de solidarité ouvrière (CISO)
Jacques Létourneau Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Alexa Conradi Fédération des femmes du Québec (FFQ)
Dominique Peschard Ligue des droits et libertés


Voir en ligne : Le résumé video de la rencontre du 9 avril

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