Poursuites contre les responsables du génocide au Guatemala

jeudi 1er avril 2004, par ALTERADIO

Le Guatemala, pays d’Amérique centrale de plus de 12 millions d’habitants, a vécu durant 36 ans une guerre civile qui s’est officiellement terminée en 1996 avec la signature des accords de paix entre la guérilla, l’Union Révolutionnaire Nationale Guatémaltèque (URNG) et le gouvernement.

Cette guerre, la plus longue en Amérique Latine exceptée celle qui sévit toujours en Colombie, a donné lieu à des atrocités de toutes sortes. Au début des années 80, les militaires se sont succédés à la tête du gouvernement. C’est durant cette période que le Guatemala a connu un véritable génocide, au cours duquel s’est produite la majorité des 200 000 morts et disparitions.

À titre de comparaison, et selon les données généralement acceptées, la dictature chilienne aurait causé autour de 5 000 morts et disparus, tandis qu’en Argentine ce chiffre s’élève à 30 000. Ce qui est arrivé au Guatemala est incomparable en Amérique latine.

Afin que ces crimes ne demeurent pas impunis, la Fondation Rigoberta Menchu Tum, du nom de cette autochtone récipiendaire du Prix Nobel de la paix de 1992, a décidé d’entamer des poursuites judiciaires contre les militaires responsables. En 1999, encouragé par le cas du dictateur Pinochet, la Fondation présente une poursuite contre plusieurs militaires, entre autres contre l’ex-général Efrain Rios Montt.

Malgré un passé peu reluisant, et même si la Commission d’Éclaircissement Historique l’a directement montré du doigt dans son rapport sur les crimes commis durant la guerre civile, Rios Montt est une figure publique importante au Guatemala. De 1999 jusqu’en janvier 2004, il était député élu et président du Congrès. Il s’est même présenté comme candidat à la présidence aux dernières élections, mais il a été écarté au premier tour, le 9 novembre dernier.

En perdant l’élection présidentielle, Rios Montt a du même fait perdu un privilège important accordé aux députés : son immunité parlementaire.

Martin Beaurivage a rencontré Gustavo Meoño, Directeur fondateur de la Fondation Rigoberta Menchu Tum qui nous explique la poursuite judiciaire présentée en Espagne et les derniers développements.

Vous avez aimé cet article?

  • Le Journal des Alternatives vit grâce au soutien de ses lectrices et lecteurs.

    Je donne

Cet article est classé dans :

Partagez cet article sur :

  •    

Je m’abonne

Recevez le bulletin mensuel gratuitement par courriel !

Je soutiens

Votre soutien permet à Alternatives de réaliser des projets en appui aux mouvements sociaux à travers le monde et à construire de véritables démocraties participatives. L’autonomie financière et politique d’Alternatives repose sur la générosité de gens comme vous.

Je contribue

Vous pouvez :

  • Soumettre des articles ;
  • Venir à nos réunions mensuelles, où nous faisons la révision de la dernière édition et planifions la prochaine édition ;
  • Travailler comme rédacteur, correcteur, traducteur, bénévole.

514 982-6606
jda@alternatives.ca