Pourquoi Georges W. Bush a gagné

vendredi 5 novembre 2004, par Pierre BEAUDET

La victoire de la droite américaine le 2 novembre est sans appel. Le Président a remporté la majorité des suffrages en même temps que ceux des collèges électoraux.

Les Républicains ont marqué des gains importants au Sénat et à la Chambre des représentants. Les référendums à connotation conservatrice comme ceux contre le mariage des gais ont tous été remportés. Certes, les raisons de ce raz-de-marée conservateur sont multiples.

Quelle démocratie ?

En premier lieu, en dépit du battage médiatique autour du taux « élevé » de participation au scrutin, il faut noter que près de 40 % des Américains n’ont toujours pas voté, ce qui est du non vu dans la grande majorité des démocraties occidentales. Pour un grand nombre de personnes, l’élection ne représente pas une façon de s’exprimer, dans un système politique dominé totalement par l’argent. Les 700 millions de dollars officiellement mis à contribution par les deux camps ont servi à la population des messages publicitaires, agressifs, pleins de mensonges et de non-dits. Le véritable débat d’idées a été effleuré lors des duels télévisuels, mais encore là dans un format étriqué. Loin de vouloir marquer sa différence, le candidat John Kerry s’est acharné durant la majeure partie de la campagne à défendre des positions très semblables à celle de son adversaire sur la guerre, l’économie, la politique extérieure.

Pour le Président sortant, la partie était belle pour faire porter l’attention sur la peur de la population qu’on a alimentée tout au long de gigantesques mensonges, comme celui qui faisait de Saddam Hussein le responsable des attentats du 11 septembre 2001. Encore une fois et encore plus, le système politique américain s’est révélé excluant, discriminatoire, manipulateur. En éliminant le concept même de partis politiques (Démocrates comme Républicains fonctionnent comme de simples machines électorales), en s’enfonçant dans une mécanique électorale absurde (qui exclut toute proportionnalité), en excluant d’emblée tout contrôle sur les dépenses électorales (ce qui donne libre champ aux riches lobby liés aux grandes entreprises), la démocratie américaine si chère à Tocqueville est devenue une vulgaire démocrature qu’envient en fait plusieurs dictateurs dans le monde.

La grande coalition

Mais au-delà de ces facteurs systémiques qui menacent la démocratie, il y a d’autres facteurs qui expliquent la victoire d’une droite « dure ». De toute évidence, le phénomène Bush, encore plus dans cette élection de 2004 que lors de sa première capture de la présidence en 2000, repose sur une vaste coalition conservatrice où se côtoient plusieurs tendances. Le Président Bush l’a lui-même affirmé à plusieurs reprises, son projet s’appuie sur un secteur important du grand establishment économique et financier du pays. « Vous êtes ma base », avait-il déclaré à un parterre rempli de millionnaires venus l’écouter lors d’une réception à un million le couvert. Les politiques économiques de Bush, axées sur la réduction des dépenses de l’État et la diminution des taxes directes, sont faites sur mesure pour répondre aux attentes d’une classe croissante de millionnaires et même de milliardaires. Plus spécifiquement, Bush s’appuie sur le très influent complexe militaro-industriel qui profite bien sûr des extraordinaires augmentations du budget de la défense. Ainsi que sur le puissant lobby des entreprises énergétiques, pétrolières en particulier. Au début de son premier mandat, avant le 11 septembre 2001, Bush avait tenté de vendre (sans grand succès) l’idée que les États-Unis étaient confrontés à une « crise de l’énergie » et qu’il fallait rapidement investir des milliards de dollars dans la construction de nouvelles usines et l’exploration de nouvelles ressources. Le vice-président Dick Cheny, qu’on décrit souvent comme la véritable éminence grise à la Maison-Blanche, provient précisément de cette mouvance entreprenariale qui vit du militaire et de l’énergie.

Les néoconservateurs

Mais il serait simpliste d’expliquer Bush et la droite républicaine simplement par ses accointances avec le monde des affaires. Le projet repose également sur un influent groupe de politiciens et d’intellectuels que l’on appelle les « néoconservateurs » et qui proposent, depuis le début des années 1980, une véritable « révolution » conservatrice aux États-Unis. Sur le plan intérieur, les néoconservateurs veulent éradiquer le système kénésien qui avait dominé depuis la grande crise des années 30. Inspirés par l’économie politique de droite de Frederick Hayeck et de Milton Friedman, les néoconservateurs entendent imposer une restructuration en profondeur de la société et de l’État, déclasser les secteurs populaires, casser en deux les classes moyennes et favoriser ce qu’ìls considèrent comme les seuls créateurs de la richesse, les entrepreneurs. Dans leur vision du monde, la santé, l’éducation, l’environnement, la culture, sont autant de marchandises qui doivent être disponibilités sur le marché, sans plus.

Sur le plan extérieur, les néoconservateurs sont encore plus radicaux. Déjà à l’époque de Ronald Reagan au moment de la guerre froide, ils proposaient de se lancer à l’assaut de l’Union Soviétique et ne plus se contenter de « contenir » la deuxième superpuissance dans le monde. Via la guerre en Afghanistan, ils ont réussi en partie leurs rêves et depuis, ils veulent assurer que la domination militaire américaine va perdurer sans nuance et sans compétition. Élaboré sous le nom du « New American Century Project », ce projet veut changer la donne, en faisant en sorte que les États-Unis agissent militairement de façon « préventive », punitive et unilatérale, contre toute menace réelle ou potentielle. Ce qui veut dire, à un premier niveau, agresser les pays considérés comme ennemis, « l’axe du mal ». L’aventure en Irak, pour les néoconservateurs, est la première d’une longue série où les États-Unis de leur propre chef ou avec l’appui de certains pays pourront attaquer l’Iran, la Syrie, la Corée du Nord, Cuba et d’autres. Et plus loin que l’« axe du mal », empêcher des États de constituer une capacité militaire concurrente. On parle ici évidemment de la Chine, de la Russie et même éventuellement de l’Union européenne. Pour les néoconservateurs, le projet est relativement simple, il faut foncer maintenant, car les États-Unis n’ont pas de compétition sur le plan militaire, et créer une situation où cette domination restera sans partage pour une très longue période à venir. Une partie importante de l’administration Bush a été en fait constituée de ces néoconservateurs, comme par exemple le secrétaire de la défense Rumsfeld.

Un projet de masse

Au-delà des milliards des entreprises militaires et pétrolières, au-delà du projet des intellectuels néoconservateurs, le projet de la droite n’aurait pu progresser sans base de masse. Après tout, la grande masse des Américains n’ont rien à voir avec Halliburton, Boeing ou les grandes universités de droite. La coalition conservatrice s’est cependant déployée dans la « société civile », en s’appuyant sur la droite chrétienne évangélique, les « Born Again Christian ». Ils sont organisés dans une myriade d’églises et de sectes et pourraient compter, selon diverses estimations, jusqu’à 80 millions de personnes (un adulte sur trois). La coalition Bush a réussi à mobiliser cet immense secteur de la société, via la retour de l’église dans l’enseignement public, la lutte contre les conquêtes du mouvement des femmes (contraception et avortement), la lutte acharnée contre les politiques de défense des minorités raciales, sexuelles, culturelles. Pour la majorité de ces 80 millions de personnes, il faut se réfugier, dans un monde incertain, changeant, complexe, dans les valeurs « fondamentales » (Dieu, famille, patrie) et détruire la modernité issue des bouleversements des 50 dernières années. À ces gens, Bush promet non pas un mieux-vivre (ses politiques économiques créent encore plus de chômage, d’exclusion, de pauvreté), mais une dignité retrouvée, le sentiment d’appartenir à une communauté choisie par et promise à Dieu. Le 2 novembre, ce sont ces communautés qui sont sorties voter en masse, et non les jeunes, les Africains-Américains et les autres secteurs que les Démocrates espéraient mobiliser. Ce sont ces communautés qui sont organisées, « conscientisées » par un faisceau dense d’associations, de médias et bien sûr de centres religieux. Et qui génèrent le militantisme qui appartenait des années durant à la gauche.

Une société atomisée devant la montée de la droite

L’épopée de cette droite dure a commencé sous l’égide de Ronald Reagan, qui avait amorcé le mouvement en s’attaquant à quelques piliers du système kénésien, notamment le secteur public et les syndicats. Le Parti démocrate, une autre « grande alliance historique » qui avait coalisé une grande partie des classes moyennes et populaires ainsi que l’establishment de la côte est ne s’en est jamais vraiment remis. Sous la direction de Bill Clinton au contraire, les Démocrates ont évolué vers la droite, sans adopter par contre le style virulent et radical de leurs adversaires néoconservateurs. Mais en éliminant du paysage politique la perspective kénésienne, Clinton et les « nouveaux démocrates » ont préparé et aidé la révolution conservatrice. Aujourd’hui, en face de la coalition de la droite, on constate une opposition certes importante (49 % des électeurs), mais atomisée, dispersée, incohérente et sans perspectives communes.

Kerry a tenté de créer, sans succès, une grande alliance « tout sauf Bush », mais visiblement cela n’a pas été suffisant. Pour les secteurs populaires les plus affectés par le néolibéralisme, et qui ont vécu depuis 25 ans une descente aux enfers (chômage ou sous-emploi, déqualification, précarité, etc.), il n’y a pas vraiment de projet anti-Bush cohérent. Pour les jeunes, pour les mouvements sociaux et environnementaux, voter Bush était un réflexe, pas une stratégie. Pour le mouvement syndical qui n’est plus que l’ombre de lui-même (moins de 10 % de la force de travail est syndiqué), les ressources pour battre la droite n’étaient tout simplement pas là.

Des lendemains qui s’annoncent durs

Au sein de l’équipe Bush actuellement, il y a un débat. Les ultra-faucons affirment que c’est le temps de foncer, d’aller encore plus loin. Après tout disent-ils, le mandat est plus fort et plus clair. Il faut en finir une fois pour toutes avec l’« irritant » irakien, préparer les prochaines étapes surtout au Proche-Orient, mais sans oublier Cuba, le Venezuela et tant d’autres cibles potentielles. Il faut parachever la restructuration de la société en brisant ce qui reste de secteur public. Il faut continuer la « révolution morale » qui inclut tant la « désécularisation » de la société que la criminalisation de la dissidence. De l’autre côté, l’establishment économique, notamment, penche plutôt pour une politique d’accommodements. On craint les dangers de la grande polarisation qui s’accentue actuellement aux États-Unis mêmes. On craint aussi que les aventures militaires qu’on avait promises assez faciles ne conduisent à des chaos comme on voit en Irak. Dans ce contexte proposent les « modérés », il faut ralentir le tempo, coopter certains secteurs démocrates, recréer des passerelles avec le reste du monde en commençant par les alliés « traditionnels » comme les principaux pays européens. D’un côté comme de l’autre par contre, pas question de reculer sur les objectifs essentiels de la révolution conservatrice. Les politiques néolibérales doivent être certes approfondies et maintenues. La mise en place d’une « pax americana » sous contrôle militaire américain n’est pas en discussion non plus.

Résistances et multitudes

On l’a vu et on l’a entendu, le projet de Bush ne passe pas aux États-Unis pour une grande partie de la population. La moitié des électeurs ont dit non. Une grande partie des gens s’exprime autrement, comme lors des gigantesques mobilisations anti-guerre de l’an passé. La lente érosion du Parti Démocrate, qui avait été pendant longtemps l’allié de facto des mouvements sociaux, suscite beaucoup d’interrogations et de recherches sur les stratégies politiques. Évidemment dans le système politique actuel, il n’y a pas vraiment d’espace pour une alternative progressiste, et c’est ce qui explique que la grande majorité des mouvements progressistes se sont résignés à faire campagne pour John Kerry (la candidature alternative de Ralph Nader a été confinée aux marges). Mais la politique ne s’arrête pas là et s’exprime par toutes sortes de voies, dont la mise en place de nouvelles alliances sociales entre jeunes, minorités raciales et culturelles, travailleurs de l’industrie et des services fragilisés par le néolibéralisme. Ces nouvelles alliances ont été rendues visibles lors d’évènements spectaculaires (les manifs de Seattle de 1999), mais ce qui compte le plus sans doute est le travail de fourmi des nouveaux réseaux et de nouvelles organisations (comme Jobs with Justice) qui recréent un tissu social, une solidarité de base, et une capacité de résistance importante. En tout cas ce sera probablement là que les « multitudes » de la révolte et des alternatives sauront s’organiser dans la prochaine période.

Des conséquences très négatives au Canada

Les relations canado-américaines n’ont pas vraiment compté dans la victoire de la droite aux États-Unis. Néanmoins, le deuxième mandat de Georges W. Bush pourrait entraîner de nouvelles et sinistres conséquences au Canada.

Remettre le Canada au pas

Durant la dernière période, les États-Unis ont été déçus que certains de leurs alliés traditionnels comme le Canada les laissent « tomber », notamment dans l’aventure irakienne. Washington a absorbé le choc, mais fort de son nouveau mandat, le Président Bush va demander des comptes. D’ici quelques mois ou quelques semaines, il va revenir à la charge en exigeant du Canada et de plusieurs pays européens qu’ils participent à l’« effort de guerre », d’une façon ou d’une autre. En ce qui nous concerne, on pourrait s’attendre à ce que le gouvernement de Paul Martin soit sous pression pour augmenter la soit disant « aide à la reconstruction » de l’Irak, qui risque d’être une opération pour renforcer les larbins irakiens à la solde de Georges W. Bush. Parallèlement, le Canada se verra signifier d’endosser sans nuance la stratégie américano-israélienne sur la Palestine, notamment en appuyant le dit « retrait israélien » de Gaza, visant à coincer les Palestiniens dans la véritable prison à ciel ouvert qu’est devenue la bande de Gaza, tout en consolidant l’occupation de la Cisjordanie, qui compte pour plus de 80 % des territoires palestiniens occupés depuis 1967. Enfin, il est probable que le Canada soit mobilisé dans les autres guerres à venir au Proche-Orient, notamment celle qui se trame contre la Syrie, que Washington voudrait stratégiquement affaiblir et forcer de plier devant les volontés israéliennes, par rapport à l’occupation israélienne du Golan syrien, et par rapport à la présence syrienne au Liban.

Remilitariser

Pour faire tout cela, le Canada sera « encouragé » par Washington à réinvestir dans le militaire puisque selon la droite américaine (et aussi canadienne), le Canada est sous-équipé sur ce plan. Évidemment, le débat sur le soi-disant bouclier antimissiles est une étape dans cette marche. En « intégrant » le Canada dans ce projet, les États-Unis visent deux choses : « mouiller » le Canada dans la nouvelle course aux armements ; et coopter le leadership militaire et militaro-industriel du Canada comme partenaire consentant dans le déploiement de la pax americana dans le monde.

Tout sécuritaire

L’objectif de la deuxième administration Bush sera également de consolider la « forteresse Amérique du Nord » censée protéger le territoire, mais qui conduit en fait à démanteler la souveraineté canadienne sur des dossiers aussi stratégiques que la sécurité des frontières, la politique de l’immigration et la surveillance des « ennemis potentiels », ce qui inclut d’adopter des législations régressives comme celles qui ont été mises en place depuis le 11 septembre 2001.

Compléter l’intégration économique

Amorcée sous Bush père avec la complicité de Brian Mulroney (le projet de l’ALENA), l’intégration de l’économie canadienne à celle des États-Unis reste évidemment à l’ordre du jour. Notamment, les États-Unis seront présents pour assurer que les ressources stratégiques du Canada -le pétrole mais aussi l’eau- soient accessibles à volonté, et donc que tous les obstacles soient éliminés, comme la propriété canadienne, la centralité du secteur public dans certains domaines (environnement, eau), etc. Il est également à prévoir que les pressions américains soient fortes pour que le Canada soit insensible aux appels des autres pays de l’hémisphère pour réaligner les négociations autour du processus d’intégration (la ZLEA), ce qui voudrait dire durcir les politiques canadiennes en face du Brésil et des autres pays latino-américains qui voudraient rééquilibrer la situation.

Ingérence politique

L’ambassadeur américain à Ottawa, Paul Telluci, s’est rendu visible tout au long de la dernière période pour répéter que les États-Unis n’étaient pas indifférents à l’évolution politique canadienne. Des passerelles ont été créées ou renforcées avec le monde des affaires, obsédé par l’importance du commerce avec le voisin du sud, et prêt à toutes les capitulations. Lors de la dernière campagne électorale, le chef conservateur Stephen Harper a interpellé le Parti Libéral en l’accusant d’« anti-américanisme ». Quant au Parti Libéral lui-même, on sent beaucoup d’hésitations et d’ambiguïtés. Certains ténors du Parti et du gouvernement au nom de la realpolitik voudraient liquider l’héritage « canadianiste » et prendre parti pour la seule superpuissance du monde, qui s’avère être le partenaire économique et commercial numéro un du Canada. Mais ce virage semble difficile puisqu’une partie importante du PLC reste fidèle à la tradition de Lester B. Pearson et de Pierre E. Trudeau. Les pressions américaines s’intensifieront de ce côté donc, de même que vers les nationalistes québécois (PQ et Bloc). Ceux-ci ont manifesté leur opposition à la vision et aux politiques de Bush, mais il n’y a pas si longtemps, la direction du PQ se disait davantage en faveur de l’intégration des Amériques que quiconque au Canada ! Les orientations social-démocrates et nationalistes du camp souverainiste pourraient être mises à mal si les pressions s’accentuent, notamment dans l’éventualité d’un nouveau référendum.

Une coalition d’urgence nationale ?

Devant tout cela, plusieurs s’interrogent sur la nécessité de réagir. Ne devrait-on pas constituer une grande alliance pour faire obstacle au projet Bush ? Ne devrait-on pas mettre certaines divergences de côté et se concentrer sur l’essentiel, à savoir empêcher le Canada de devenir un pion pur et simple de la « guerre sans fin » promise par le Président Bush ? En tout cas, la question est posée et les mouvements sociaux, les partis progressistes et d’autres secteurs de la société sont interpellés.

Vous avez aimé cet article?

  • Le Journal des Alternatives vit grâce au soutien de ses lectrices et lecteurs.

    Je donne

Partagé cet article sur :

  •        
Articles de la même rubrique

Articles d’Alternatives

Les gilets jaunes de France : six mois de lutte (2/2)

Plus d'articles :  1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10

Articles du même auteur

Pierre BEAUDET

Le Forum social des peuples ou comment réparer des pots cassés …

Plus d'articles :  1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10

Articles sur le même sujet

Militarisation

Yémen, le sang des armes, les larmes des mots

Plus d'articles :  1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10

Je m’abonne

Recevez le bulletin mensuel gratuitement par courriel !

Je soutiens

Votre soutien permet à Alternatives de réaliser des projets en appui aux mouvements sociaux à travers le monde et à construire de véritables démocraties participatives. L’autonomie financière et politique d’Alternatives repose sur la générosité de gens comme vous.

Je contribue

Vous pouvez :

  • Soumettre des articles ;
  • Venir à nos réunions mensuelles, où nous faisons la révision de la dernière édition et planifions la prochaine édition ;
  • Travailler comme rédacteur, correcteur, traducteur, bénévole.

514 982-6606
jda@alternatives.ca