Petite humeur

samedi 20 avril 2013, par Bogdana Lupas-Collinet

Docteur, l’écologie, je n’en peux plus ! Vous comprenez, ma maison, j’ai misé sur le bloc béton pour l’isolation et j’utilise l’écran plasma pour éclairer le salon. Mon condo, je l’ai choisi près d’une antenne relais. J’ai même trois pylônes, pour rester connecté-e 24 h/24 à l’information verte de mon ardoise électronique.

Alors ok, aujourd’hui j’hésite encore entre le bambou de Chine ou une erreur boréale, et le sable bitumineux d’Alberta pour les abords de ma piscine. Tous les jours, forcément, je prends mon auto pour aller au tripalium et gagner l’argent pour pouvoir gaspiller la planète. Mais attention ! J’ai choisi un 4x4 bio comme sur la pub à tartiner du leurre, car c’est mieux la nuit pour la chasse aux blaireaux, la chouette effraie qui ne me fait même pas peur.

Côté alimentation, je prône la proximité : épicier et dépanneur au bout de ma rue et marché du carbone, sortie A20. Je recycle mon sachet de riz précuit, qui a fait trois fois le tour de la terre avant d’atterrir dans mon assiette ; le bouquet de crevettes roses souffre plus de décalage horaire que lorsque je reviens de Cuba, et les tomates farcies ionisées ont le teint rayonnant, même en plein hiver. Mais, mais, mes poules génétiquement modifiées, face à un renard, et bien elles l’ont bouffé cette nuit ! Et mes poissons d’avril, bien élevés, bien carrés que me fait bouffer l’accord de libre-échange Canada-Europe. De quoi perdre le Nord !

Alors on cherche une vraie bonne nouvelle… et on l’a ! Le printemps a été recalé en première session, mais il passera son examen de conscience avec succès, mention culture de résistance constructive ! L’énergie éolienne ou solaire ne remplacera jamais notre énergie autogérée à avoir les pieds sur terre. La lutte ne se fait pas simplement dans les élans de colère d’une marche pour la Terre, mais dans le « je fais ». Joignons-nous aux actions qui se créent déjà.

Le printemps est tardif, mais pas notre réveil ! Dominé-e par cette violence du capitalisme, on doit légitimement se protéger : non à l’économie verte, non au capitalisme vert : pas de destruction avec notre conscience.


Texte adapté d’une chronique de Denis Cheissoux et de propos de Pierre Rabhi.

Lien facebook vers l’appel à un contingent anticapitaliste et anticolonial dans le cadre de la marche pour le Jour de la Terre

Crédit photo : They Lie We Die

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