Notre planification stratégique 2008-2013

vendredi 11 juillet 2008

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En septembre 2006, Alternatives a entrepris un nouveau processus d’évaluation, d’analyse organisationnelle et de planification stratégique qui a permis l’élaboration du présent document déposé à l’Assemblée générale annuelle du 7 juin 2008. Cet exercice a permis d’élaborer une vision commune et un nouvel énoncé de mission pour l’organisation.

Notre vision

Alternatives sait qu’un autre monde est possible, à travers la construction de sociétés durables. Cette conviction repose sur l’engagement, l’expérience et les valeurs des membres d’Alternatives et des mouvements sociaux auxquels ils appartiennent.

 Il s’agit d’un monde plus juste dans lequel les femmes, les hommes et les enfants pourront vivre dans la dignité le respect et le partage équitable du pouvoir et des ressources nécessaires pour vivre et pour s’épanouir.
 C’est un monde respectueux de la diversité des peuples et des personnes que l’on construit dans le respect des droits humains, civils, économiques, sociaux et culturels de toutes et tous.
 Cet autre monde possible repose sur la solidarité, la coopération, le respect de l’environnement, la paix et la démocratie participative.
 Cet autre monde, fondé sur un développement économique et social juste, durable et démocratique, est déjà en difficile mais réelle construction, à l’échelle locale, nationale et mondiale.

Notre mission

Forte de sa vision et de son expérience nationale et internationale, Alternatives est une organisation qui oeuvre pour la solidarité, la justice et l’équité, ici et ailleurs dans le monde.

Notre mission vise la mise en réseau, la promotion et la construction d’initiatives novatrices des mouvements populaires et sociaux luttant en faveur des droits économiques, sociaux, politiques, culturels et environnementaux.

Alternatives veut renforcer l’action citoyenne et la contribution des mouvements sociaux dans la construction de ces sociétés durables.

Trois champs d’action

1- L’écologie politique pour une société durable

La crise écologique mondiale est maintenant largement reconnue. Autant elle nous fait craindre les impacts qu’elle a et continue d’avoir sur la planète et sur nos vies, autant les solutions proposées par le marché semblent dérisoires. Face à ce constat, les gouvernements sont lents, et promeuvent encore un développement qui repose sur la croissance économique alimentée par une utilisation toujours plus grande des ressources. Il faut repenser le développement ! D’autre part, les pays du Sud, qui aspirent à de meilleures conditions, ne peuvent simplement être limités dans leur développement sous prétexte de nos erreurs du passé, mais s’ils les reproduisent, ils alimenteront la catastrophe. Face à ce dilemme, et à celui du nécessaire changement de paradigme au Nord, la perspective de l’écologie politique offre des pistes de solution et de compréhension.

Notre compréhension de la formulation « écologie politique » est la suivante : l’écologie demeure à la base une science qui étudie les relations entre le biotique et l’abiotique, mais l’ajout du qualificatif « politique » insiste sur la dimension des structures sociales, politiques et culturelles qui organisent le rapport des humains à la nature.

L’écologie politique souligne l’importance d’impliquer les populations locales dans le développement permis par les ressources afin de mieux partager les richesses. Elle met ainsi la question de l’organisation de nos sociétés au centre des préoccupations, arguant que si la voix des intérêts économiques et traditionnels continue de dominer, nous demeurerons dans le même cul-de-sac.

Nos résultats en 2008-2013

 Alternatives a axé une part significative de ses ressources en éducation et mobilisation sur la thématique et les perspectives de l’écologie politique (Site Web, journal, campagnes, jardins, etc…) ;
 Alternatives a mobilisé ses partenaires nationaux et internationaux, développé des outils d’échange d’information, d’analyse et de formation sur l’écologie politique ;
 Alternatives a développé ses liens avec divers réseaux nationaux comme internationaux sur la thématique ;
 Les questionnements et surtout les perspectives nationales et internationales sur l’écologie politiques sont liés à l’ensemble de la programmation ;
 Alternatives a développé des projets de recherche-action sur des thèmes reliés comme l’agriculture urbaine, la souveraineté alimentaire, l’eau, etc… en partenariat avec divers acteurs ;
 Alternatives a développé et rentabilisé les initiatives liées au projet de jardins : distribution des trousses « prêt-à-pousser », guides d’agriculture urbaine. formations en milieu scolaires, etc…

2- Démocratie, paix et citoyenneté : Priorité à l’enjeu de l’immigration

Selon l’ONU, près de 200 millions de personnes (3% de la population mondiale) sont des immigrants. Le capitalisme contemporain restructure le monde du travail, considéré comme une marchandise qu’il faut rentabiliser. Ainsi, la demande de main d’œuvre est immense dans l’agriculture, la construction, les services, etc... Dans la plupart des pays, les flux sont en forte croissance, tant sous une forme légale qu’autrement dans une situation où la frontière entre le licite et l’illicite devient poreuse.

250 000 personnes immigrent chaque année au Canada. En 2017, 22% de la population (contre 18,3% aujourd’hui) sera immigrante. Même en tenant compte du pourcentage élevé de diplômés universitaires, les revenus des immigrants demeurent inférieurs de 10% à la moyenne nationale. Autre indicateur, 15% de la population immigrante vit en dessous du seuil de pauvreté, soit le double du pourcentage national. Dans le discours de la droite, les immigrants ont des droits, mais surtout des devoirs, dont celui d’accepter de travailler plus et à bon marché, bref de « payer le coût ».

La nouvelle question de l’immigration s’inscrit dans la logique néolibérale. Elle justifie des régressions évidentes au niveau des droits en créant un sentiment d’insécurité un peu partout. Selon toute évidence, le capitalisme contemporain vise à fragmenter la société en autant de corridors ethniques, religieux, communautaires, en lutte les uns contre les autres. Le mouvement social doit déjouer cette stratégie et coaliser les classes populaires, immigrantes et non immigrantes. Nous sommes citoyens et citoyennes, nous avons les mêmes droits et les mêmes devoirs, nous construisons, ensemble, un autre monde !

Nos résultats en 2008-2013

 Alternatives a intégré la thématique migration au cœur de son programme, dans ses publications, activités, projets, stages, etc ;
 Alternatives fut au centre d’une réelle réflexion « immigration » diversifiée intégrant des associations (incluant celles des groupes immigrants) et des mouvances sociales et politiques ;
 Alternatives a animé diverses campagnes sur les enjeux de l’immigration et les relations communautaires et fut notamment au centre de luttes contre les discriminations formelles et informelles qui singularisent et marginalisent les immigrants (dans l’accès aux services et aux logements à l’emploi, la reconnaissance des diplômes, etc.).
 Alternatives a facilité la concrétisation d’un « Forum Social Immigrant » rassemblant les principaux acteurs sur la base des principes d’inclusivité et de participation du FSM.
 Alternatives a maintenu et élargi le programme d’employabilité et autres services pour les nouveaux arrivants.
 Alternatives a participé au niveau international, notamment dans le processus des FSM, aux campagnes sur les droits des migrants.

3- Les mouvements pour la justice sociale

Le Forum social québécois s’est terminé le 26 août 2007, et tout le monde s’entend pour affirmer que ce fut un succès, notamment par la quantité impressionnante de participants et participantes. D’autres observations nous poussent tout de même à vouloir travailler pour améliorer les perspectives que peut développer le mouvement social québécois à travers ce genre d’initiative.

Une grande quantité d’organisations étaient absentes. Que dire de certains syndicats ? Pourquoi les organisations anglophones, les organisations immigrantes, et les autres organisations sociales qui auraient dû ou pu y être et n’y étaient pas ? Il faut réfléchir à la façon de créer un processus intégrateur pour ceux et celles qui veulent bâtir un autre Québec.

Le processus du FSQ doit mener les mêmes réflexions, tant en lien avec celles du FSM, qu’en fonction de la conjoncture bien québécoise. S’il est impératif de préserver un espace pluraliste pour ne pas créer une pensée hégémonique au sein du FSQ et poursuivre dans le respect de la diversité, il est également important de penser à des méthodes qui permettront de donner corps à ce rassemblement, et de faire en sorte qu’il fasse naître davantage d’articulations porteuses de changement. Le Forum québécois doit adopter une politique ou des mesures cohérentes pour se lier à la dynamique mondiale, tant en donnant un caractère international aux luttes locales qui sont menées ici, qu’en participant aux mouvances internationales qui se dégagent des éditions mondiales.

Nos résultats en 2008-2013

 Alternatives a pu travailler à élargir et à fortifier l’Assemblée des mouvements sociaux et la dynamique du FSQ/FSM elle-même ;
 Alternatives a pu utiliser les FSQ et FSM pour promouvoir ses différents programmes et créer de nouvelles alliances ;
 Les outils de communications d’Alternatives furent intégrés aux projets des FSQ/FSM ;
 Alternatives a pu organiser des délégations de mouvements sociaux québécois/canadiens lors des diverses éditions du FSM ;
 Alternatives a été porteur de la dynamique internationale au sein du FSQ ;
 Alternatives a joué un rôle de premier plan au sein du comité international et du Conseil hémisphérique du FSM.

Quatre axes stratégiques

Les axes stratégiques sont transversaux à chacun des champs d’action. Les résultats prévus après la période 2008-2013 pour tous les champs sont :

Axe 1- Communication solidaire pour le changement

 Alternatives a facilité l’accueil, l’encadrement et la participation des militantEs ;
 Alternatives a adopté un plan de communication qui a mis en valeur le programme de l’organisation auprès du public, des décideurs et des partenaires nationaux et internationaux ;
 Alternatives a facilité le travail de communication de ces partenaires internationaux ;
 Alternatives a mis en place une politique de l’information sur le positionnement politique de l’organisation vis-à-vis des diverses thématiques, au sein de nos propres outils comme le journal, le site Web, le projet de radio à Québec et l’utilisation d’autres médias (alternatifs ou de masse) pour offrir une information différente et de qualité ;
 Alternatives a relancé le travail en anglais ;
 Alternatives a recruté des porte-parole reconnus.

Axe 2- Formation d’une relève ici et ailleurs

 Alternatives a organisé des mobilisations autour des FSM ;
 Alternatives a tenu des programmes de formation et de débats pour ses membres, bénévoles, stagiaires, son équipe et ses partenaires ;
 Alternatives a renouvelé constamment le concept des JA annuellement en y intégrant même l’université d’été d’AlterInter ;
 Alternatives a mis en place des programmes de stages novateurs en lien avec nos champs d’action, notamment, en collaboration avec d’autres organisations partenaires ici et dans le monde ;
 Alternatives a mis en place de nouvelles formes de stages incluant des séjours de « Tourisme Solidaire », stages seniors, stages du Sud vers le Nord, etc… ;
 Alternatives a su préserver la mobilisation des stagiaires APRÈS leur retour.

Axe 3- Mise en réseaux

 Le travail d’Alternatives a permis le renforcement du réseau Alternatives International et plus grand rayonnement dans d’autres réseaux altermondialistes sur les questions notamment de la guerre, des ressources naturelles, de l’environnement et des migrations ;
 Alternatives a pu établir des ententes structurelles avec d’autres organisations et réseaux sur nos programmes ;
 Alternatives a été présent et actif sur divers réseaux et coalitions en lien avec nos champs d’action.

Axe 4- Pérennisation et renforcement du mouvement

 Alternatives a pu diversifier ses sources de financement, notamment au niveau européen ;
 Alternatives a pu mettre en marché ses expertises, produits et services professionnels (jardins, paix, TIC, stages, etc…
 Alternatives a renforcé sa pression et ses efforts de représentation auprès des bailleurs de fonds gouvernementaux ;
 Alternatives a redynamisé la vie interne et la vie associative par une plus grande mobilisation des membres notamment à travers des groupes focaux ou comités sur nos champs d’action principaux ;
 Alternatives a appliqué les valeurs d’Alternatives dans le milieu de travail et le milieu de la solidarité internationale ;
 Alternatives a mis en place un plan de formation « administratif » pour ses partenaires qui comprend une formation aux pratiques administratives canadiennes et d’Alternatives, une formation sur le logiciel de gestion de projets, permettant de responsabiliser les partenaires et de soulager les membres de l’équipe de ces tâches ;
 Alternatives a intégré de nouvelles pratiques de collecte de fonds et multiplié son financement autonome ;
 Alternatives a intégré à chaque action/campagne/activité, un volet de financement populaire et ce, même si celle-ci est déjà financée ;
 Alternatives a rempli ses engagements et obligations avec les bailleurs de fond ;
 Alternatives a créé des systèmes d’archivage performants dans le cadre de la mise en place d’une stratégie de conservation de la mémoire institutionnelle de l’organisation.

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