Mobilisation de mouvements sociaux internationaux, dont ceux d’Haïti, au premier forum social québécois

dimanche 26 août 2007, par Ronald Colbert

De nombreuses pancartes et banderoles contenant des slogans revendicatifs (contre la guerre, en faveur de la solidarité sociale, de la protection du milieu ambiant, du respect des libertés sexuelles de citoyennes et citoyens), des groupes musicaux animant l’ambiance, différents volontaires et activistes (féministes, écologistes, syndicalistes, étudiantes et étudiants) de mouvements sociaux du Québec et des Amériques : c’est par une marche de plus d’un millier de personnes qu’a été clôturé le premier forum social québécois (FSQ), dans les rues de Montréal le dimanche 26 août 2007, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Encadrée du début à la fin par le service de police de la communauté urbaine de Montréal (SPCUM), la manifestation du 26 août s’est déroulée dans une ambiance détendue, de la place Emilie-Gamelin, longeant une partie de l’avenue Berri (au centre-ville de Montréal), puis passant près du parc public Lafontaine bordant un lac, pour aboutir au parc des compagnons de Saint-Laurent. Au terminus de la marche, des manifestantes et manifestants ont symboliquement brûlé une reproduction d’un char militaire, pour montrer leur aversion à la guerre encore orchestrée dans plusieurs pays du monde, dont l’Afghanistan et l’Irak.

La mort récente, en ce mois d’août 2007, de deux (2) jeunes soldats canadiens au cours d’une explosion enregistrée en Afghanistan, pendant laquelle un cameraman canadien a été blessé, a tant suscité, la semaine écoulée, des remous dans l’opinion montréalaise que certaines voix demandent le retrait des troupes canadiennes de ce terrain de combats. Des informations, obtenues par AlterPresse des médias à Montréal, évoquent un possible désengagement des troupes canadiennes, en Afghanistan, d’ici à 2009.

Présents au parc des compagnons de Saint-Laurent, des agents du Spcum ont fait appel à une unité du service public d’incendie, laquelle a rapidement éteint le feu mis par une partie des manifestants à la reproduction du blindé militaire.

Sur tout le parcours de la marche du 26 août, les riveraines et riverains, y compris les acheteuses et acheteurs d’épiceries, de supermarchés, les consommatrices et consommateurs dans les bistrots et restaurants, des curieuses et curieux, ont suivi avec attention les messages et desiderata des manifestantes et manifestants de diverses nationalités.

Sur la place Emilie-Gamelin où a lieu le rassemblement préparatoire à la marche, visiteuses et visiteurs ainsi que participantes et participants au premier fsq ont eu droit à une collation gratuite. Entre-temps, les organisatrices et organisateurs ont procédé à une vente aux enchères d’œuvres ayant été offertes par des artistes supporteurs du forum.

Dans le cadre d’une assemblée spécifique tenue dimanche matin 26 août, différentes actrices et acteurs des mouvements sociaux impliqués dans les activités du forum ont fait part de leurs critiques et recommandations sur les quatre jours (23 - 26 août) de rencontres-débats et d’expositions revendicatrices, focalisées sur le thème « un autre Québec est en marche ».

« Nous sommes uniEs dans la diversité des causes qui nous motivent à intervenir, à éveiller les consciences, à dénoncer les mauvaises politiques et à proposer des alternatives, qu’il s’agisse de la lutte à la pauvreté, de la lutte des femmes, des droits des peuples autochtones, de la lutte pour l’intégration harmonieuse des immigrants et de l’acceptation des différences, à commencer par notre différence culturelle à nous en tant que seule communauté majoritairement francophone en Amérique du Nord. Parce qu’il ne saurait y avoir de hiérarchie dans les combats qu’il faut mener, et que chaque fois qu’un groupe d’individus se sent enfin libéré d’un poids qui lui pesait sur les épaules, c’est la société tout entière qui s’élève avec lui ».

Tel est l’un des points d’une proposition d’appel solidaire, intitulée « uniEs », soumise à l’assemblée des mouvements sociaux ce 26 août.

Plus de 300 ateliers, autour de multiples thèmes alternatifs et mettant en question diverses incidences de la mondialisation sur les communautés et les peuples du monde, 150 activités culturelles, 4 grandes conférences, ont mobilisé plus de 5,000 personnes [dont 300 femmes et hommes dans le comité d’organisation] pendant 4 jours, au cours desquels divers pamphlets ont été distribués aux visiteuses et visiteurs.

La faible couverture médiatique du premier forum social québécois a été l’un des manquements, relevés à ce grand rassemblement d’actrices et acteurs sociaux à Montréal en cette fin du mois d’août 2007.

En plus de représentantes et représentants de mouvements sociaux dans les Amériques et autres pays du monde, le Mouvement paysan de Papaye (Mpp, Hinche, Plateau Central), le Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (Moufhed), la société de communication sociale dénommée Groupe Médialternatif, ont délégué des représentants d’Haïti au premier fsq, à l’invitation de l’organisme canadien Alternatives. Les journées alternatives 2007 ont, du reste, coïncidé avec le forum, à l’intérieur duquel ont été insérés des ateliers spécifiques de cet organisme établi à Montréal.

Aux côtés de l’économiste haïtien Fred Doura et du professeur haïtien retraité de sociologie Francklin Midy [tous deux résidant à Montréal depuis plusieurs années], ces déléguées et délégués, en provenance d’Haïti, ont participé à l’atelier « quelles alternatives de développement pour Haïti » le vendredi 24 août 2007, dans le cadre du premier forum social québécois.


Article publié sur le site Alterpresse
http://www.alterpresse.org/spip.php?article.6347

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