Mobilisation contre le Sommet du G8 à Évian

www.g8-evian2003.org, 5 mai 2003

Le G8 se réunira à Evian, en France, du 1er au 3 juin 2003. Une coordination très large d’ONG, d’associations, de syndicats, de partis politiques et de groupes militants s’est mise en place, avec des français, des suisses, des italiens, des allemands et des militants venant d’Europe et du monde entier.

Une réunion large de cette coordination s’est tenue les 1er et 2 mars, un appel a été signé par de nombreuses organisations et un site web - http://www.g8-evian2003.org - donne des informations et renvoie aux différentes composantes de cette coordination.

En effet les parties prenantes de cette coordination viennent de plusieurs pays, représentent des secteurs sociaux ou des préoccupations militantes très diverses et ont des options idéologiques très différentes. Cela explique pourquoi les initiatives qui seront organisées à partir du jeudi 29 mai dans la région d’Evian, et d’abord dans les deux communes mitoyennes, Genève, en Suisse, et Annemasse, en France, sont si diverses. Si, tous ensembles, nous nous retrouverons dans de grands rendez-vous, comme la manifestation du dimanche 1er au matin, de nombreuses initiatives comme les villages alternatifs, les débats et "sommet pour un autre monde", les feux du samedi soir ou les actions de blocage pacifiques sont sous la responsabilité de regroupements spécifiques existants de longue date ou créés pour l’occasion.

Cette info rapide a pour but de donner les dernières informations et ainsi de faciliter la mobilisation.

Le contexte politique mi-avril 2003

Si les incertitudes de la guerre en Irak ont maintenu un doute pendant plusieurs jours sur la tenue du G-8, il est maintenant à peu près certain que cette réunion aura lieu aux dates et dans les lieux prévus.

Le sens politique du G-8 est cependant en train de changer.

A l’origine, les autorités françaises, qui entendent se démarquer d’une mondialisation qui serait trop brutale sur le plan social et peu respectueuse de l’environnement, avaient prévu d’axer ce G-8 sur la question de l’accès à l’eau et sur le développement de l’Afrique avec l’initiative du Nepad. Pour ce faire, le gouvernement français a invité 25 chefs d’Etats et de gouvernements, ceux du G-8 bien sur, du Nepad, mais aussi ceux d’Egypte, d’Inde, du Brésil, etc.

Si ces invitations sont maintenues, les autorités françaises changent leur discours et présentent désormais ce sommet comme le "G-8 de la paix".

Le changement de contexte devrait amener les réseaux militants à rediscuter du profil de leur réponse et de leurs revendications. S’il va de soi que l’hypocrisie qui consiste à décréter "sommet pour la paix" un sommet où seront présents George Bush et Tony Blair sera au centre de nos déclarations, beaucoup de choses devraient être discutées dans le nouveau contexte international.

Une telle discussion pourrait se centrer sur les priorités de l’agenda international, les conditions de la reconstruction de l’Irak, la Palestine ou la Tchétchènie, mais aussi sur les questions sociales et les inégalités Nord/Sud avec en ligne de mire, en particulier, l’assemblée générale de l’OMC en septembre prochain. Mais cette discussion devrait aussi partir du bilan de l’incroyable mouvement de contestation à la guerre qui s’est manifesté le 15 février et le 20 mars, mouvement qui s’était coordonné dans le cadre du forum social européen, à Florence, et mondial, à Porto Alegre. Les formes de cette discussion doivent être précisées dans les différentes rencontres qui seront organisées avant le 29 mai, et entre autres, la coordination européenne de Berlin des 25, 26 et 27 avril ou se réuniront les organisateurs du forum social européen et les responsables des coalitions anti-guerre européennes.

Le cadre général des mobilisations contre le G-8

Celui-ci a été discuté lors de la coordination des 1er et 2 mars dont vous trouverez le compte-rendu sur le site web qui renvoie également aux différents acteurs des initiatives. Voilà les principales d’entre elles, en rappelant que de nombreux débats, réunions et manifestations seront organisés dans des villes avoisinant Evian (Lausanne, Annecy, etc.) :

- dès le jeudi 29 mai, plusieurs villages alternatifs se mettront en place ; à Annemasse, près de l’aéroport, il y aura le "village anti capitaliste, anti autoritaire et anti guerre" et le "village intergalactique" ; - dès le jeudi 29 mai, un "sommet pour un autre monde" commencera à Annemasse, dans la salle "Martin Luther King", à l’initiative du CRID et de nombreuses ONG et mouvements français ; - vendredi 30 mai, les ATTAC d’Europe se réuniront dans un colloque à Genève, après que les ATTAC du monde se soient réunis à Paris dans le cadre du "G-Monde" ; - samedi 31 mai, le CADTM organisera un "tribunal de la dette" à Genève ; - samedi 31 au soir, ce sera l’initiative "le feu au lac" qui permettra des rassemblements populaires autour de grands feux allumés dans les communes jouxtant le lac Léman ; - dimanche 1er juin au matin, une énorme manifestation transfrontalière sera organisée entre Genève et Annemasse ; - dimanche 1er juin dans l’après midi, des actions de blocages pacifiques et non-violents seront organisées entre Genève et Evian et à Lausanne, où ces initiatives commenceront dès le matin, pour perturber l’organisation du G-8 et démontrer ainsi le refus de la population de voir les fauteurs de guerre venir au cour même de l’Europe et le refus de la tenue d’un G-8 illégitime.

Les lieux de rendez-vous

Ceux-ci se concentreront dans les villes d’Annemasse et de Genève.

A Annemasse, un centre de convergence sera construit à l’aéroport de la ville, près des villages alternatifs et le centre de presse ainsi que le secrétariat administratif seront localisés dans la salle Martin Luther King.

A Genève c’est la maison des associations qui servira de siège au secrétariat administratif et de centre de presse, le lieu d’un centre de convergence n’étant pas encore trouvé.

Comme le programme le démontre, il y aura des initiatives le week-end des 31 mai et 1er juin, mais beaucoup de choses commenceront dès le jeudi 29 mai, jeudi de l’Ascension qui est férié en France et se poursuivront les 2 et 3 juin en parallèle au G-8 qui commencera le dimanche 1er au soir, les chefs d’Etats et de gouvernements venant de St Petersbourg où sera fêté le 300ème anniversaire de la ville, et se conclura le mardi 3 juin au soir.

Les arrivées dans la région d’Evian seront donc échelonnées et de nombreuses possibilités de couchage existeront dans la région, mais le moment de plus grande affluence sera le samedi 31 mai au soir. Pour cette nuit un dispositif spécial, qui pourra s’appuyer sur les villes distantes comme Annecy, Lyon ou Grenoble, sera mis en place, dispositif qui dépendra des prévisions numériques. A ce propos un service de "petites annonces" pour les logements et les transports est mis en place, pour tous ceux qui le souhaitent, par le système d’information "attac.info" : www.attac.info/g8evian

Les négociations avec les autorités

Celles-ci ont commencé le 19 mars à Genève, une autre réunion générale a eu lieu le 10 avril et la prochaine est prévue pour le 3 mai.

Elles ont la particularité de réunir des acteurs différents : du côté des militants, le forum social lémanique (FSL) pour les suisses, le comité haut savoyard de résistance au G-8 (charg8) pour les militants de la région d’Evian et d’Annemasse, la coordination parisienne et des représentants des collectifs de Grenoble et de Lyon ; du côté des autorités, les représentants de l’état français et les représentants des cantons de Genève et de Vaud pour les suisses.

Nous en ferons état en fonction de l’avancée des discussions, tant dans les sessions plénières que dans les groupes de travail. Il en existe quatre sur différents sujets : la manifestation du 1er juin, les camps alternatifs, la nuit du samedi 31 mai et les salles de réunions, et la question des frontières. Au jour d’aujourd’hui, les choses se débloquent pour les camps alternatifs et les lieux de réunions, deux problèmes restant en discussions, les frontières et la manifestation du dimanche 1er juin.

Pour ce qui est de la manifestation, lors de la réunion du groupe de travail du 14 avril, les autorités suisses et françaises ont annoncé qu’elles voulaient que la manifestation se tienne côté français à partir d’Annemasse. Proposition qui a été jugée inacceptable par les militants français comme par les militants suisses qui veulent que la manifestation soit transfrontalière et qu’elle ait lieu également à Genève. Des conférences et points de presse ont été organisées à Genève et à Annemasse pour expliquer la position des collectifs militants et dénoncer l’attitude des autorités. Il faut noter que le climat est alourdi par les suites de la manifestation du 29 mars à Genève contre l’OMC et la guerre où la police est intervenue brutalement et a tiré une munition de "marquage" en plastique sur une syndicaliste, violences qui ont entraîné une émotion telle que le responsable de la police genevoise a du démissionner.

Pour ce qui est des frontières, la réunion du groupe de travail du 17 avril a permis de connaître les positions de chaque côté. Les représentants de la coordination ont rappelé qu’ils n’étaient pas d’accord avec la suspension des accords de Schengen et qu’ils considéraient le droit de circulation et le droit de manifestation comme des droits fondamentaux ; ils ont aussi indiqué que si les autorités imposaient des contrôles, les manifestants refuseraient tout fichage aux frontières et toute interdiction de passage pour des militants sans-papiers. Les autorités françaises ont rappelé pourquoi elles suspendaient les accords de Schengen et ont indiqué qu’elles entendaient contrôler que des éléments "armés" n’entrent pas en France. Les autorités se sont engagées à publier la liste des équipements interdits par la loi française (les masques à gaz par exemple) et à indiquer quelles seraient les règles appliquées pour les contrôles d’identité.


Contact pour cet article : info@g8-evian2003.org

http://www.g8-evian2003.org

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