Menace de mort contre Justicia y Paz

jeudi 31 mars 2005

Ce matin, l’ONG de Droits Humains Justicia y Paz a reçu une lettre de menace de mort par la poste, dans laquelle tous les membres de cet organisme, provenant de différents secteurs d’églises chrétiennes, sont accusés d’être des collaborateurs des narco-terroristes.

Le nom de Danilo Rueda est écrit dans l’entête de la lettre et en dessous de son nom on retrouve les lettres Q.E.P.D.- Que En Paz Descanze – abréviation normalement utilisée dans les lettres de condoléances qui signifie : “Qu’il repose en paix”. Puis la lettre dit ensuite : “Tous les membres de Justicia y Paz sont aussi avertis”, et qu’il sera dorénavant empêché que Justicia y Paz
“défenseur de narco-terroristes”, soumette à nouveau la région “au joug oppresseur de la guérilla terroriste”.

La menace de mort écrite survient après que de graves accusations aient été proférées par des agents de la Brigade XVII lors desquelle on accusa les ONG’s qui accompagnent les communautés des zones humanitaires du Jiguamiando d’être des “Narco-Terroristes”. Parallèlement, lors des opérations militaires confuses se déployant autour des lieux humanitaires depuis le 26 janvier, - opérations qui sont menées conjointement par des membres de l’Armée portant des insignes de la Brigade XVII et des paramilitaires identifiés comme AUC - , les paysans afro-colombiens et les accompagnateurs de
Justicia y Paz ont été continuellement harcelés et intimidés.

Depuis l’an passé, suite aux efforts et démarches entreprises pour forcer la réalisation d’une Commission de Vérification portant sur l’existence de milliers d’hectares de plantation illégale de Palme africaine sur les Territoires Collectifs du Curvarado et du Jiguamiando, les menaces à l’encontre e Justicia y Paz se sont intensifiées. .

Les menaces de mort se produisent très peu de temps après la réalisation de l’audience de la Cour Interaméricaine de Droits Humains, le 12 mars dernier, au cours de laquelle les membres de
Justicia y Paz ont démontré que les déplacements forcés de la
communauté, l’état de siège qu’elle subit et les avancées
militaires allait de pair avec l’avancée des plantations extensives de Palme, ils ont également abordé la question des liens des agents de l’État avec les paramilitaires lors des opérations militaires dans la région, l’absence d’investigations rapides et efficaces face aux responsables des violations systématiques de droits
humains et aux infractions au Droit Humanitaire International dont ont souffert les communautés afro-colombiennes.


SOLICITUDES

Diriger vos communications (appels, fax, e-mails) au Vice-président
FRANCISCO SANTOS
1. FRANCISCO SANTOS , Vice-président de la République

Tel57 -310- 238-9120 ou 57- 310-772-0130
Fax57-1-444 -2158 ou 57-1- 565- 7682
Email : fsantos@presidencia.gov.co,
cefranco@presidencia.gov.co,
fibarra@presidencia.gov.co .

En exigeant de lui :

1- Qu’il applique les Mesures Préventives – Medidas Cautelares –dictées depuis 2003 par la Comission Interaméricaine de Droits Humains au gouvernement colombien, dans le but d’assurer la protection des membres de Justicia Y Paz

2- Qu’il se prononce publiquement à savoir si les organisations humanitaires, dont celles de défense des droits humains, possède des garanties pour l’accompagnement auprès des communautés du Bas
Atrato et de l’Uraba Antioqueno

3- Qu’il demande l’arrêt des accusations publiques et ouvertes contre les défenseurs des droits humains lors des opérations militaires, ainsi que la sanction immédiate des militaires qui ont donné cette directive officielle

4- S’assurer de l’application des recommandations du Haut Commisaire des Nations Unies par rapport aux agissements des membres de l’Armée face aux paramilitaires.

5- Lui laisser savoir que quelconque dommage irréparable contre la vie et l’intégrité personnelle des membres de Justicia Y Paz sera considéré comme relevant de la responsabilité de l’État par action ou par omission.

COMISION INTERECLESIAL DE JUSTICIA Y PAZ
Bogotá, D.C. marzo 29 de 2005

********************************************************************
MODÈLE DE LETTRE À ENVOYER

Les membres du PASC ont préparé un modèle de lettre. Il suffit de
faire un copié-collé dans le corps d’un email , d’ajouter votre
signature suivi de « ciudadano » ou « ciudadanía canadiense » et de
l’envoyer aux couriels suivants :

fsantos@presidencia.gov.co, cefranco@presidencia.gov.co,
fibarra@presidencia.gov.co , emaya@procuraduria.gov.co,
reygon@procuraduria.gov.co.

Montreal, 30 de Marzo de 2005

Doctor
Francisco Santos
Vicepresidente de la República
Santa Fe de Bogotá

Ref : URGENTE. Amenazas de muerte contra Justicia y Paz
ONG de derechos humanos amenazada

Respetado Señor Ministro.

Hoy 30 de marzo de 2005 la ONG de derechos humanos Justicia y Paz
recibió, por servicio de correo postal, una amenaza contre el
Doctor Danilo Rueda y los demás integrantes de esta distinguida y
respetable Institución, a la que conocemos y con quienes hemos
desarrollado trabajo de promoción de los derechos humanos durante
un largo periodo. La amenaza en mención está acompañada de
acusaciones de ser apoyo de narcoterroristas y de la guerrilla
terrorista.

Esta amenaza de muerte fue antecedida de injuriosas acusaciones de
narcoterrorismo formuladas por integrantes de la Brigada XVII
contra las ONG que acompañan las Zonas Humanitarias en el
Jiguamiandó y de hostigamientos contra los afrodescendientes y
contra los acompañantes de la Comisión Justicia y Paz. Injurias que
fueron pronunciadas en el marco de los operativos conjuntos de la
Brigada XVII y paramilitares, como lo hemos oportunamente señalado
a su despacho, a la Procuraduría General de la Nación y al General
Brigadier de la Brigada XVII. Las amenazas contra Justicia y Paz se
acrecentaron desde el año pasado, a raíz los intentos de realizar
una verificación de la siembra de palma aceitera en los Territorios
Colectivos del Curvaradó y Jiguamiandó.

La amenaza de muerte se produce luego del desarrollo de la
Audiencia de la Corte Interamericana de Derechos Humanos, el pasado
12 de marzo, donde Comisión de Justicia y Paz argumentó que las los
desplazamientos forzosos de la comunidad, el bloqueo y las
avanzadas militares, así como la siembra extensiva de palma y la
ampliación de la misma no son ninguna coincidencia. En la misma
audiencia en que se reiteró la preocupación por los vínculos
directos en las actuaciones de agentes estatales con paramilitares,
la ausencia de investigaciones prontas y eficaces frente a los
responsables de las sistemáticas violaciones de derechos humanos y
las infracciones al Derecho Humanitario que han padecido las
comunidades afrodescendientes.

Por las razones acá expuestas le solicitamos respetuosamente, a
Usted Señor Ministro, que asuma personalmente la responsabilidad
frente a las Medidas Cautelares resueltas a favor de la Comisión de
Justicia y Paz desde el 2003. Que exprese públicamente si las
organizaciones humanitarias y de derechos humanos, tienen garantías
para el acompañamiento a las comunidades en el Bajo Atrato y el
Urabá Antioqueño y que solicite a los miembros de las Fuerzas
Armadas de abstenerse de realizar señalamientos contra los
defensores de derechos humanos, así mismo le solicitamos tomar las
medidas disciplinarias y penales pertinentes contra los militares
que incumplen esta directiva oficial.

Finalmente queremos dejar Constancia de que cualquier daño
irreparable contra la vida e integridad personal de integrantes de
Justicia y Paz es, en las circunstancias actuales, responsabilidad
del Estado colombiano por acción o por omisión.

CC. Procureur Général de la Nation

SIGNATURE

*********************************************************************

** Traduction : Ne pas envoyer **

Montreal, 30 mars 2005

Docteur
Francisco Santos
Vice president de la Republique
Santa Fe de Bogotá

Objet : URGENT. Menaces de mort contre Justicia y Paz

ONG de droits humains menacée

Honorables ministres,

Aujourd’hui, 30 mars 2005, l’ONG de droits humains Justicia y Paz
a reçu par courrier postal une menace contre le Doctor Danilo Rueda
et les autres membres de cette respectable institution que nous
connaissons et avec qui nous travaillons à la promotion des droits
humains depuis longtemps. Les menaces en question sont accompagnées
d’accusations associant Justicia y Paz à la guérilla
narcoterroriste. Cette menace de mort était précédée d’injurieuses
accusations de narcoterrorisme, formulées par des membres de la
Brigade 17 à l’encontre d’ONGs accompagnant les zones humanitaires
du Jiguamiando. Le harcèlement continue, par ailleurs, contre les
afro-colombiens ainsi qu’à l’encontre des accompagnateurs-trices de
la Comission Oecuménique Justicia y Paz. Ces menaces furent
prononcées dans le cadre des opérations conjointes de la Brigade 17
et des forces paramilitaires, nous avons dénoncé cette situation à
plusieurs reprises auprès du Procureur Général de la Nation et du
Brigadier Général de la Brigade 17. Les menaces s’intensifient
depuis un peu plus d’un an et cela particulièrement depuis la
première tentative d’organiser une commission de vérification
portant sur les plantations illégales de palmes africaines sur le
territoire collectif des communautés du Curvaradó et du
Jiguamiandó.

La menace de mort s’est produite suite à l’audience de la Cour
Interaméricaine de Droits Humains, le 12 mars dernier, lors de
laquelle la Comission Justicia y Paz argumentait que les
déplacements forçés, le blocus économique ainsi que les avançées
militaires se réalisant parralèlement à l’ensemancement massif de
palme africaine, ne pouvaient relever d’une coïncidence. Lors de
cette même audience, la commission a réitéré ses préoccupations
quant aux liens directs unissant des membres du gouvernement et des
paramilitaires, à l’absence de recherche rapide et efficace pour
juger les responsables des violations systématique de droits
humains ainsi qu’aux infractions importantes commises au Droit
Humanitaire International et à cause desquelles ne cessent de
souffrir les communautés afro-colombiennes.

Pour les raisons ici exprimées nous faisons respectueusement appel
à vous, M. Le Ministre, vous qui assurez la responsabilité
d’appliquer les mesures préventives en faveur de la Commission
Justicia y Paz depuis 2003, afin que vous vous prononciez
publiquement à savoir si les organisations humanitaires ont des
garanties pour leur travail d’accompagnement auprès des communautés
du Bas Atrato et de l’Uraba Antioqua. Nous vous demandons également
d’intervenir auprès des membres des Forces Armées afin que ceux-ci
cessent les signalements de défenseurs des droits humains et nous
solicitons des mesures disciplinaires et pénales à l’encontre des
militaire qui ont formulé cette directive officielle.

En dernier lieu, nous désirons vous informer que, dans les
circonstances actuelles, nous tiendrons responsables l’État
Colombien pour tous dommages irréparables contre la vie où
l’intégrité personelle des membres de Justicia y Paz.

CC. Procureur Général de la Nation
Justicia y Paz


VOICI LA LETTRE DE MENACE REÇUE PAR JUSTICIA Y PAZ :

“+
DANILO RUEDA
Defensor de Narcoterroristas
Q.E.P.D

NO VAMOS A PERMITIR QUE EL YUGO OPRESOR DE LA GUERRILLA TERRORISTA
VUELVA A LA REGION. LA LIBERTAD CONQUISTADA NO LA PÉRDEREMOS (sic)
EL HONOR DE LA PATRIA SE DEBE DEFENDER Y RESPETAR
TODOS LOS DE JUSTICIA Y PAS (sic) QUEDAN TAMBIEN ADVERTIDOS.
VIVA LA LIBERTAD NO A LAS VIEJAS OPRESIONES TERRORISTAS EN
ESTAFETAS DE DERECHOS HUMANOS”

— 
PASC
Projet Accompagnement Solidarité Colombie
Site web : http://www.pasc.ca

Pour télécharger le Bulletin du PASC (Hiver 2005) :
http://www.pasc.ca/files/bulletin-h...

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