Les femmes en marche… à l’encontre du gouvernement Harper

jeudi 17 juin 2010

En refusant de financer les services d’avortement dans son initiative en santé maternelle et infantile dans l’aide internationale canadienne, le gouvernement conservateur érode simultanément les droits des femmes dans les pays les plus pauvres et les droits des femmes ici même au Canada. Ce geste imite les politiques anti-choix de l’ancien président Bush aux États-Unis.

Il est aberrant qu’il soit encore nécessaire de rappeler que chaque année, environ 35 millions d’avortements sont effectués dans les pays pauvres, et la majorité d’entre eux le sont dans des conditions insalubres et dangereuses. Cinq millions de femmes sont hospitalisées annuellement pour des complications liées à un avortement non sécuritaire et 70 000 femmes en meurent. Et, encore plus près de nous, en 1966, les complications liées à un avortement clandestin ou à un auto-avortement étaient la principale cause d’hospitalisation des femmes au Canada. Ces chiffres rappellent à quel point l’avortement est un enjeu important pour la santé des femmes et leur droit à l’égalité.

Au cœur de cette violence se retrouve la volonté de contrôler. Lorsque la droite politique, morale et religieuse se met à vouloir remettre en question notre droit d’avoir ou non des enfants, il s’agit d’une manifestation collective de la volonté de contrôler les femmes comme groupe. Le mouvement des femmes constate une augmentation des menaces au droit à l’avortement depuis la présence du gouvernement conservateur à Ottawa et la consolidation de la droite religieuse et politique au Canada qui a des ramifications actives au Québec. Depuis quelques années, il y a eu cinq projets de loi privés ayant pour but le recul du droit à l’avortement. Au Québec, rappelons-nous les propos du Cardinal Ouellet en mai dernier, qui a déclamé devant une assemblée de 200 personnes anti-choix que l’avortement était un crime, comme le viol, et qu’une femme ayant subi un viol ne devrait pas répondre à ce crime par un autre crime ?

L’initiative conservatrice en santé maternelle ainsi que les coupes dans le financement des groupes de défense de droits des femmes à travers le Canada sont de mauvais augure et dévoilent la vision du gouvernement Harper à propos des droits des femmes. Attaquer le droit à l’avortement ailleurs, n’est-ce pas une façon de nous signifier que les menaces seront de plus en plus grandes ici même ? Et que dire de ces coupes, excepté qu’elles enlèvent des ressources cruciales pour les groupes d’exercer leurs actions de défense des droits et de luttes sociales. Excellente méthode pour faciliter le recul des droits des femmes puisque les femmes ont moins de ressources pour se mobiliser et défendre leurs droits.

Or, c’est exactement le contraire qui est arrivé. Ces atteintes fédérales aux droits des femmes, qui nient les luttes historiques des Canadiennes pour l
ytreweur droit au libre choix, ont soulevé un tollé partout au pays. La Marche mondiale des femmes, qui a une revendication pour le droit au libre choix et l’accessibilité de services d’avortement partout au pays, et plusieurs autres groupes au Canada ont mené, mènent et mèneront des actions tout au long de l’année afin de rappeler que nous ne pouvons dissocier les droits des femmes dans les pays pauvres de la lutte que nous menons. L’accès aux services d’avortement et toute autre forme de planification des naissances font partie de la justice reproductive globale et de la lutte pour l’autonomie et la dignité des femmes, partout dans le monde.

Le gouvernement Harper fait la guerre aux femmes, mais il est hors de question qu’il nous renvoie au temps des avortements clandestins et qu’il profite de son exclusion de l’avortement dans l’aide internationale canadienne pour ramener ce débat sur le tapis ici en refusant ce droit aux femmes des pays pauvres.


Voir en ligne : Fédération des femmes du Québec

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