Les effets destructeurs de la course aux rendements

mercredi 2 décembre 2009, par Claude Vaillancourt

Il semble de plus en plus difficile de s’attaquer aux changements climatiques sans relier ce problème à l’expansion de la sphère financière. Les intérêts de l’élite financière ne vont pas toujours de pair avec la protection de l’environnement. Les gens d’affaires ont montré à de multiples reprises qu’ils n’hésitent pas à polluer et porter de graves atteintes à des écosystèmes si cela leur permet de réaliser d’importants profits.
à
Notre système financier s’est lancé dans une course folle aux rendements à court terme. Il permet donc difficilement d’entrevoir les changements majeurs dont nous avons besoin, forcément lents et complexes. De plus, il favorise outre mesure les profits des actionnaires. On conçoit pour ces derniers des produits financiers très souvent d’une grande complexité qui doivent assurer un excellent retour sur investissement. La plupart des actionnaires sont peu regardants sur la composition de leur portefeuille tant que les profits sont au rendez-vous. Même les petits investisseurs sont emportés dans cette logique folle, par leur fonds de retraite dont ils ont pourtant absolument besoin.

Ainsi peut-on investir dans des fonds incluant des pétrolières, des banques qui financent des projets dommageables pour l’environnement, des industries polluantes, des compagnies minières qui saccagent les régions où elles s’implantent. Le tout se perd dans un magma que personne n’a intérêt à clarifier. Les rendements élevés à eux seuls font taire toute objection ou questionnement éthique.

Dans différents accords commerciaux, les entrepreneurs sont invités à identifier les « obstacles au commerce », c’est-à-dire les réglementations qui empêchent de réaliser des profits. Parmi les cibles : les lois pour la protection de l’environnement. Même si ces dernières ont été établies dans l’intérêt public, elles ne font plus le poids dans un monde où la liberté de commercer est élevée comme valeur suprême.

Nous le constatons : la bataille pour vaincre les changements climatiques est aussi une bataille contre la voracité de l’élite financière. Pour y arriver, il est essentiel de mettre fin aux pratiques de déréglementations destructrices qui ont permis l’extraordinaire expansion du secteur financier et revenir à un encadrement strict des investissements à l’échelle internationale. C’est donc au cœur qu’il faut viser le capitalisme.

Vous avez aimé cet article?

  • Le Journal des Alternatives vit grâce au soutien de ses lectrices et lecteurs.

    Je donne

Partagé cet article sur :

  •        
Articles de la même rubrique

Claude Vaillancourt

L’industrie du pétrole, un lobby hyperactif

Plus d'articles :  1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10

Articles du même auteur

Claude Vaillancourt

Insurrections à la chaîne

Plus d'articles :  1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10

Articles sur le même sujet

Changements climatiques

L’Afrique déploie ses lanceurs d’alerte

Plus d'articles :  1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10

Je m’abonne

Recevez le bulletin mensuel gratuitement par courriel !

Je soutiens

Votre soutien permet à Alternatives de réaliser des projets en appui aux mouvements sociaux à travers le monde et à construire de véritables démocraties participatives. L’autonomie financière et politique d’Alternatives repose sur la générosité de gens comme vous.

Je contribue

Vous pouvez :

  • Soumettre des articles ;
  • Venir à nos réunions mensuelles, où nous faisons la révision de la dernière édition et planifions la prochaine édition ;
  • Travailler comme rédacteur, correcteur, traducteur, bénévole.

514 982-6606
jda@alternatives.ca