Essai

Le nettoyage ethnique de la Palestine

jeudi 29 mai 2008, par Catherine Pappas

Le nettoyage ethnique de la Palestine
Ilan Pappe, Fayard 2008, 395 p.

En Palestine, avant, pendant et après 1948, les Juifs mettent à exécution un plan délibéré et systématique dont le but avoué est de purifier ethniquement le territoire où surgit l’État d’Israël. C’est ce que révèle l’un des plus brillants « nouveaux historiens » israéliens, Ilan Pappe, dans Le nettoyage ethnique de la Palestine.

À l’aide de documents d’archives et de témoignages percutants, l’auteur entreprend de revisiter l’histoire de la création d’Israël afin de raconter une vérité plus inconfortable et compromettante que la pensée officielle. Ville par ville, village par village, il montre comment, entre 1947 et 1949, l’expulsion de quelque 800 000 réfugiés palestiniens constitue un crime contre l’humanité, perpétré sous le regard complice des Britanniques et l’incompétence des Nations unies.

Le plan D (Daleth en hébreu) n’est rien de moins qu’une planification stratégique visant à créer un État exclusivement juif. Conçu le 10 mars 1948, ce plan, porté par David Ben Gourion, a « scellé le destin des Palestiniens sur les territoires que les dirigeants sionistes avaient en vue pour leur futur État juif », écrit celui qui a quitté l’an dernier son pays pour enseigner en Grande-Bretagne, afin de fuir l’hostilité que lui vaut sa critique de l’idéologie sioniste.

Mais le nettoyage ethnique se poursuit encore aujourd’hui, insiste l’historien, qui a écrit de nombreux ouvrages historiques sur le conflit israélo-palestinien. Devant la menace démographique que posent les Palestiniens envers Israël, le désengagement de Gaza et le mur de ségrégation avaient été pensés comme des mesures « pour garantir que le nombre de Palestiniens sur le territoire d’Israël reste limité ».

À propos de Catherine Pappas

Moyen-Orient

Catherine Pappas travaille avec Alternatives depuis 1997. D’abord responsable des stages internationaux, elle coordonne ensuite plusieurs projets de solidarité et de droits humains au Pakistan, en Afghanistan, au Soudan et en Palestine.
Diplômée en communication de l’Université du Québec À Montréal, Catherine Pappas a également travaillé comme cinéaste, recherchiste et photographe sur des documentaires photographiques et cinématographiques avec l’Office national du film (ONF) du Canada, Radio-Canada ainsi que plusieurs boîtes de production indépendantes. Ses réalisations en cinéma et en photo ont mérité la reconnaissance du milieu (concours Lux, Prix Jutra).

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