Le dilemme des mouvements sociaux : organiser la désorganisation

vendredi 21 octobre 2005, par Paul WALDER

Entretien avec Atilio Boron, sociologue et secrétaire exécutif du CLACSO.

Pour interpréter la situation politique de l’Amérique latine et l’irruption des mouvements sociaux, le sociologue argentin Atilio Borón est aujourd’hui l’un des esprits les plus lucides et les plus productifs. Borón, professeur titulaire de théorie politique à l’Université de Buenos Aires, est directeur de recherche du Conseil de recherches scientifiques et techniques (Conicet [1]) et secrétaire exécutif du Conseil latino-américain de sciences sociales (Clacso [2]). Il fut à l’origine, il y a quelques années, d’une vive polémique dans la pensée de gauche de la région, en critiquant la théorie de la multitude de Toni Negri [3] et Michael Hardt, très populaire à l’époque. Borón a fait part de ses critiques dans de nombreux articles et dans son ouvrage « Empire et impérialisme, une lecture critique de Michael Hardt et Toni Negri », dans lequel il démonte la théorie qui lie l’éclosion spontanée des mouvements sociaux avec la création de courants alternatifs au capitalisme. La récente expérience argentine lui a donné raison.

Une des caractéristiques de la scène politique argentine a été la force des mouvements sociaux qui ont été, en un sens, un facteur clé dans la voie qu’a empruntée le pays. Cependant, il existe aujourd’hui la perception que cette force diminue. S’agit-il d’une usure ou d’un manque d’objectifs à long terme ?

Atilio Boron : Ce diagnostic est correct dans ses grandes lignes. A la fin 2001 et au début 2002, de grandes attentes de changements se sont développées dans le pays. Elles n’ont évidemment jamais été satisfaites. Cependant, il y eut à ce moment-là une grande victoire populaire : la liquidation de la candidature de Menem [4]. Même s’il est arrivé en première position, sa candidature n’avait aucune chance de gagner au second tour, quel que fût son concurrent. Et ce concurrent fut Kirchner. Le gouvernement Kirchner est arrivé au pouvoir privé de la légitimité qu’aurait dû lui donner le second tour. C’est un gouvernement qui arrive au pouvoir avec 23 % des voix et qui, malgré cela, parvient à mettre en marche une série de réformes, surtout en matière de droits de l’homme [5], qui lui garantissent rapidement de la popularité auprès de la population. Cela fait reposer de grands espoirs sur le gouvernement Kirchner qui sont en train d’être en partie comblés.

Dans quels domaines ?

Il y a eu de grandes avancées en matière de droits de l’homme, ainsi qu’en matière de rénovation institutionnelle, comme à la Cour suprême. La politique extérieure a été réorientée : la stratégie de relations « charnelles » avec les Etats-Unis a été modifiée, de même que la position par rapport à Cuba [6]. Tout cela au milieu d’attaques frontales de la droite qui est presque aussi brutale que la droite chilienne. Cependant quand on analyse les grandes lignes de la politique économique du gouvernement, on se rend compte qu’il n’est pas sorti des grandes directives du Consensus de Washington [7], avec, cela dit, une exception de taille, une note discordante au milieu de l’orthodoxie économique. Le ministre de l’Economie Lavagna n’est pas un homme étranger au sérail de l’establishment économique du pays. C’est un homme lucide et sensé qui a mis en marche une stratégie pour obtenir une remise de la dette extérieure argentine [8]. Cette stratégie, qui fut initialement condamnée comme non viable, s’est révélée probante, pas autant que le dit le gouvernement mais bien plus que ce que la droite, tout comme la gauche, sont prêtes à reconnaître. Mais, tout en obtenant cette remise - ce qui signifie pour l’Argentine une économie de 65 à 70 milliards de dollars d’une dette extérieure qui était restée dans les mains de fonds « vautours » [9] dans beaucoup de cas et de fonds d’investissement qui ont procédé à une transaction financière et ont transféré cette dette à des épargnants désinformés d’Allemagne, d’Italie et du Japon -, ce gouvernement est celui qui a le plus remboursé aux organismes financiers internationaux [10]. C’est un gouvernement qui fait preuve d’une grande ambivalence, qui devient très criarde quand on écoute les discours du président, qui sont très à gauche de ceux que l’on entend en Amérique latine. Mais cela ne se concrétise que très peu dans l’orientation de la politique économique argentine sauf dans le cas de l’échange des titres de la dette. Cela saute aux yeux si l’on analyse l’inexistence d’un programme viable, sérieux, rigoureux de redistribution des revenus et de la richesse dans ce pays.

Emergence d’une nouvelle forme de contestation

Concrètement qu’en est-il des mouvements sociaux dans ce processus ?

Le gouvernement précédent, celui de Duhalde [11], et l’actuel ont perfectionné un plan d’urgence sociale : le programme des « chefs de ménage » [12] qui fonctionne raisonnablement bien avec toutes les limites d’un plan de cette nature, mais qui a contribué à désamorcer sensiblement une situation sociale explosive. Le processus de polarisation a été freiné et la situation sociale s’est améliorée, mais les attentes par rapport au gouvernement Kirchner étaient très grandes et, jusqu’à présent, celui-ci n’est pas parvenu à y répondre par des politiques qui stopperaient et inverseraient de manière décidée la détérioration sociale. Il y a également eu une reprise économique significative. Il est vrai qu’on était tombé très bas, mais il est indéniable qu’il y a une récupération énergique. Dans le processus de reprise économique, d’autres types de protestations sont apparus. Ce ne sont déjà plus celles de personnes totalement « condamnées ». Les conflits sociaux augmentent chez les travailleurs du système formel [13]. Ils commencent à protester, ils le font avec force et exigent des changements profonds dans la politique économique du gouvernement.

Il y a eu des programmes pour résoudre des problèmes ponctuels, mais apparemment il manque un véritable programme économique de gouvernement.

Oui. Il y a quelques mesures ponctuelles, par rapport à la dette extérieure, par rapport aux entreprises privatisées [14] qui aujourd’hui ont créé un tribunal d’arbitrage à Washington qui n’est rien d’autre qu’un groupe de spéculateurs et de mafieux qui demandent des indemnisations pour la fin de la « pesificación » [15]. Cela obligera le gouvernement à faire la sourde oreille à ce pseudo tribunal et à radicaliser ses positions. L’économie croît. Il y a des exportations. Mais un moment de fléchissement des investissements étrangers dans une période de demande croissante de biens et de services peut arriver.

Je crois que ces entreprises étrangères vont évidemment réaffirmer leurs préférences et leurs intérêts en menaçant d’une grève des investissements. Cela sera un grand dilemme pour le gouvernement. Mais s’il cède devant ces entreprises, il perdra définitivement le contrôle de l’économie. Si nous poursuivons dans cette voie, dans un pays qui a peut-être le plus haut niveau de présence étrangère dans son économie, il me semble que le gouvernement aura très peu d’alternatives : soit nous affronterons une crise très profonde, soit, si le gouvernement a un quelconque instinct de survie, il devra mettre en œuvre des politiques passablement progressistes pour éviter la chute des investissements étrangers qui se produiront probablement quand l’Argentine piétinera l’échiquier de la Banque mondiale et dira qu’elle n’accepte plus ses diktats. Cela sera un dilemme pour le gouvernement. Mais il ne peut pas céder au chantage de la grève des investissements car si ces entreprises partent, d’autres viendront : investir en Argentine est une bonne affaire, c’est pour cela que les entreprises viennent ici et pas au Chili ou au Brésil. De plus, en ce moment il y a un excès de capitaux dans le monde, ce qui a pour conséquence que les gouvernements qui ont l’intention de réaliser des programmes de gauche pas trop radicaux, ont un espace financier international pour le faire. S’ils ne le font pas, c’est un problème de volonté et d’audace politique ce qui, en général, n’abonde pas en Amérique latine.

La multitude est un phénomène éphémère

Malgré cette ambivalence dans les politiques gouvernementales, il y a un reflux des mobilisations...

Nous nous trouvons désormais dans la phase de reflux des mobilisations sociales. Par ailleurs, aucune société ne peut se maintenir pendant des années dans une situation de mobilisation et d’ « assembléisme » permanent. Ce sont des situations conjoncturelles, mais à la différence de 2004, il y a maintenant des symptômes de mobilisation très forts. Il me semble que comme nous sommes dans une année électorale - en octobre il y aura les élections parlementaires - il y a toute une série de mobilisations sectorielles, partielles. Si l’on ne parvient pas à une stratégie d’unification de toute cette immense énergie sociale, qui est Du reste un phénomène bien sud-américain, une rupture se confirmerait, une espèce d’élément non suturé entre un niveau d’inquiétude qui se note dans tous les pays et un manque d’expression politique unitaire.

Peut-on dire que la mobilisation sociale, la multitude, comme l’appellent Negri et Hardt, n’a pas la capacité de gouverner ?

Pour commencer, la multitude est un phénomène éphémère et passager. La multitude est une chose, les classes [sociales] en sont une autre, ce sont des formations sociales permanentes. La multitude est un phénomène par définition éphémère, fugace même si certaines analyses profondément erronées de la gauche ont élevé la multitude au rang de nouvelle force qui abattra le capitalisme. Cela n’a aucun fondement sérieux, du moins depuis une perspective marxiste de la réalité. Ce que nous avons vu en Amérique latine, ce sont des phénomènes de masse qui font chuter des gouvernements mais qui, précisément à cause de la fragilité constitutive, sociologique de la multitude sont incapables de changer l’histoire. On fait tomber un gouvernement pour que l’histoire soit exactement la même. C’est pour cela que l’urgence de la forme d’organisation s’impose. Certains disent que cela ne peut être le parti léniniste classique. Nous sommes d’accord. Mais la forme d’organisation ne peut pas être non plus la non-organisation, le culte de la spontanéité. Je crois que c’est ici que se trouvent nos limites en Argentine. Que faire devant une énorme protestation sociale potentielle qui s’exprime de manière fragmentée et ponctuellement dans les provinces ? Il y a une grande force populaire venant d’en bas mais qui ne parvient pas à prendre forme dans une structure politique plus large qui ne soit pas le vieux parti traditionnel.

Le Chili en point de mire

Mais, sans aucun doute, la mobilisation est l’expression d’un évident mécontentement social.

Il y a une exigence forte de la population à sortir de tout cela, mais il n’y a pas une formule précise, comme il en existait dans les années 60 avec le modèle de rechange qu’étaient les économies centralisées. De nos jours, elles ne sont plus là, ce qui pour autant ne légitime pas ce système. Prenons le cas du Chili : les organismes internationaux disent qu’aujourd’hui le système économique y est beaucoup plus injuste que dans les années 60. La question est la suivante : qu’est-ce qu’une bonne société ? Les indicateurs macro-économiques ne suffisent pas. Le Chili a des indicateurs excellents, l’Argentine aussi les avait dans les années 90. Le Brésil doit envoyer à l’étranger comme paiement partiel de sa dette extérieure, 1,1 milliard de dollars par semaine. Aucune économie ne peut supporter une telle saignée. C’est là le fondement de l’insatisfaction.

Comment expliquez-vous le phénomène chilien ?

D’un côté, on parle d’une économie modèle pour la région. De l’autre côté, sa structure sociale souffre d’une énorme détérioration et se situe parmi les plus inégales du monde. Et conséquence étrange, il y a un niveau de stabilité ou de conformisme social, que l’on ne voit pas sous d’autres latitudes.

L’économie chilienne a pu se restructurer de manière significative, mais en marge de la manière recommandée par le Consensus de Washington. Par exemple, le rôle de l’Etat dans l’industrie du cuivre continue à être prépondérant. En Argentine, toutes les entreprises publiques, y compris les pétrolières, ont été liquidées. Ensuite, le Chili a eu durant de nombreuses années un régime de régulation des flux financiers qui n’existait pas en Amérique latine. Au Chili, en raison de l’obligation de l’encastrement, les capitaux « hirondelles » ne pouvaient pas faire les ravages qu’ils faisaient dans le reste de l’Amérique latine [16]. En troisième lieu, en raison de l’inertie de la présence militaire dans la société et dans la politique chilienne, l’Etat a continué à croître, pendant que dans d’autres pays de la région il décroissait, en termes de dépenses publiques. Et, en quatrième lieu, le Chili a bénéficié du processus de réforme agraire des années 60 et 70 qui a modernisé la campagne et rendu possible la création d’une nouvelle couche d’entrepreneurs agricoles. Cette combinaison de circonstances est à la base du succès économique chilien. Maintenant, c’est un succès de style néolibéral, qui, paradoxalement, fait qu’au Chili les différences sociales, au lieu de s’atténuer, s’amplifient.

Pourquoi cette situation n’a-t-elle pas son expression sociale ?

Il faut tenir compte du legs de la dictature. Je crois que c’est un pays soumis à un lavage de cerveau phénoménal. Le changement culturel qu’a amené l’expérience de la dictature au Chili est impressionnant. Ce changement culturel, et bien entendu politique, a fait que les Chiliens intériorisent un sentiment d’inégalité sociale : si l’on va mal, on pense que c’est pour des raisons personnelles. Cette poubelle idéologique, qui avait été éliminée en grande partie au Chili, grâce aux luttes populaires des années 50 et 60 et, bien entendu, pendant les années Allende, réapparaît avec force. Et elle apparaît conjointement avec une dictature idéologique protégée par le contrôle quasi obscène que détient la droite chilienne sur tous les médias de masse, qui n’a aucune comparaison possible avec aucun pays d’Amérique latine. C’est la culture de la complaisance et de la résignation, qui fait que de grands secteurs sociauxont baissé les bras, convaincus que c’est la seule alternative.


NOTES :

[1] Consejo de Investigaciones Científicas y Técnicas -www.conicet.gov.ar.

[2] Consejo Latinoamericano de Ciencias Sociales - www.clacso.org.

[3] Voir Toni Negri sur WIKIPEDIA, l’encyclopédie libre : http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Negri (ndlr).

[4] Carlos Menem a été président de la République argentine de 1989 à 1999. Son gouvernement est associé à la corruption et à l’imposition de politiques néolibérales agressives. En 2003, il s’est représenté à la présidence. Il a remporté le premier tour des élections présidentielles. Il s’est finalement retiré de la course, devant des sondages qui donnaient une écrasante victoire à son adversaire, Nestor Kirchner. Lire Carine Thibault, Argentine : un petit tour et puis s’en va, RISAL, 18 mai 2003 (ndlr).

[5] Lire Maurizio Mateuzzi, Une brèche ouverte dans le mur de l’impunité argentine, RISAL, avril 2004 (ndlr).

[6] L’Argentine a rétabli de bonnes relations diplomatiques avec Cuba depuis l’arrivée au pouvoir de Nestor Kirchner (ndlr).

[7] Lire Le « Consensus de Washington », Cahier « L’Amérique latine à l’heure colombienne », Le Monde diplomatique (ndlr).

[8] En 2001, le gouvernement a décidé de suspendre le remboursement de sa dette due aux créanciers privés. Pour sortir du bourbier, le ministre de l’Économie, Robert Lavagna, imagina un échange de bons de la dette argentine, avec une remise de dette de 75 % aux créanciers, ce qui signifie que ces derniers sont accepté une réduction de 75% sur la valeur de leurs créances. Les mois de janvier et février 2005 furent choisis par le gouvernement pour procéder à l’échange, auquel devait participer un pourcentage suffisant de créanciers pour pouvoir sortir du default. A la fin février, Kirchner et Lavagna informèrent, avec une grande satisfaction, que 76% des détenteurs de titres de la dette argentine avaient participé à l’échange. Un succès sans précédent, selon certains. Lire Raúl Zibechi, L’Argentine après le “default” : reconstruire l’Etat, RISAL, 10 mai 2005 ; Frédéric Lévêque, Olivier Bonfond, Argentine : la fin de la crise ? RISAL, 2 » mai 2005 (ndlr).

[9] « Les pays en voie de développement ayant accès aux marchés financiers émettent des titres de la dette pour y lever des fonds. Une fois émis, ces titres ont une valeur qui fluctue suivant la situation économique et financière du pays concerné, et peuvent se négocier entre acteurs financiers. Ces dernières années, il est arrivé que des institutions privées rachètent à bas prix des titres de créances de pays en difficultés, dont le propriétaire cherchait à se débarrasser pour récupérer une partie de sa mise. Et aussitôt, ce nouveau créancier attaquait en justice l’État endetté pour exiger le règlement total et immédiat de la créance, réalisant un profit colossal, sans se soucier des conséquences humaines et sociales. Ce sont les fameux " fonds-vautours ", qui s’acclimatent fort bien d’un contexte instable et d’une corruption importante. Le prix payé par les pays est parfois plus important que les quelques allégements obtenus de haute lutte. »Extrait de « 50 Questions 50 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale », par Damien Millet et Eric Toussaint, CADTM/ Syllepse 2002 (ndlr).

[10] Sur la nature illégitime et “odieuse” de la dette argentine, consultez sur le site du CADTM les archives sur l’Argentine : www.cadtm.org/fr.mot.php3 ?id_mot=8 (ndlr).

[11] Eduardo Duhalde est le prédécesseur de Kirchner, membre de l’appareil du parti péroniste, le Parti justicialiste, et très influent dans la région de Buenos Aires. Il a été élu président "de transition" par le Congrès en février 2002, après le soulèvement populaire de décembre 2001. Son clan s’affronte actuellement à celui de Kirchner à l’approche des élections législatives d’octobre 2005 (ndlr).

[12] Allocations de chômage (ndlr).

[13] Par « personnes totalement condamnées », Atilio Boron fait références aux travailleurs du secteur informel et aux chômeurs. Ces derniers se sont affirmés ces dernières années comme les principaux protagonistes des luttes sociales en Argentine. Le mouvement piquetero, par exemple, a dépassé le mouvement syndical en devenant le mouvement social argentin le plus important. Le journaliste uruguayen Raul Zibechi écrit : « Alors que les grèves (la forme principale de lutte des syndicats) déclinaient depuis 1989, les piquetes firent irruption en 1997 et atteignirent leur apogée en 2002. Bien que leur nombre ait diminué, ils continuent à occuper une place importante. En 1998, il y eut 949 grèves et conflits de travail. Ils baissèrent jusqu’à 125 en 1997, puis remontèrent légèrement pour redescendre à 123 grèves en 2003, bien qu’en 2004 leur nombre s’est élevé à 226. Durant la même période, les piquetes passèrent de 140 en 1997 à 51 en 1998, ils atteignirent le chiffre de 252 en 1999, de 514 en 2000 et montèrent à 1.383 en 2001, l’année de la chute du président Fernando de la Rua. L’année suivante, ils atteignirent leur maximum historique avec 2.336 barrages routiers, pour descendre de façon drastique pendant la première année de gouvernement Kirchner à 1.278 et à 1.181 en 2004. ». Extrait de Raul Zibechi, Dix ans de mouvement piquetero : le changement social en marche, RISAL, 9 septembre 2005 (ndlr).

[14] En Argentine, quand on parle de « privatizadas », on fait référence aux anciennes entreprises publiques, privatisées durant les années 90 et actuellement propriétés de transnationales étrangères. Le gouvernement Kirchner est en conflit avec plusieurs d’entre elles notamment sur la question de l’augmentation des tarifs des services (eau, électricité, etc.) qu’elles fournissent (ndlr).

[15] La « pesificación », c’est convertir une dette qui était en dollars en pesos (argentins). Après l’échange de bons de la dette, 40% de la dette fut « pesificada ». Certains disent que cela protège le pays des variations du taux de change. D’autres disent que ce n’est pas avantageux car cela lie la dette à l’inflation interne et cela encourage la spéculation comme le démontre le cas du Brésil (ndlr).

[16] Le mécanisme d’encastrement est un instrument que l’on utilise pour empêcher l’entrée des capitaux "hirondelle", instrument qui exigeait la permanence dans le pays pour un temps déterminé d’une partie des ressources investies. Cet élément de régulation financière a été supprimé au Chili en 2000. Source : Attac, www.france.attac.org/a1145 (ndlr).

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Source : Punto Final (www.puntofinal.cl), n°593, Chili, 10 juin 2005.

Traduction : Nicolas Derron, pour RISAL (www.risal.collectifs.net).

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