Roman

Le Paradis - un peu plus loin

De l’auteur péruvien, Mario Vargas Llosa

vendredi 26 septembre 2003, par Jacques LÉTOURNEAU, Tania VACHON

À leur manière, les deux protagonistes du dernier récit de Mario Vargas Llosa sont marginaux, profondément insoumis, libertaires et revendicateurs.

L’histoire débute avec le parcours de Flora Tristan, née en France en 1803 sous le règne de Louis-Philippe, qui nous fait pénétrer dans les méandres de la révolution industrielle. Les origines péruviennes de son père serviront d’assises à sa prise de conscience des injustices dont sont imprégnés les rapports humains. Elle retournera en France après un court séjour au Pérou avec le dessein d’organiser les ouvriers. Elle rêve de la création d’une union ouvrière, fonde les aspirations d’une révolution féministe et pacifique.

De son côté, Paul Gauguin, petit-fils de Flora, quitte le monde des affaires, abandonne sa femme et ses cinq enfants, se fait impressionniste et trouve refuge en Polynésie. Koké, son surnom choisi par ses amis maoris, trouve enfin chez eux l’expression la plus sincère des êtres humains, ceux dont la civilisation n’a pas encore souillé la pureté. Il y définit, à sa façon, les contours d’une résistance coloniale en prenant le parti des populations locales tout en peignant ses œuvres d’art. Sa « maladie imprononçable » a raison de lui et il meurt seul en 1903, pauvre et mésestimé.

Dans une France du XIXe siècle empreinte des idéaux socialistes, dominée par les hommes, ce roman a le mérite de donner ses lettres de noblesse à la première femme qui aura eu le courage de s’y affirmer. Cette œuvre de Mario Vargas Llosa nous livre un combat qui est toujours d’actualité et rappelle que l’engagement n’est jamais vain lorsqu’il s’agit de trouver son paradis.

LE PARADIS - UN PEU PLUS LOIN, de Mario Vargas Llosa, traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan, Gallimard, Paris, 2003, 534 pages.

Jacques Létourneau et Tania Vachon, collaborations spéciales

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