La jeunesse étudiante se lance dans la mêlée

mercredi 15 février 2012, par Guy Roy

Un grand nombre d’intervenants politiques se disent préoccupés par les générations futures et leur avenir. Une chose est d’en parler, une autre est de se soucier de ce que les jeunes eux-mêmes envisagent pour le cours de leur vie.

Ces temps-ci, ils sont nombreux à être dans la rue ou à occuper leurs lieux d’enseignement pour nous le faire savoir. Les étudiants s’insurgent en acteurs prévoyants de leur destinée.

Ils prennent comme responsabilité de revendiquer un avenir qu’ils affirment, non selon possible, mais absolument nécessaire à l’édification d’un Québec confiant dans ses propres forces et dans ses talents.

Le Québec de demain est donc déjà prêt à se faire reconnaître sur une grande échelle en faveur d’une éducation accessible et éventuellement gratuite. Et un autre mouvement d’avenir, le secteur des syndiqués, à travers l’Alliance sociale, voit dans ce Québec promis un motif de solidarité. Ce n’est pas un hasard.

Il n’est pas dit que Charest sera en paix tant qu’il n’aura pas renoncé à la hausse des frais de scolarité. En effet, le résultat de toute cette agitation contre les engagements des Libéraux à diminuer l’accessibilité de l’éducation supérieure s’explique par le degré de préparation remarquable des étudiants.

Un travail de recherche pointu et fouillé a permis au leadership étudiant de préparer leurs confrères et consœurs à une action concertée, consciente et résolue. Ils ont été particulièrement attentifs à tous les détails de la mobilisation.

Chaque argument de Charest et des milieux patronaux a fait l’objet de critiques systématiques et de répliques articulées en guise d’alternative. Et cela de manière à ce que le Québec se dote des meilleurs outils académiques qui soient.

Le patronat qui voudrait bien mettre le grappin sur les institutions universitaires devra sans doute reculer et reporter ses ambitions sur une autre génération cependant annoncée comme tout aussi éveillée que les précédentes. On n’en passe pas de petite vite à une jeunesse instruite.

Un livre a même été écrit sur le sujet : « Université Inc.- Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir » par Éric Martin et Maxime Ouellet aux éditions LUX. Sa lecture donne l’espoir dans une logique critique et à l’offensive.

La grève se produit au moment où tout le Québec semble virer à gauche. En même temps, la grève étudiante ajoutera à l’ambiance générale. La CAQ après un feu de paille de popularité descend dans les sondages.

Sous la pression, le PQ radicalise sa position sur les mines et promet d’abolir la taxe santé pour tous érigée en solution de bricolage par les Libéraux.

La langue française trouve de nouveaux défenseurs plus aguerris.

Les éducatrices en garderie, appuyées par les parents, réclament en grand nombre une meilleure reconnaissance de leur travail auprès des enfants.

Les groupes populaires se mobilisent contre les hausses de tarifs du budget Bachand.

Sur fond de crise sociale, la grève arrive à point nommé pour mettre sur la défensive, grâce à tous ces acteurs sociaux et politiques du Québec, un néolibéralisme affiché dans ses aspects concrets les plus répugnants pour les gens ordinaires.

À travers toutes ces luttes, souhaitons que la maîtrise de son destin par le Québec continue de progresser dans le sens d’une plus grande prise en charge par cette population excédée.


Voir en ligne : L’Aut’Journal - Journal libre et indépendant

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