« La ZLÉA, c’est terminé »

Lula au Congrès de l’ORIT

jeudi 5 mai 2005

Dans un discours prononcé à l’inauguration du Congrès de l’Organisation régionale interaméricaine des travailleurs (ORIT), le Président du Brésil a déclaré que « le projet de création d’une Zone de libre-échange pour les Amériques (ZLEA) ne faisait plus partie de la discussion au Brésil ». « Ce qui est prioritaire pour nous a-t-il dit est l’intégration latino-américaine.

Le Brésil effectivement a recentré son action sur le renforcement du MERCOSUD, sur la Communauté sud-américaine des Nations, tout en jouant un rôle de pivot pour le développement de nouveaux liens « sud-sud », en dehors de l’Amérique du sud. « C’est le seul moyen », selon le Président brésilien, pour diminuer la dépendance envers les économies les plus fortes du monde », celle des Etats-Unis et de celle de l’Union européenne, en particulier. « Bien sûr nous allons continuer à acheter de et à vendre à ses deux puissances, mais le plus important est de construire une complémentarité économique entre nous ».

Lula a précisé que le projet du MERCOSUD ne concernait pas seulement les pays mieux pourvus comme le Brésil et l’Argentine, mais aussi les autres comme le Paraguay et l’Uruguay, « que nous devons aider à se développer ». Il a donné comme exemple de cette intégration le récent accord entre la Banque de développement économique et social du Brésil et la Corporation Andina de Fomento, et dont le but est de financer de vastes travaux d’infrastructure dans tous les pays impliqués, dont un réseau routier qui permettra de lier le Brésil à la Bolivie et au Pérou, et donc l’Atlantique au Pacifique. D’autres travaux envisagés sont des gazoducs en Argentine et au Venezuela.

Pour Lula, le MERCOSUD ne doit pas se limiter aux quatre pays actuellement membres (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), mais s’étendre à toute l’Amérique du Sud. « Nous voulons développer une alliance entre notre continent et l’Union européenne » a-il ajouté. Lula estime aussi que les pays latino-américains doivent changer la donne au sein de l’ONU et avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « Les grandes institutions du monde doivent se réaligner vers des priorités comme la lutte contre la faim », a-t-il déclaré.

Devant l’assemblée de syndicalistes de l’ORIT, Lula a dit qu’il entendait retourner à son milieu d’origine (il a fondé et présidé la CUT) après l’exercice de son mandat présidentiel. Il a ajouté qu’il allait « revenir chez les siens », dans la zone industrielle de Sao Paulo, « pour vivre avec ceux qui sont ma raison d’être, les travailleurs brésiliens ».

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