La Fête des travailleurs, en l’honneur d’une lutte continue !

mercredi 1er mai 2002, par Karl-Stephan BOUTHILLETTE

À travers le monde, on célèbre la Fête des travailleurs et travailleuses le 1er mai. Ainsi, en Europe, en Amérique latine, en Afrique et en Asie, des millions d’hommes et de femmes marcheront dans les rues pour célébrer. En Amérique du Nord, nous serons beaucoup moins nombreux.

En Amérique du Nord, le 1er mai n’a pas la même ampleur que dans le reste du monde, en raison, entre autres, de la confusion entretenue avec la fête du Travail, célébrée le premier lundi de septembre.
Mais, dans les deux cas, c’est le 1er mai 1886 que tout aurait réellement commencé. Les syndicats américains font alors pression en faveur de la journée de travail de huit heures. Un vaste mouvement de grèves se déclenche aux États-Unis. La première grève fait trois morts parmi les ouvriers de la société McCormick, à Chicago. Le lendemain, les choses tournent mal : une bombe explose, tuant sept policiers et en blessant plus de 70 autres. Huit leaders ouvriers sont condamnés malgré des preuves incertaines. Quatre d’entre eux sont pendus.

Trois ans plus tard, la IIe Internationale socialiste, réunie à Paris, déclare le 1er mai jour chômé, en l’honneur des événements de Chicago.

Cependant, pour les syndicats américains, le 1er mai sera dès lors associé à une fête socialiste. La Fédération américaine des travailleurs (FAT) choisira donc en 1884, le 1er septembre (fête du Travail) plutôt que le 1er mai (Fête des travailleurs). Au Québec (plus que dans le reste du Canada), même si nous fêtons la fête du Travail en septembre, le 1er mai est également souligné, mais non chômé, depuis 1970, à l’instigation du Conseil central de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) de Montréal.

La Fête des travailleurs rappelle l’importante contribution sociale des mouvements ouvriers. Ils sont montés au front, non seulement pour obtenir de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés, mais aussi pour l’élimination du racisme et de la discrimination. Ils ne l’ont pas fait seulement pour leurs membres, mais aussi pour la société dans son ensemble. Le 1er mai est donc un moment où l’on prend le temps de s’arrêter pour constater et apprécier les innombrables victoires sociales depuis l’ère industrielle. Sans oublier de continuer la lutte...

Cette année, les centrales syndicales et fédérations étudiantes, collégiales et universitaires célèbreront le 1er mai sous le thème Droits devant. Pour souligner l’événement, des activités se tiendront dans chaque région du Québec. Des revendications concernant la violence, la pauvreté, les conditions de travail, les services publics et la liberté seront émises. Une manifestation débutera à 18 h 30 au parc Lafontaine, et des discours militants seront prononcés tout au long de la journée qui se terminera par une fête au Medley (rue St-Denis) à compter de 20 heures.

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