Documentaire

Hier encore, je t’espérais toujours

jeudi 27 novembre 2008, par Emmanuel Martinez

Hier encore, je t’espérais toujours

De Catherine Veaux-Logeat. Dès le 28 novembre au cinéma Ex-Centris.

Ce documentaire touchant porte sur un amour qui vit toujours malgré la mort, et le vide ressenti lorsqu’un proche disparaît. Cette histoire, c’est celle de la Française Nadine Bari, dont le mari guinéen a été enlevé et abattu par le régime de Sékou Touré. Ces faits, Nadine Bari ne les apprend qu’au fur et à mesure de ses travaux d’investigation auprès des autorités françaises et guinéennes, ainsi que des ordres religieux et des ONG. En tout, une trentaine d’années de recherche sont nécessaires pour qu’elle apprenne la vérité. Un long parcours qui se résume par un beau proverbe peul mentionné dans le film : «  Entends ce que je dis, comprends ce que je n’ai pas dit.  »

Madame Bari fonde, avec dix autres Françaises dans la même situation qu’elle, l’Association des familles de prisonniers politiques de Guinée. Ses efforts la mènent à rencontrer l’ambassadeur français André Lewin qui entre en poste en 1975 à la suite de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. C’est cet homme qui, inspiré par Nadine Bari, va déposer un texte à l’ONU servant de base à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Cette convention a été signée en 2007 par 55 pays, mais la Guinée a refusé de la ratifier.

La ténacité de Nadine Bari lui permet d’obtenir une rencontre avec le dictateur Sékou Touré en visite officielle à Paris en 1982. La veille de cet entretien, dans une entrevue télévisée à une chaîne française, le président de Guinée reconnaît pour la première fois que les disparus sont morts. Le lendemain, Nadine Bari pose un geste qui la rendra célèbre en Guinée : elle refuse de serrer la main du dictateur.

La photographie de ce film sur la Guinée est magnifique. Le montage est habile : on passe d’images de Nadine Bari dans le pays où elle vit aujourd’hui à des documents d’archives qui nous replongent dans les années 1960 et 1970. Ce pays l’habite. Et son amour pour son mari survit. Elle confie que son souvenir disparaît lentement : « J’ai oublié sa voix, mais pas sa peau. »

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