Haïti : Intégrer les produits locaux dans le programme alimentaire

mercredi 24 février 2010, par Angie Joseph

« Il nous faudra assurer, au cours des prochains mois, la nourriture, de l’eau et d’autres services à la population haïtienne qui manque de tout. Il est donc crucial de stimuler la production agricole. » C’est en ces termes que le coordonnateur de la Commission de l’assistance alimentaire, Michel Chancy, a fait ressortir l’importance d’orienter le programme alimentaire vers les produits locaux, lors d’un point de presse, le vendredi 19 février 2010, à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

« Mais pour cela, il y a toute une série de précautions à prendre pour que l’aide alimentaire internationale n’empiète pas sur la production nationale », a poursuivi le secrétaire à l’Alimentation, qui s’est réjoui de la solidarité des différentes institutions spécialisées dans l’assistance alimentaire manifestée à notre endroit dans le cadre de cette démarche.

« Il faut d’abord effectuer de bons calculs et prendre de bonnes décisions à cet effet pour qu’au fur et à mesure la production nationale assure la sécurité alimentaire du pays », estime monsieur Chancy qui en a profité pour annoncer que le Ministère de l’Agriculture est en train de préparer un plan de relance de la production alimentaire nationale estimé à près de 700 millions de dollars et dont l’objectif premier vise à intégrer nos récoltes dans l’assistance alimentaire.

Néanmoins, ce plan a déjà existé avant le séisme, dans le programme de cantine scolaire et de nutrition. « Plus de 500 000 Haïtiens ont bénéficié de ce programme. Et ce nombre a quadruplé depuis janvier 2010. Près 180 mille sacs de riz ont été déjà distribués », selon Gary Matthieu, coordonnateur de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA).

Près de 2 millions de personnes ont besoin de support alimentaire, et lorsqu’on fait un calcul sur les six prochains mois, on aura besoin de près de 105 000 tonnes de produits alimentaires. « De ces 105 000 tonnes, la production nationale peut assurer 53% de la consommation grâce à une série d’investissements réalisés l’année dernière au niveau du système d’irrigation », a expliqué M. Matthieu estimant qu’à partir du mois de juin - sans sous-estimer la période cyclonique - une bonne partie du programme d’assistance alimentaire pourrait être monétisée, conscient de l’incapacité de la production locale à répondre aux besoins de la population. « Dès que la situation sur le terrain le permettra, la CNSA mettra tout son poids dans la balance pour assurer la continuité de la production alimentaire dans le pays. La prochaine saison agricole commence en mars », a-t-il fait savoir en précisant que la destruction des routes, des ponts, des ports de pêche et des infrastructures d’irrigation aura des incidences graves sur la production alimentaire.

La priorité pour la CNSA, selon monsieur Mathieu, est de faire en sorte que la production agricole, après cette terrible catastrophe, puisse contribuer efficacement aux efforts visant à nourrir ceux qui ont tout perdu et qui manquent de tout.

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