HAÏTI : LE SÉISME MONSANTO !

vendredi 14 mai 2010, par Jean-Yves Urfié

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a fait des heureux. La multinationale Monsanto va « offrir » aux paysans haïtiens un cadeau empoisonné : 475 tonnes de semences OGM, sans compter leurs engrais et pesticides, qui seront distribuées gratuitement par le projet WINNER, soutenu par l’ambassade américaine. On croit rêver.

1. Les Haïtiens savent-ils que c’est Monsanto qui fabriquait le défoliant, dit « agent orange », utilisé par les bombardiers américains pendant la guerre du Vietnam, et qui a empoisonné tant de soldats américains et de civils vietnamiens ?

2. Les Haïtiens savent-ils que ces semences sont rejetées comme dangereuses dans beaucoup de pays ? Elles viennent souvent en « kit » où les semences sont accompagnées d’un herbicide de Monsanto appelé « Roundup », qui contient du glyphosate. Dans ma Bretagne natale, ce produit chimique est dénoncé comme polluant les nappes phréatiques. Comble d’imposture, Monsanto présente le « Roundup » comme biodégradable. Ce qui lui vaut un procès intenté par le Service de répression des fraudes de Lyon.

3. Aux États-Unis, une agence fédérale veille sur les questions d’environnement : l’EPA (Environmental Protection Agency). Or, une ancienne dirigeante de Monsanto, Linda Fischer, vient d’être nommée directrice de l’EPA. C’est comme si on mettait une chatte pour veiller sur la santé des souris !

4. Monsanto a déjà commencé à distribuer des semences OGM de maïs dans les régions de Gonaïves, Kenscoff, Pétion-Ville, Cabaret, Arcahaie, Croix-des-Bouquets et Mirebalais. Bientôt, il n’y aura plus que des semences Monsanto en Haïti. Adieu l’indépendance agricole ! Au Brésil, Monsanto vient d’investir 550 millions de dollars pour fabriquer sur place son dangereux herbicide Roundup, dans le nord-est de l’État de Bahia. Heureusement, ce pays semble résister à la multinationale.

5. Monsanto présente ce « don » aux paysans haïtiens comme une aide généreuse. Mais, pour avoir le droit de ressemer après, il faudra payer chaque fois des droits à Monsanto. Signalons que le directeur des opérations en Haïti n’est nul autre que Jean-Robert Estimé, un ancien ministre des Affaires étrangères de Duvalier. Monsanto + Duvalier : un beau duo !


Voir en ligne : Le Devoir

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