Forum social Québécois : de la parole à l’action !

mercredi 23 septembre 2009, par Louis Roy

Depuis 2001, les groupes sociaux et syndicaux qui en ont assez des injustices, du capitalisme arrogant et des pollueurs qui nous assassinent lentement et sûrement, se sont doté de ces espaces de débats que sont forums sociaux et assemblées de mouvements sociaux. Celles et ceux que l’on qualifie d’altermondialistes se réunissent à l’échelle locale, nationale, continentale et mondiale pour construire la voie vers un autre monde possible.

Participer à ces rencontres dynamiques montre bien qu’il existe déjà de multiples alternatives au modèle économique d’exploitation des humains et des écosystèmes.

Réfléchir localement ; agir mondialement !

Les forums sociaux sont des espaces de liberté d’opinion et ils doivent le demeurer. Même s’ils permettent l’accroissement de la conscience collective, ils n’ont pas encore permis de créer une unité d’action porteuse d’un changement. Les mouvements sociaux qui y participent par les assemblées qui suivent les divers forums doivent donc prendre le relais concret des actions nationales et internationales, porteuses du changement recherché.

La force des mouvements sociaux et syndicaux est leur militantisme et leur enracinement dans les communautés. Leur faiblesse repose sur le fait que chaque organisation agit dans sa sphère d’analyse et ne se coalise avec d’autres acteurs progressistes que pour des actions ponctuelles. Nous assistons trop souvent au morcellement des forces vives avec parfois des soubresauts collectifs visant à contrer des injustices plus flagrantes.

Bâtir sur une base commune

Il nous faut donc trouver un fil conducteur commun, soutenu par des actions concrètes et pouvant influer sur les politiques. Convenir d’une déclaration simple, en quelques points, que nous pourrons toutes et tous adopter dans chacune de nos organisations au Québec et sur l’ensemble de la planète. Un « programme politique » auquel nous pouvons tous adhérer et revendiquer dans chacun de nos États. Une vision que nous nous engagerons à disséminer auprès de nos membres et partenaires, que nous mettrons de l’avant et brandirons sur toutes les tribunes auxquelles nous aurons accès. Nous avons besoin d’une constance de tous les instants pour que notre vision s’incarne concrètement. Pour certains d’entre nous, il s’agirait d’un pas que nous n’avons pas l’habitude de franchir ; pour d’autres il ne s’agirait que de mettre l’accent sur une partie de positions déjà adoptées. Mais il s’agirait sans doute d’une première déclaration commune, dûment adoptée sur une base planétaire.

Nous devons mettre de l’avant quelques principes fondamentaux, limités en nombre, sur lesquels nous comptons pour bâtir des sociétés plus justes, où le bien commun et le mieux être des populations constituent des objectifs incontournables :

1. La terre, l’eau, l’air et les ressources naturelles doivent demeurer propriété collective sous la responsabilité des États ;
2. Les services publics sont le moyen privilégié pour assurer une redistribution juste de la richesse collective ;
3. L’économie, régulée mondialement par les États, est au service des communautés dans le respect des droits humains, sociaux et de l’environnement ;
4. La population doit être impliquée activement et constamment dans les choix de société que les gouvernements mettent de l’avant.

À la fois simples mais parfois révolutionnaires, ces principes peuvent constituer une base sur laquelle nous pourrons ensuite élaborer des plans de travail qui correspondront à la réalité de chaque communauté.


Démarrer ce processus au FSQ 2009 !!

L’assemblée des mouvements sociaux, qui clôturera le FSQ d’octobre 2009, constitue l’endroit idéal pour démarrer un mouvement collectif élargi. Les organisations participant au FSQ pourraient s’engager à faire adopter ces principes par leurs membres d’ici septembre 2010. Parallèlement, dans les prochains forums sociaux comme au Mexique (Forum sur le crise – mai 2010), aux États-Unis (Détroit, juin 2010) ou à Asuncion (4e Forum social des Amériques au Paraguay - juillet 2010) ainsi jusqu’au Forum social mondial de janvier 2011 au Sénégal, il faut convaincre le plus d’organisations et d’assemblées des mouvements sociaux possible dans le monde de faire de même.

Convaincre par la parole et l’action qu’un autre monde est possible, voilà le chemin qu’il nous faut emprunter ensemble.


Louis Roy est Premier vice-président de la CSN

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