Crise humanitaire en Haïti

Des interventions rigoureuses pour redresser l’économie, préconisent des secteurs associatifs

mercredi 26 novembre 2008

Le secrétaire exécutif de la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA), Camille Chalmers, appelle la communauté internationale à changer sa politique de coopération avec Haïti, durement frappée en été dernier par des catastrophes naturelles.

En lieu et place des politiques traditionnellement appliquées en Haïti, Camille Chalmers propose « des interventions rigoureuses pour redresser l’économie haïtienne ». Le responsable de la PAPDA estime tardives les annonces faites par les donateurs internationaux pour aider les autorités haïtiennes à gérer les désastres naturels.

Les fonds jusqu’ici promis par la communauté internationale sont très modestes par rapport à la gravité de la situation, selon l’économiste Camille Chalmers, qui dénonce les problèmes de gestion et de coordination de ces fonds destinés aux populations sinistrées.

L’économiste Roland Bélizaire, membre du Mouvement démocratique et populaire (Modep), abonde dans le même sens. Dans cette situation humanitaire, Roland Bélizaire juge indispensable l’aide internationale à Haiti. Ce qui est le plus important, selon lui, c’est la coordination et la gestion de cette aide destinée aux familles sinistrées. Roland Bélizaire opte pour un partenariat plus actif entre les autorités haïtiennes et les donateurs internationaux en vue de permettre aux plus nécessiteux de bénéficier de cette aide humanitaire.

Constatant l’ampleur des dégâts causés par les ouragans Fay, Gustav, Hanna et Ike en août et septembre derniers, le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, a annoncé la semaine dernière la possibilité d’annuler la dette d’Haïti, dont la moitié, soit plus de 500 millions de dollars, a déjà été annulée. Une telle annulation sera possible si Haïti remplit certaines conditions en termes de transparence, de lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance économique.

« Le problème, ce n’est pas la dette, Haïti a besoin de moyens nouveaux », affirme Robert B. Zoellick qui a récemment séjourné dans le pays.

Camille Chalmers voit dans cette annonce de Zoellick « la continuité des programmes routiniers des institutions de Brettons Woods ». Selon l’économiste, le scandale de la dette persiste. Il fait état d’une « augmentation assez substantielle » de la dette haïtienne au cours des dernières années, passant de 1.3 milliard à 1.85 milliard de dollars américains.

De son côté, l’économiste Roland Bélizaire n’attend pas grand-chose de l’annulation de la dette d’Haïti. Bélizaire parle de préférence d’un sursis envisagé au lieu d’une solution aux divers problèmes du pays. La situation socioéconomique du pays risque de s’aggraver, selon Camille Chalmers et Roland Bélizaire, tenant compte des pertes enregistrées durant la saison cyclonique qui a notamment mis le secteur agricole à genou.

La décélération prévue par les autorités haïtienne est évidente, selon Bélizaire qui pense que les conditions socioéconomiques de la population pourraient bien se détériorer, d’autant que la situation pourrait se compliquer avec la crise financière internationale.

Haïti pourrait être parmi les premières victimes de cette crise, selon Camille Chalmers. Les Haïtiens se trouvant à l’étranger pourraient réduire leurs transferts en Haïti à cause de la diminution de leur pouvoir d’achat.

Le dirigeant de la PAPDA appelle les banques haïtiennes à faire preuve de prudence. [do gp apr 28/10/2008 15 :00]


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