DÉCLARATION : Pas de démocratie sans voix !

jeudi 17 juin 2010

Depuis l’arrivée au pouvoir du présent gouvernement canadien, nous assistons à une intensification des attaques contre les institutions démocratiques, les pratiques démocratiques et les droits et libertés qui tendent à vouloir faire taire la voix de toute organisation ou de tout individu qui conteste ou critique les politiques du gouvernement canadien. Pensons au retrait du financement à l’ONG Kairos, à Match International, à plusieurs groupes de femmes et aux menaces pesant sur le Conseil canadien pour la coopération internationale et d’autres organisations. Pensons au congédiement de Linda Keen, présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire ou à celui de trois gestionnaires de Droits et Démocratie.

Élu sur une promesse de plus grande transparence, le gouvernement canadien actuel impose une loi du silence aux agents publics, aux diplomates, aux dirigeants d’agence gouvernementale, aux hauts gradés militaires, aux scientifiques à son emploi. Il interdit au personnel politique des ministres de témoigner devant des commissions parlementaires. Il mine l’indépendance des agents du Parlement tels que la Vérificatrice générale et le Commissaire aux langues officielles. Il modifie les normes de financement de Condition féminine Canada, qui ne permettent plus aux groupes de femmes d’obtenir du financement pour les activités de plaidoyer et de défense des droits des femmes. Il abuse de son pouvoir de prorogation du Parlement.

Si par le passé le Canada a grandement contribué au renforcement de droits fondamentaux et de la démocratie, ce n’est actuellement plus le cas. Les récentes actions du gouvernement canadien contribuent dangereusement à l’affaiblissement de ces droits. Elles ont fait reculer des enjeux aussi fondamentaux que l’égalité des sexes, l’abolition de la peine de mort, la protection contre la torture, les droits des gais et lesbiennes, les droits des femmes, les droits des réfugiés et des personnes immigrantes, les droits des peuples autochtones, pour ne nommer que ces exemples.

Des acteurs sociaux, des institutions démocratiques s’en trouvent affaiblis, voire marginalisés, leur expertise et leur indépendance remises en cause. Les organisations de la société civile voient leur rôle de suivi et leur capacité de défendre les droits et libertés menacés au Canada comme à l’étranger.

Nous unissons aujourd’hui nos VOIX pour dénoncer cet état des faits et demandons au gouvernement du Canada :

  qu’il protège et défende les droits et libertés, en particulier la liberté d’expression, sans parti pris, en situation de paix comme de conflit, au Canada et à l’étranger, ainsi que la place du débat public comme fondement de la vie démocratique

  qu’il fasse preuve de transparence et réponde aux demandes d’information du parlement et de la population

  qu’il respecte les institutions démocratiques canadiennes, qu’il mette fin à ses manœuvres pour court-circuiter les débats au Parlement canadien et qu’il respecte les décisions de ce dernier

  qu’il reconnaisse et qu’il respecte le rôle essentiel, l’expertise et l’indépendance des organisations de la société civile québécoises et canadiennes pour la défense des droits et libertés et en faveur d’une plus grande justice sociale, tant au Canada qu’à l’international, et ce, notamment en maintenant le financement de leurs activités

  qu’il mette en place un processus coordonné de surveillance de la mise en œuvre des obligations internationales du Canada en matière de droits de la personne qui puisse assurer l’imputabilité en y impliquant tous les niveaux de gouvernement ainsi que la société civile et les peuples autochtones.

  qu’il cesse de financer et d’entretenir des liens étroits avec des groupes religieux fondamentalistes

Organisations signataires

Alternatives
L’Alliance de la Fonction publique du Canada - Région du Québec (APFC Québec)
Amnistie internationale, Canada francophone
Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
Centre justice et foi
Centre international de solidarité ouvrière (CISO)
Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL)
Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Entraide missionnaire (EMI)
Fédération des femmes du Québec
Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
Ligue des droits et libertés
Solidarité Laurentides Amérique centrale

On peut lire la déclaration intégrale et obtenir la liste complète des organisations signataires sur le site de pasdedemocratiesansvoix.qc.ca

Vous avez aimé cet article?

  • Le Journal des Alternatives vit grâce au soutien de ses lectrices et lecteurs.

    Je donne

Partagez cet article sur :

  •    

Je m’abonne

Recevez le bulletin mensuel gratuitement par courriel !

Je soutiens

Votre soutien permet à Alternatives de réaliser des projets en appui aux mouvements sociaux à travers le monde et à construire de véritables démocraties participatives. L’autonomie financière et politique d’Alternatives repose sur la générosité de gens comme vous.

Je contribue

Vous pouvez :

  • Soumettre des articles ;
  • Venir à nos réunions mensuelles, où nous faisons la révision de la dernière édition et planifions la prochaine édition ;
  • Travailler comme rédacteur, correcteur, traducteur, bénévole.

514 982-6606
jda@alternatives.ca