Journal des Alternatives

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D’apartheid et de violence

Catherine Pappas, 12 juillet 2019

L’arrivée. À l’aéroport de Colombo, j’observe les bagages tourner sur la courroie — toutes un peu écorchés par le voyage — et j’essaie d’imaginer ce que contient chacun d’eux. De vieux vêtements, des parfums délicats, des appareils électroniques qui portent des rêves à échéance plus ou moins lointaine. Ma valise termine son troisième tour avant que je me décide d’interrompre sa trajectoire. La prochaine fois, il faudrait bien que j’attache un petit ruban rouge, vert ou jaune autour de la poignée, ou un quelconque signe distinctif pour m’aider à la reconnaître.

Le tableau près du carrousel affiche un autre vol en provenance de Doha qui a atterri à peine une heure plus tôt, indice de l’achalandage sur le trajet entre Doha et Colombo. En plus du textile, du thé et des épices, des diamants, des émeraudes et des rubis, des produits de la noix de coco, du caoutchouc et du poisson, le Sri Lanka exporte une main- d’œuvre bon marché vers le Qatar et d’autres pays du Golfe. On compte quelque deux millions de Sri Lankais et de Sri Lankaises à travailler dans la région, issus pour la majorité de milieux pauvres et marginalisés. Les raisons évoquées pour partir sont nombreuses : sortir la famille de l’endettement, accéder à la terre, offrir une éducation aux enfants ou une dot à leur fille, ou encore construire une maison. Dans la plupart des cas, le retour au pays — du moins, pour ceux et celles qui réussissent à revenir — est pour le moins décevant.

Recrutés par des agences qui agissent à titre d’intermédiaires, les travailleurs migrants sont sujets au régime de la kafala, un système de parrainage qui définit à la fois les modalités du permis de résidence et les conditions de travail, les assujettissant à une sorte d’esclavage contemporain. Près de la moitié sont des femmes embauchées principalement comme domestiques, bien que leurs tâches dépassent généralement les clauses du contrat ; ces travailleuses sont souvent victimes de maltraitance, y compris de violence sexuelle.

Par ailleurs, les syndicats sont interdits dans la plupart des pays de la région et, là où ils existent, les étrangers n’ont pas le droit d’y adhérer. En l’absence de toute réglementation, la kafala laisse libre cours aux violations des droits de la personne et à l’érosion du Code du travail.

Pour le Sri Lanka, la main-d’œuvre étrangère représente l’une des principales sources de revenus. À eux seuls, les transferts de fonds faits aux familles génèrent quelque sept milliards de dollars (USD) par année, ce qui représente environ 8 % du PIB. On préfère donc fermer les yeux sur les conditions et les risques du métier. Ce sont là les dommages collatéraux d’une économie de plus en plus globalisée.

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Jour 1. 30 juin 2019. Une croix blanche pendille au rétroviseur de la voiture qui m’amène au Ocean View Tourist Guest House, à Negombo. Ma chambre est simple, mais propre, et dispose d’un balcon qui, si ce n’était pas pour les bâtiments de l’autre côté de la rue, me donnerait une vue sur l’océan Indien. Petite ville portuaire à quelque quarante kilomètres de Colombo, Negombo sert de halte balnéaire sur le chemin vers l’aéroport. Mais ces jours-ci, les sites touristiques sont déserts.

Le matin, Mark Thamel, propriétaire de l’auberge, me parle des attentats-suicides qui, le 21 avril dernier — dix ans après le cessez-le-feu, presque jour pour jour —, ont fait plus de 350 morts dans des hôtels de luxe et des églises du pays, principalement à l’église de Saint-Sébastien à Negombo. En quelques heures, cette nouvelle a lancé une onde de choc dans tout le pays et, comme un deuxième tsunami, a secoué les bases déjà fragiles d’un pays multiconfessionnel et multiculturel. Personne ne s’y attendait, malgré des symptômes qui auraient pu annoncer le drame.

Aussitôt, on a constaté l’effondrement du tourisme dans cette petite ville qui en dépend grandement, ainsi que la montée des tensions intercommunautaires. « Aujourd’hui, on ne fait plus confiance à ses voisins, se désole-t-il. Jusqu’ici, Negombo était restée en retrait des conflits qui traversent le pays. C’est une ville de pêche, et les pêcheurs n’ont jamais voulu se mêler de politique. Mais les attentats ont éveillé les soupçons et altéré de vieilles amitiés. »

Après le petit déjeuner, je descends voir la mer. Des vagues géantes se brisent sur les côtes comme si des créatures monstrueuses brassaient les fonds marins. Je m’assois sur le sable et j’observe le mouvement des crabes. Ils ressemblent curieusement à des chauves-souris sans ailes. Dès qu’ils perçoivent mon ombre sur eux, ils creusent un trou et disparaissent.

Je pense à une légende que m’a racontée plus tôt l’aubergiste à propos d’un premier tsunami survenu sur l’île deux mille ans plus tôt, bien avant l’invention du mot « tsunami ».

Pour punir l’infidélité de son épouse, le roi Kelanitissa donna l’ordre de faire bouillir dans l’huile un moine bouddhiste innocent. Furieux de cette condamnation injustifiée, les dieux du Sri Lanka laissèrent la mer s’abattre sur l’île et les vagues atteindre quarante kilomètres à l’intérieur des terres. Pour calmer le courroux des dieux et sauver le reste du royaume, on proposa alors d’envoyer la princesse Devi (pieuse et belle, comme le sont toutes les princesses des légendes) qui accepta aussitôt le sacrifice sans hésiter. Dès que son navire prit la mer, les vagues se retirèrent et, fin plutôt inusitée, la belle princesse fut épargnée (puis, évidemment, elle se maria et donna naissance à un roi héroïque). « C’est peut-être juste une histoire », m’avait dit monsieur Thamel, l’air hésitant, « mais certains y croient. Moi, je n’en sais rien. »

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De 1983 à 2009, la guerre civile au Sri Lanka a opposé la majorité cinghalaise de confession bouddhiste à la minorité tamoule représentée par les Tigres de libération de l’Îlam tamoul (LTTE), tandis que chrétiens et musulmans cohabitaient en paix.

Six ans après le cessez-le feu, en octobre 2015, le pays s’engageait devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à établir une justice de transition. Or ce processus n’a toujours pas abouti, ce qui contribue inévitablement à un climat d’impunité et à la montée des tensions ethniques et religieuses. C’est ce que m’explique Herman, directeur du National Fisheries Solidarity Oganization (NAFSO), une association nationale de pêcheurs qui travaille avec des groupes marginalisés dans plusieurs régions du pays, et un partenaire d’Alternatives.

À la fin du conflit, on a eu besoin d’un nouveau bouc émissaire pour détourner l’attention du processus de réconciliation et éviter de rendre des comptes sur des crimes relevant du droit international. Pendant les années de l’après-guerre, le gouvernement a donc choisi de fermer les yeux sur les agressions perpétrées par des extrémistes bouddhistes contre la minorité musulmane, quand il ne les a pas directement encouragées.

Le début des enquêtes a montré que les services secrets avaient été prévenus de l’imminence des attaques, mais qu’aucune mesure n’avait été prise pour les empêcher. De la même façon que le gouvernement n’a rien fait pour arrêter les actes de représailles contre des maisons, des boutiques et des lieux de culte musulmans au lendemain des attentats. Des figures extrémistes au sein même du gouvernement ont plutôt choisi de s’appuyer sur le discours islamophobe ambiant pour attiser les tensions.

Herman se rétablit tranquillement d’un infarctus survenu quelques semaines après les tristes événements d’avril. Il semble préoccupé pour l’avenir de son pays et pour la liberté que lui et d’autres militants ont arrachée péniblement en 2015, lors de la défaite du gouvernement de Rajapkasa, celui qui avait dirigé la sanglante campagne militaire contre les Tigres tamouls.

Pendant quelques années, les gens avaient l’impression que la liberté était à leur portée s’ils y croyaient suffisamment. Lui aussi y a cru un certain temps, même si le gouvernement continuait ses arrestations arbitraires, comme celui de l’écrivain Shakitka Satkumara en avril dernier, pour avoir publié une nouvelle sur Facebook jugée blasphématoire. Aujourd’hui, la liberté est sérieusement compromise. Avec l’état d’urgence qui perdure, le gouvernement renforce les contrôles et la surveillance.

Jour 2. 1er juillet 2019. Avant de partir pour les trois jours de formation [1] dans la région montagneuse de Kandy où se concentrent les principales plantations de thé, nous bravons la congestion de Colombo afin de rencontrer brièvement des membres du People’s Alliance for Right to Land (PARL), un réseau de petites associations, d’avocats et d’autres militants qui travaillent sur les droits fonciers. Récemment, PARL a mis sur pied une Commission populaire en vue d’établir une politique du peuple sur le droit à la terre.

Dix ans après la fin de la guerre civile, l’armée continue de violer systématiquement les droits fonciers de la population, en particulier dans les zones occupées du nord et de l’est du pays. Par conséquent, des milliers de personnes n’ont plus accès à leur terre ni à la mer. Au nom de la sécurité nationale, les terres sont confisquées et les gens déplacés, sans leur consentement, et relogés ailleurs, sans égard pour leurs moyens de subsistance ; nombreux sont forcés de vivre dans des campements et des abris temporaires où ils n’ont aucune source de revenus. Les conditions des femmes, dont plusieurs ont perdu leur mari pendant la guerre, sont particulièrement difficiles.

Au-delà de la militarisation des terres, l’accaparement à des fins économiques est un problème encore plus pernicieux. Depuis la fin de la guerre, la pression exercée par les agences multilatérales et la volonté de créer une main d’œuvre bon marché pour rendre l’économie plus compétitive entraînent le pays dans la voie des mégaprojets. Les régions côtières sont particulièrement prisées en raison de leur potentiel économique et touristique. Avec l’aide d’investissements étrangers, le gouvernement exproprie des populations pour aménager des centres touristiques de grande envergure, parfois sans même indemniser les personnes affectées. Ces terres, souvent placées sous contrôle militaire, sont décrétées d’utilité publique, tandis qu’elles ne profiteront en rien aux populations affectées.

Au moyen de cette stratégie, le gouvernement cherche aussi à élargir sa zone franche qui emploie actuellement des centaines de milliers de personnes, principalement dans l’industrie textile. Depuis 1977, dans le cadre du programme d’ajustement structurel de la Banque mondiale, le pays veut promouvoir les exportations et mieux intégrer l’économie mondiale. Mais dans ces espaces où règne la loi de l’optimisation et du profit, les conditions de travail sont précaires. Formée d’une écrasante majorité de femmes, la main-d’œuvre demeure généralement sans contrat, avec peu de chance de se syndicaliser, et risque le licenciement si elle ne se soumet pas à toutes les exigences de l’employeur. Plus de 41 % des travailleuses affirment qu’elles sont forcées de travailler plus de neuf heures supplémentaires par jour dans des conditions insalubres. Les violences physiques et sexuelles sont fréquentes.

Jour 3. La formation. Pendant trois jours, à partir de 9 h 30, je parle de gestion axée sur les résultats, d’extrants, d’intrants, d’indicateurs de développement, de théorie de changement, de suivi et d’évaluation. J’explique les termes en anglais, qui seront traduits ensuite en cinghalais et en tamoul. Dans l’autre sens, les questions repassent du cinghalais et du tamoul vers l’anglais. Il ne faut surtout pas oublier de changer le casque d’écoute selon l’interlocuteur, s’il parle cinghalais ou tamoul, familles linguistiques complètement différentes, la première indo-européenne et l’autre dravidienne.

Ce sont des systèmes bien précis, un langage lourd et bureaucratique. Néanmoins, l’important est de bien le maîtriser et de saisir les nuances du jargon afin de mieux faire part des résultats, et ainsi justifier la générosité des pays du Nord.

Pendant l’un des exercices menés en petit groupe, le coordinateur de NAFSO, issu d’un district de l’est du pays, me demande avec éloquence : « Si je dis que de femmes sont sorties manifester contre l’accaparement de leur terre, je montre que nous avons réussi. Je peux donc écrire ça, comme indicateur ? » J’hésite… « Oui, évidemment, mais pas tout à fait. »

Il faut suivre la formulation prescrite, montrer de véritables résultats, qu’on sera capable de mesurer, d’analyser et de documenter. Il faut rester simple, rationnel, réaliste, clair et précis. Lors d’une prochaine formation, je pourrais citer ce merveilleux passage de Saint-Exupéry à propos d’un astronome turc qui découvre l’astéroïde B612, mais qui doit s’habiller à l’Occidental avant d’être pris au sérieux. Il faut parler pour que les grandes personnes comprennent.

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Jour 4. Apartheid climatique. Le matin, je déjeune avec Rajeen qui coordonne le réseau contre l’accaparement des terres chez NAFSO. Pendant la formation, il assure l’interprétation de l’anglais au tamoul et du tamoul à l’anglais. À plusieurs reprises, il me prie de ralentir mon débit. « Pour traduire vers le tamoul, je dois commencer par la fin, plaide-t-il, et je dois essayer de trouver le bon terme pour exprimer des notions assez complexes ». Je lui promets de parler moins vite. Je me demande comment se dit « résultat intermédiaire » et « indicateur » en tamoul.

Rajeen est né sur l’une des plantations de thé où avait travaillé son grand-père il y a longtemps. « Le thé de Ceylan est réputé dans le monde entier, dit-il, mais les conditions des gens qui y travaillent n’ont jamais été faciles ». Avant de s’engager auprès de NAFSO, il soutenait des travailleuses et des travailleurs des plantations qui luttaient pour le respect de leurs droits.

« Il y a trois sortes de terrorisme, me dit-il. En premier lieu, celui perpétré par les gouvernements contre la population par la violation de leurs droits et la fragilisation de leurs moyens de subsistance. Ensuite, il y a celui mené par la population pour se défendre de la violence du gouvernement. Puis, celui du gouvernement pour punir la population qui revendique ses droits. En général, lorsqu’on pense au terrorisme, on ne reconnaît que la deuxième forme, celui de la population qui lutte pour ses droits. »

Sa femme et sa fille vivent près de Kandy, à quelques kilomètres d’où se déroule la formation. « Depuis trois jours, me dit-il, il n’y a plus d’eau pour se doucher ni pour boire.

– Jusqu’à quand ?

— On ne sait pas. On ne le sait jamais. Mais, ici, nous avons l’habitude des inondations et des sécheresses. »

La semaine dernière, les Nations Unies publiaient un rapport qui est passé presque inaperçu dans les médias. En face des discours dominants où il est question de faire « sa juste part pour l’environnement », Philip Alston, Rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, oppose une autre vision, celle d’un apartheid climatique. D’un côté, avance-t-il, il y a les plus riches qui ont les moyens financiers pour s’adapter aux changements climatiques et, de l’autre, il y a les plus pauvres qui les subissent de plein fouet.

En mai 2017, des inondations et des glissements de terrain ont fait plus de 200 morts et quelque 600 000 personnes déplacées dans les régions du sud et de l’ouest de l’île. Après Porto Rico, le Sri Lanka occupe le deuxième rang de l’indice du risque climatique 2019. Hélas, la majorité de la population n’aura d’autre choix que de subir.

Jour 5. Il pleut sur Negombo. Une pluie drue qui arrive sans avertir et qui s’arrête presque aussitôt. Pendant un instant, j’ai l’impression que tout le monde souffle un peu. Dans la voiture vers Colombo, la radio passe un classique country d’Alabama : Well today it’s the same, no matter where you go/If you’re gonna stay ahead you’ve gotta stay on your toes/You’ve gotta be a winner, don’t believe in defeat/If you keep food on the table and shoes on your feet.

Le Départ. Samedi matin, avant mon dîner avec Herman, je décide de m’éloigner un peu plus de l’auberge et du quartier touristique pour trouver des bâtons de cannelle et des cuillères en noix de coco brut. Avec seulement quelques roupies dans les poches, j’ai tout intérêt à ne pas me perdre. La marche m’a toujours aidé à réfléchir, à prendre le pouls d’une ville et à m’ouvrir à ses habitants. Il reste qu’elle se manifeste différemment sous un soleil brûlant.

À Negombo, les églises côtoient les mosquées, les temples bouddhistes et hindouistes. Malgré les tentatives de diviser le pays en fonction de lignes ethniques et religieuses, tout finit par se confondre : les dieux, les saints patrons et leurs mythologies.

Depuis mon voyage en 1999, il y a eu le tsunami, la fin de la guerre, un processus de paix et des pluies diluviennes. Mais j’ai parfois l’impression que rien n’a vraiment changé. Dans la lagune de Negombo, les mêmes pêcheurs en lungui tirent leurs filets de pêche. Et, sur les murs des boutiques de photographes qui longent la rue principale du marché, je revois les mêmes visages, figés et solennels, fixant l’objectif, comme à l’époque où l’exigeaient les longs temps de pose des appareils. Les photos semblent un peu jaunies par le soleil et l’air salin.

Partout, les téléphones intelligents et les tuk tuk version Uber donnent l’impression d’objets anachroniques, l’erreur d’une scripte dans un film d’époque qui décrit un monde d’avant. Entre le centre et la périphérie, les inégalités structurelles subsistent et se creusent, visiblement.

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Le retour. Colombo-Doha-Montréal. À l’approche de l’aéroport, des enfants avec des lunettes et des mitraillettes jouent au soldat. Les voitures sont arrêtées, fouillées. Le chauffeur sa carte d’identité, moi mon passeport. Des figures d’autorité qui nous rendent nerveux, forcément.

Avant l’embarquement, je repense à tout ce qui reste après chaque voyage. La saveur de la noix de coco dans les chutneys du petit déjeuner, le thé sucré agrémenté d’un délicat parfum de gingembre, la terre rouge, la mer immense, les nuances du ciel dès qu’on arrive à Kurunegala, ville-jonction entre Colombo, Kandy et Negombo. Mais surtout, la richesse des rencontres et des nouvelles amitiés.

Dans le vol de Qatar Airways, on passe en boucle la dernière publicité de la Coupe du monde de football que le Qatar accueillera en 2020. Des images à l’esthétique léchée qui parlent de solidarités et de rêves. Pendant ce temps, six jours sur sept, sous des températures qui dépassent souvent les cinquante degrés, mais toujours à l’ombre des regards, des travailleurs étrangers s’activent sur le chantier du stade Khalifa, à Doha.

Le lendemain matin, pendant mon transfert entre le Crowne Plaza du centre-ville et l’aéroport Hamad International (frais d’escale offerts généreusement par Qatar Airways), j’observe la capitale qui se réveille. Les rues sont vides et impeccables. Si propres, malgré la poussière du désert. Les châteaux à l’architecture traditionnelle côtoient des tours majestueuses et des édifices avant-gardistes construits par les plus grands architectes du monde. En bord de mer, le soleil se lève et caresse des bateaux de pêche amarrés, comme pour évoquer un autre temps.

Doha, la magnifique, ressemble à ces cités anciennes, édifiées à la sueur des esclaves. Une cité parfaite où s’activent, dans l’indifférence du monde entier, des femmes et des hommes parmi les plus pauvres de la planète, dans l’atteinte de cette perfection. Une perfection qui fait violence.


[1] [1] La mission réalisée du 29 juin au 7 juillet 2019 visait à soutenir un projet mis en œuvre par le National Fisheries Solidarity Oganization (NAFSO), et financé par la Fondation Léger. La mission avait comme mandat principal d’offrir à l’équipe de NAFSO une formation de trois jours sur la gestion axée sur les résultats.

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