Contre-sommet nucléaire iranien

mardi 20 avril 2010, par Jean-Marie Collin

Après l’organisation par la France d’une Conférence internationale sur l’accès au nucléaire civil (8 mars), la tenue à Washington d’un Sommet sur la sécurité nucléaire (12/13 avril), voilà la Conférence internationale qui fait le lien entre les deux : The Nuclear Energy for All, Nuclear Weapons for No One, organisée les 17 et 18 avril 2010 par.... l’Iran .

Les iraniens ont voulu faire entendre leur voix sur le dossier du désarmement et de l’accès à l’énergie nucléaire. L’Irak, la Syrie, le Liban, Oman, l’Arménie, le Turkménistan, la Centrafrique et le Swaziland ont envoyé leur Ministre des Affaires étrangères, également présents les vice-ministres de Russie, du Qatar et des Emirats Arabes Unis et un « assistant spécial du ministre chinois des Affaires étrangères ». Côté organisation internationale l’AIEA, l’ONU ont envoyé une délégation, comme le Président de l’Organisation de la conférence islamique. Différentes ONG et Think-tanks semblent avoir également pris part à cette conférence. Israël, les Etats-Unis et les européens n’ont pas été invités

Le président iranien a dans son discours d’ouverture avancé différentes propositions :

* Créer un « organe international indépendant » chargé de lutter contre la prolifération nucléaire. Cet organe disposerait des pleins pouvoirs donnés par l’Assemblée générale de l’ONU.
* Suspendre les « Etats ayant l’arme nucléaire, ceux l’ayant utilisée ou ceux ayant menacé de l’utiliser » de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
* Réviser le TNP « par les pays indépendants ne possédant pas d’armes nucléaires, la présence des puissances atomiques empêchant l’élaboration d’un traité équitable ». Ali Asghar Soltanieh, représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, espère que cette proposition ouvrira la voie à des discussions lors de la conférence de révision du TNP (3/28 mai). Le responsable iranien a souligné, que son pays pouvait jouer « un rôle significatif sur l’issue de la prochaine conférence sur le TNP ».

Ali Khamenei, Guide suprême iranien, a largement axé son discours sur les Etats-Unis, « l’unique criminel atomique dans le monde, [qui] se prend pour l’avocat de la lutte contre la prolifération nucléaire » comme sur les autres puissances nucléaires : « L’insistance des Etats à maintenir, à augmenter et à promouvoir la capacité destructrice de ces armes, qui n’ont d’autre fonction que de semer la terreur collective et de créer une sécurité fictive, n’ayant aucune garantie de destruction collective, basée sur une puissance dissuasive, laisse planer le spectre d’un cauchemar nucléaire permanent sur le monde ». Bien évidemment, il mit l’accent sur les effets bénéfiques de l’atome et au droit à chacun d’en disposer « Il se pourrait que l’un des objectifs consistant à semer le trouble dans le climat entourant le programme nucléaire civil de la République islamique d’Iran, vise à empêcher les nations de la région à accorder un intérêt sérieux à leur droit naturel et précieux ».

Le Vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Rybakov, a appelé une nouvelle fois l’Iran à de plus grandes mesures de confiance et de transparence pour dissiper les inquiétudes internationales sur son programme nucléaire : « Nous avons besoin de réinstaller une confiance totale dans la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien ». Cheng Guoping, Ministre assistant des Affaires étrangères, a réitéré la position chinoise, d’une neutralité parfaite : « La Chine respecte toujours la politique de non-recours en premier aux armes nucléaires, elle ne participe à aucune forme de course aux armements nucléaires ». Pékin, demande que tous les Etats respectent « les devoirs stipulés » dans le TNP et que chaque pays doit disposer du droit d’utiliser l’énergie nucléaire pacifique…

AIEA ; « les collaborateurs de cette Agence ont fréquenté l’Iran 4 500 fois » selon Manouchehr Mottaki, chef de la diplomatie iranienne qui a profité de cette conférence pour annoncer que la question de l’échange de l’uranium faiblement enrichi iranien contre du combustible enrichi à 20% (nécessaire au réacteur de recherche TRIGA fourni par les États-Unis en 1967), sera discuté à la fin de ce mois, avec les membres du Conseil de sécurité de l’ONU.

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