Bon baisers de Goma

mardi 1er octobre 2002, par Charles MUGIRANEZA

Quelle désolation quand on a connu la ville de Goma la veille du 17 janvier. Comme si le conflit régional qui sévit dans l’Est du Congo depuis maintenant quatre ans n’était pas suffisant, l’année 2002 aura été de toutes les catastrophes naturelles.

Le 17 janvier 2002, le volcan Nyiragongo s’est ouvert sur son flanc sud et, après une éruption confinée aux alentours de Munigi en matinée à partir de 17 heures, la lave est sortie de plusieurs fissures et a englouti le centre-ville de Goma et plusieurs quartiers coupant la ville en deux.
Après avoir été rassurée au matin, les populations ont été prises de panique lors de la deuxième coulée de lave.

Les premiers à fuir dans leurs voitures et camions étaient les militaires de la MONUC (Mission des Nations unies pour le Congo), ils étaient suivis par le gros du bataillon des ONG internationales, et un peu plus tard, par les 500 000 habitants de la ville de Goma dont la quasi-totalité ont dû fuire à pieds.

Quelques semaines plus tard, dans la nuit du 6 au 7 février, ce fut le tour du Sud Kivu, dans les environs d’Uvira, où une forte pluie s’est déversée sur le versant est du mont Mitumba en faisant déborder la rivière Kamangola et par la suite se transformant en forte avalanche emportant des pierres pesant jusqu’à 500 kg. Sur leur passage, plus d’une centaine de maisons ont été démolies, 120 personnes tuées, dont 25 sont encore sous les décombres par défaut de moyen pouvant dégager ces immenses rochers.

Bien entendu, ici, chez nous, personne n’a jamais entendu parler des dégâts de la rivière Kamongola, aucun média n’en a fait écho. Les raisons sont multiples, difficiles à invoquer dans un si court texte, mais le résultat est que la population d’Uvira a subi les revers de la Kamongola dans l’anonymat absolue et dans l’indifférence totale de la communauté humanitaire.

Au lendemain de toutes ces catastrophes, rien n’a pu empêcher les Congolais de l’Est de retrousser leurs manches et rebâtir courageusement leur région.
L’actuelle mission dont Alternatives fait partie, dans l’Est de la RDC, veut comprendre le pourquoi de cette indifférence mais aussi comment les différents intervenants peuvent collaborer pour mieux subvenir aux besoins des populations sinistrées.


L’auteur est chargé de projets Afrique pour Alternatives.

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