Roman

Bel Canto

De l’auteure américaine Ann Patchett

jeudi 31 octobre 2002, par France-Isabelle LANGLOIS

En décembre 1996, le groupe Tupac Amaru a fait irruption dans la résidence de l’ambassadeur du Japon à Lima au Pérou. C’est cet événement qui aura inspiré l’écrivaine américaine Ann Patchett pour son dernier roman, Bel Canto.

Quelque part en Amérique du Sud, une grande réception est donnée à la résidence du vice-président. Des dizaines de diplomates et industriels de toutes nationalités sont présents à cette soirée, donnée en l’honneur du richissime industriel japonais M. Hosokawa.

L’homme a été invité plusieurs fois dans ce pays, mais c’est la première fois qu’il accepte de s’y rendre. C’est que, pour le convaincre enfin, on n’a pas hésité à inviter également la célèbre cantatrice Roxane Coss à venir chanter en son honneur. Elle est l’idole vénérée de M. Hosokawa qui ne jure que par l’opéra. Toute l’assistance est médusée par la voix de la chanteuse. Alors que s’achève la dernière note, une dizaine d’hommes à l’allure de guérilleros investissent la salle. C’est une prise d’otages, ils veulent le président. Mais celui-ci a préféré demeurer chez lui, ne pouvant se résoudre à manquer un épisode de son feuilleton quotidien favori. À défaut, ce sera l’ensemble des hommes présents et la belle cantatrice que les assaillants décideront de séquestrer avec eux dans cette somptueuse demeure.

Débute alors une longue cohabitation qui s’éternisera au-delà de deux mois. Entre les otages, entre les guérilleros et entre les deux camps se tissent de drôles de relations. Des habitudes de vie s’installent, de nouveaux codes prennent forme, si bien que tous semblent perdre la notion de la réalité, ne se sentant presque plus concernés par ce qui se déroule à l’extérieur. Certains otages commencent à se demander s’ils ont envie réellement de sortir. En tout cas, leur vie ne sera plus pareille.

Pendant ce temps, la maison du vice-président - qui joue désormais les bonnes à tout faire, s’occupant du mieux qu’il peut de ses invités - devient le microcosme d’un monde bigarré où l’on parle grec, russe, allemand, français, italien, japonais, anglais, espagnol...

Un beau roman qui se lit d’un trait et où l’on se laisse envahir sans s’en rendre compte par l’atmosphère d’un monde où le temps s’est arrêté, où la vie passe lentement dans une quiétude incertaine.


BEL CANTO, d’Ann Patchett, traduit de l’anglais (États-Unis) par Oristelle Bonis, Paris, Éditions Rivages, 2002 (2001, pour l’édition américaine), 371 pages.

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