Forum social mondial

Bamako, c’est parti !

samedi 21 janvier 2006, par Michel LAMBERT

Hier après-midi, 19 janvier 2006, c’est par une marche festive et militante que s’est ouvert le Forum social mondial, dont la première étape se tient pour la première fois cette année en terre africaine, dans la capitale malienne.

Non au néolibéralisme », « L’Afrique n’est pas pauvre, mais on l’appauvrit », ou encore « l’Afrique n’est pas une marchandise à vendre » : depuis jeudi, la capitale malienne est « badigeonnée » aux couleurs de la grande kermesse annuelle des opposants à la mondialisation. Des milliers de participants venus de quatre coins du globe ont eu du mal à se loger. Mais, à la guerre comme à la guerre, domiciles privés et autres habitations de fortune ont été sollicités.

Cette année vont donc résonner pendant cinq jours à Bamako, puis à Caracas au Venezuela, et enfin à Karachi au Pakistan (on l’espere !), les tambours des altermondialistes d’un Forum social mondial (FSM) qui se veut cette fois-ci « polycentrique ».

Le ton a donc été donné par cette grande marche « pour un autre monde » qui a réuni entre 5 et 7000 personnes selon les sources. Dans leurs tenues d’apparat, les membres de la confrérie des chasseurs traditionnels communément appelés les « dozos », ont pris la tête du cortège. Sur les banderoles et des calicots, la littérature altermondialiste fleurit : « Mondialisons la paix », « l’Afrique peut se nourrir », « Tuer la pauvreté, pas le coton africain », pouvait-on notamment lire. Plusieurs associations de producteurs de coton participaient justement à la marche. Vêtus de cotonnade, fruit de leur travail, ils scandaient : « Subventions : à bas ! », en référence aux subventions des pays développés à leurs cotonculteurs. La marche, sans débordement, s’est achevée dans la soirée par un meeting dans un stade bamakois.

Promotion de la démocratie et fardeau de la dette

Très rapidement, les travaux se poursuivront en ateliers, sur une dizaine de sites aménagés dans la capitale malienne. Dans le collimateur des participants : les mécanismes ravageurs de la « mondialisation néolibérale ». Il y a plusieurs centaines de thèmes, mais en réalité le sommet s’articulera sur deux axes majeurs : la promotion de la démocratie dans les pays du Sud et le fardeau de la dette, fruit du libéralisme sauvage institué par les pays riches.

Mais les critiques habituelles envers cette Afrique qui mobilisent mal se font déja entendre du coté de ceux du nord qui aiment la fustiger... Interrogé par un journaliste de l’AFP, un participant nigérien s’est vu demander ses commentaires sur l’"échec" du Forum social de Bamako !....

Mais qu’on ne s’y trompe pas, sur un continent martyrisé, dépouillé, premier sacrifié sur l’hôtel des plans d’ajustement structurel des institutions de Brettons Woods, voir Bamako relever le défi du FSM, c’est déjà une grande victoire en soi.

Portfolio

À propos de Michel LAMBERT

Co-fondateur en 1994 puis Directeur général d’Alternatives entre 2007 et 2020, Michel Lambert fut Président de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale de 2017 à 2020. Il a travaillé au rapprochement des groupes et organisations de la société civile, d’ici et d’ailleurs pour la promotion des principes de la démocratie, de l’égalité et de l’équité pour tous.

Il a tour à tour développé plusieurs des programmes de solidarité internationale d’Alternatives en plus de lancer et animer de multiples campagnes de justice sociale au Québec et au Canada. Il a dirigé l’antenne d’Alternatives en République démocratique du Congo entre 2002 et 2005 avant de prendre la direction de l’organisation en 2007.

Michel Lambert fut membre du Conseil de Gouvernance d’Alternatives International , du Conseil d’administration d’Alliance syndicats et tiers-monde. Il a aussi été membre des Conseils de l’AQOCI entre 2009 et 2013, de l’Association pour le progrès des communications (APC) entre 2008 et 2011 puis entre 2017 et 2020 et de Food Secure Canada entre 2009 et 2012

Il a représenté Alternatives au Conseil International du Forum social mondial et au sein de diverses coalitions québécoises et canadiennes dont notamment, les coalitions Pas de démocratie sans voix, Voices/voix. le Réseau québécois de l’intégration continentale - RQIC et plus récemment au comité de coordination du Front commun pour la transition énergétique .

Michel Lambert a joué un important rôle de mobilisation et de construction lors du Forum social des peuples tenu à Ottawa en août 2014 .

En 2018, il confondait Cultiver Montréal, le réseau des agricultures montréalaises.

En 2020, il a contribué à la création du FISIQ, le Fonds d’investissement solidaire international du Québec.

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