Autre mystère dans le plan stratégique d’Hydro-Québec

mardi 4 août 2009, par Michel A. Duguay, Philippe Giroul

Hydro-Québec a créé un autre mystère en ne précisant pas le petit entrefilet de son aide-mémoire pour son nouveau plan stratégique 2009-2013 : « Réaliser les projets de construction et de réfection d’Hydro-Québec Production et d’Hydro-Québec TransÉnergie en conformité avec les échéanciers et les budgets prévus. »

Cela crée une part de mystère pour ce qui touche la reconstruction/réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 annoncée le 19 août 2008. Le montant prévu par Hydro-Québec en 2008 était de 1,9 milliard. Mais depuis, de nombreux articles dans la presse québécoise et ontarienne ont révélé cette année que les coûts du nucléaire sont maintenant évalués à deux ou trois fois plus élevés que les montants officiellement estimés, il y a un an. Une conséquence de ces coûts fortement majorés est que l’Ontario a mis de côté pour le moment leur plan de construire deux nouveaux réacteurs nucléaires à Darlington près de Toronto.

Cette année le Mouvement Sortons le Québec du Nucléaire avait évalué que le projet total de Gentilly-2 coûterait environ 10 milliards de dollars. Celui-ci inclut la réfection du réacteur, la mise à niveau de la structure de protection physique de toute la centrale (le confinement), la gestion de tous les déchets radioactifs sur le site de Gentilly-2, le démantèlement ultime du réacteur et le monitoring de la radioactivité sur le site et les environs, le tout sur une période de plusieurs décennies.

Si Hydro-Québec prenait la décision de mettre le réacteur Gentilly-2 en état d’arrêt sécuritaire, environ 6 milliards de dollars pourraient être économisés, ce qui laisserait encore des milliards pour les activités de déclassement (démantèlement), de gestion et de monitoring de la radioactivité. Tous les emplois nucléaires à Gentilly-2 seraient ainsi préservés.

Investir maintenant dans ce démantèlement est le choix le plus raisonnable, d’autant plus que des milliards sont requis pour développer les énergies renouvelables et pour fortifier le réseau de transport électrique.

Les citoyens doivent se réveiller maintenant pour exiger du gouvernement une attitude ferme envers le lobby nucléaire, la mise en arrêt sécuritaire du réacteur Gentilly-2 et le démarrage des activités de déclassement, lesquelles maintiendront les emplois et l’expertise en radioactivité sur des décennies. Un processus de veille parlementaire sur la direction d’Hydro-Québec serait le bienvenu pour que le peuple québécois puisse participer démocratiquement aux décisions sur le développement énergétique.


Michel A. Duguay est le coordonnateur du mouvement Sortons le Québec du Nucléaire et Philippe Giroul est le responsable des communications.

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