Journal des Alternatives

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Élections 2006

Tom Flanagan, le conservateur qui veut mettre les autochtones à leur place

Pierre BEAUDET, 19 janvier 2006

Le professeur Tom Flanagan est un éminent professeur de l’université de Calgary. Il s’est fait remarquer depuis quelques années en tant qu’intellectuel « organique » de la droite canadienne à travers son travail pour le Parti Conservateur et ses prédécesseurs, l’Alliance canadienne et le Reform Party. Plus encore, le professeur Flanagan s’est également fait connaître pour ses essais et écrits sur les autochtones canadiens. Puisqu’il fait partie du « cercle rapproché » de Stephen Harper et qu’il pourrait être appelé à jouer un rôle important dans un gouvernement conservateur, il est important de rappeler ce qu’il a dit sur le sujet.

Selon le professeur Flanagan, les autochtones canadiens n’ont aucun droit sur le territoire du Canada. Dans son bouquin récent (First Nations ? Second Thoughts), il affirme que les peuples autochtones n’ont aucun autre avenir à part celui d’être assimilés. Interpellé à ce sujet par l’Assemblée des premières nations, Stephen Harper a refusé de se dissocier de son ami et mentor. Coïncidence ou convergence, M. Harper promet de « réviser » l’accord récemment signé entre le gouvernement canadien et les nations autochtones qui inclut un transfert de $5 milliards de dollars vers les communautés.

Les autochtones sont des « immigrants »

« Les autochtones » affirme Flanagan, sont des immigrants comme les Européens. Ils sont venus s’installer sur le territoire. Distinguer leurs droits de ceux de ceux qui sont venus après eux est du racisme à l’envers ». Si les autochtones ont été colonisés ajoute-t-il, c’est que la civilisation européenne était supérieure. La colonisation était inévitable et justifiable

Les métis n’existent pas

Le professeur Flanagan a étudié la situation et l’histoire des nations métisses dans l’ouest canadien. Selon lui, Louis Riel était au mieux un imbécile et au pire un escroc puisque c’est lui qui a créé les désordres qui ont mené à l’insurrection de 1870. Les métis sont devenus selon Flanagan une « invention » de « bonnes âmes » libérales alors qu’en réalité, ils n’existent tout simplement pas.

Les autochtones ne sont pas civilisés

Aujourd’hui poursuit-il, les métis en particulier et les autochtones en général n’ont pas atteint un niveau de civilisation qui fonde le concept d’état ». « En pratique, les gouvernements autochtones sont gaspilleurs et destructeurs ». Selon le professeur de l’Université de Calgary, les négociations récentes pour rendre aux autochtones le droit de se gouverner sont une « perte de temps ». « Cela n’est pas compatible avec une économie moderne » affirme-t-il.