Journal des Alternatives

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Obama se rendra nu à Oslo !

John Walsh, 15 octobre 2009

Répondez vite : qu’ont en commun Barack Obama, Woodrow Wilson, Theodore Roosevelt, Henry Kissinger et Egar Moniz ? Ils ont tous eu le prix Nobel, les quatre premiers le Nobel de la Paix, soit au cours de leur mandat présidentiel, soit, comme Kissinger, pendant que ses bombes tombaient sur des populations innocentes au Vietnam. Moniz, lui, a obtenu le prix en Physiologie ou Médecine pour ses travaux sur la lobotomie. De ces cinq-là, c’est celui qui a provoqué le moins de dégâts.

Hier matin, au réveil, nous avons appris la nouvelle de l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Obama. Certains se sont précipités sur le calendrier pour vérifier si ce n’était pas le 1ier avril. En général, les gens grommelaient d’un ton résigné : "la guerre c’est la paix". Je préfère la formule qui était utilisée à l’époque du Vietnam : "se battre pour la paix, c’est comme baiser pour la virginité".

Quelques-uns pleuraient de dépit, comme probablement Medea Benjamin qui, s’étant récemment révélée définitivement va-t-en-guerre, avait dû penser qu’avec cet ajustement le Nobel était certainement en vue. Il va falloir rebaptiser Code Pink ("code Rose") maintenant. Justin Raimondo suggère "Code Yellow" (jaune/ trouillard, NDT).

Mais je pense que "les Prostituées pour la Guerre" serait plus approprié (cela ne s’appliquerait qu’à Medea et celles qui sont au bureau national, de nombreux membres de Code Pink étant des anti-interventionnistes sincères qui ne supportent pas la narcissique direction nationale, comme la conformiste Medea)

Mon ami Joshua, un expat israélien, a d’abord cru qu’il était en plein cauchemar ou que le comité Nobel se livrait à une plaisanterie cruelle. Car, en fin de compte, s’était dit Joshua, Obama est un criminel de guerre, qui a établi le budget militaire le plus élevé depuis que l’humanité existe, qui, tous les jours, bombarde des innocents, des femmes et des enfants dans trois pays au moins, l’Afghanistan, l’Irak et le Pakistan, qui soutient les pires criminels de guerre et en abrite certains dans son gouvernement qui ont anéanti en quelques mois tout "espoir" de paix au Moyen-Orient.

Le monde occidental a perdu la tête, de toute évidence, dit Joshua. Et puisque la guerre c’est désormais la paix on pourrait rebaptiser de façon plus appropriée toutes les organisations - United for War and Justice (au lieu de "United for Peace and Justice") ; "War Action" (pour "Peace action") etc.

Le Nobel de littérature de l’an prochain : Obama pour son livre : l’"audace de l’espoir’" - la plus grande fiction jamais écrite.

Le Nobel d’économie de l’an prochain : Obama - pour avoir inventé un nouveau système de calcul pour évaluer la reprise

Le Nobel de la paix de l’an prochain : Bush/Cheney - décerné grâce au précédent créé par Obama

Le Nobel de la Paix de l’année suivante : Netanyahu - l’homme derrière l’effort de paix d’Obama au MO.

Quoiqu’on en dise, nous avons ici une répétition de l’histoire. La première grande guerre coloniale de l’empire US menée sur le continent asiatique de la seconde moitié du siècle dernier était la guerre de Corée de Truman.

Cette tragédie se répétait au Vietnam entre les mains des "Meilleurs et des plus Brillants" (the Best and Brightest) avec Johnson and Kennedy aux commandes. Et maintenant la guerre Irak/AfPak (Afghanistan/Pakistan) nous vient de Bush et d’Obama et des congrès à la fois démocrates et républicains.

Si le Vietnam était une tragédie, alors, l’Iraq/AfPak est, sans aucun doute, une farce. Il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak et tout le monde le savait. De l’aveu même de l’armée, il y a environ une centaine de membres d’Al-Qaïda en Afghanistan, et donc les troupes US ne sont pas là à cause d’Al-Qaida – et tout le monde le sait bien. Et maintenant, voilà qu’on nous sort le dernier numéro comique avec l’attribution du prix Nobel de la Paix à Obama. Le mouvement anti-guerre pourrait peut-être juste changer de ton et passer de l’indignation pure à la dérision. Après tout, Obama et les élites qui dirigent ce pays ne portent pas de vêtements quand ils défilent devant nous en temps qu’hommes de paix, gonflés d’importance, pour parler de la fausse réforme du système de santé et nous annoncer une reprise de l’économie qui ne crée pas d’emplois. Il serait difficile d’inventer ces trucs-là. Et malgré nos larmes à cause de la situation dans laquelle nous sommes, nous pouvons au moins ridiculiser ces meurtriers hypocrites. Ils méritent d’être vus tels qu’ils sont : des hommes cruels, vains et absurdes. Ils défilent nus devant nous sans le savoir.

Si le comité Nobel était sérieux, il y a longtemps qu’il aurait décerné son prix à Cindy Sheehan !

John V. Walsh
Professeur of physiologie à l’Université du Massachussetts, il est milite activement contre la guerre.

Traduction des bassines et du zèle http://blog.emceebeulogue.fr/ pour le Grand Soir


Voir en ligne : John WALSH on Dissident Voice


John V. Walsh est professeur de physiologie à l’Université du Massachussetts, il est milite activement contre la guerre.