Journal des Alternatives

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Mourir à Gaza

Pierre BEAUDET, 9 janvier 2009

Depuis déjà plusieurs années, la population palestinienne de Gaza a été prise en otage par l’État israélien avec la plus grande complicité de ses alliés occidentaux, dont le Canada.
Sous prétexte de pénaliser le « terrorisme », la décision a été prise de « punir » plus d’un million de personnes. Les rapports récents de l’ONU indiquent que la situation s’est gravement détériorée depuis quelques mois. « On mange de l’herbe », affirme un responsable de l’UNWRA (principale agence humanitaire sur place), puisque les convois d’aliments et de produits essentiels sont presque tous bloqués à la frontière. La population est sans électricité ni moyen de transport et grâce à la complicité du gouvernement égyptien, le seul accès vers l’extérieur est pratiquement interdit.

À chaque jour ou presque, des attaques dites « ciblées » de l’armée israélienne font des victimes. Dans le contexte de la fin de la trève négociée il y a quelques mois entre le mouvement Hamas et le gouvernement israélien, tout le monde s’attend à de puissantes confrontations.

Selon la tradition et la légalité internationale, il est interdit de punir une population civile sous prétexte qu’on est en guerre contre un état ou un mouvement. Les Israéliens anti-guerre soulignent avec effroi que ces pratiques étaient celles des Nazis contre les civils dans les ghettos juifs européens à l’époque de la deuxième guerre mondiale.

Si l’État israélien peut perpétuer ces atrocités, c’est qu’il agit en totale impunité. Les États-Unis, l’Union européenne et le Canada non seulement laissent faire, mais appuient de manière active Tel-Aviv via l’aide militaire, les échanges économiques et, ce qui est proprement scandaleux, le boycott des Palestiniens. Du côté canadien, aucune aide n’est fournie à Gaza outre celle, minime, qui passe par les agences de l’ONU. Les initiatives du Canada, comme celles des autres pays occidentaux, vont dans le sens d’aider les autorités palestiniennes de Cisjordanie à renforcer leurs dispositifs répressifs et sécuritaires. De facto, l’administration de Mahmoud Abbas est devenue un supplétif de l’armée israélienne.
Les Palestiniens et les Palestiniennes pour leur part, ne sont pas prêtes à capituler. La résistance même affaiblie continue. Et même si elle est dormante dans certaines régions, elle reste la référence pour la grande majorité de la population qui voit bien que l’occupation et la guerre, même lorsqu’elles sont déployées par la plus grande puissance du monde, ont leurs limites.

En fin de compte avec ces pratiques, les dominants préparent les tempêtes qui s’en viennent dans cette région déjà tourmentée.