Journal des Alternatives

Les mouvements sociaux poursuivent la mobilisation pour le retour de Zelaya

Wooldy Edson Louidor , 24 juillet 2009

Marches de protestation, condamnations publiques, grève généralisée et prise des principaux axes routiers figurent parmi les actions de mobilisation, réalisées par les mouvements sociaux du Honduras pour continuer à exiger le retour au pouvoir du président constitutionnel Manuel Zelaya Rosales, destitué le 28 juin 2009 par un coup d’état militaire et ensuite expulsé à Costa Rica, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Réunis autour d’un Front « de résistance populaire » contre le coup d’état du 28 juin 2009, des organisations ouvrières, paysannes et indigènes, ainsi que des syndicats de professeurs, des militants de droits humains et des étudiants au Honduras n’entendent pas abandonner la lutte contre le gouvernement de facto qui, soutiennent-ils, veut faire croire que « tout revient à la normale » dans le pays.

Les mouvements sociaux pour la création d’une Assemblée Nationale Constituante

Dans une marche réalisée ce jeudi 16 juillet 2009, ces mouvements sociaux ont lu, devant le Congrès National du Honduras, un manifeste où ils demandent la création d’une Assemblée Nationale Constituante pour « promouvoir une société où il puisse y avoir une démocratie participative ».

Ils condamnent les violations de droits humains, perpétrées sous le régime de facto, tout en invitant les différents secteurs du pays à s’unir à eux dans la lutte pour « rétablir l’ordre constitutionnel démocratique ».

Ils dénoncent également les multiples persécutions dont sont victimes les dirigeants sociaux à travers le pays, ainsi que l’expulsion des médias internationaux par le pouvoir en place dirigé par l’actuel président de facto Roberto Micheletti.

Ils profitent pour remercier les organisations sociales de l’Amérique latine et du monde entier de leur solidarité avec cette lutte.

L’implication présumée des États-Unis d’Amérique dans le coup

L’implication présumée des États-Unis d’Amérique dans le coup d’Etat a été plusieurs fois évoquée par des analystes et même par des personnalités politiques honduriennes et latino-américaines, dont Fidel Castro.

« Les actions du président Zelaya pour construire un aéroport civil et commercial à Soto Cano (grande base militaire américaine au Honduras, fonctionnant depuis 1981), d’y autoriser des vols internationaux commerciaux, réalisé avec des fonds de l’alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba), peuvent s’interpréter facilement comme une menace à la présence militaire US future au Honduras », soutient, par exemple, l’avocate et chercheure américaine Eva Golinger dans son article « Les mauvaises raisons (inavouables) des militaires putschistes”.

« De plus, la majorité des forces armées honduriennes, qui ont pris part au coup d’Etat, sont des alliés et des partenaires importants pour le Pentagone », poursuit l’écrivaine, dont l’argument est largement répandu et partagé en Amérique latine.

« Avec de nombreuses autres raisons, cela explique l’ambiguïté publique de [Barack] Obama face au coup d’Etat au Honduras », conclut-elle.

« 660 arrestations illégales, 42 personnes blessées, de nombreux assassinats, persécution systématique contre les journalistes, musellement de la presse » : c’est le premier bilan, dressé par le Comité de Détenus Disparus du Honduras (Cofadeh), autour des violations de droits humains commises par le régime de facto hondurien.

Ce bilan a été rendu public par l’organisation Cofadeh le 16 juillet 2009.

www.alterpresse.org

http://alainet.org/active/31757


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