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Les lockoutés du Journal de Montréal demande à nouveau une reprise des négociations !

Ronald Cameron, 21 janvier 2010

Déjà un an que les 253 lockoutés du Journal de Montréal fonctionnent sous la bannière de Rue Frontenac (www.ruefrontenac.com) et, malgré les manifestations évidentes de mauvaise foi de la part de l’employeur, rien n’y fait ! Pierre Karl Péladeau ne démord pas : il veut faire ce qu’il veut avec le journal selon une conception qui s’apparente au libéralisme d’affaire le plus primaire. Il ne répond à aucun appel à la négociation, même de celui de l’assemblée nationale.

La concentration économique commande le dirigisme politique

C’est bien connu, PKP est passé maître dans la convergence médiatique, au plan culturel et télévisuel. S’abreuvant à la philosophie de la marchandisation et de la déréglementation, il veut dorénavant ne plus avoir à tenir compte de règles de fonctionnement dans les décisions qu’il veut prendre. C’est pourquoi il a engagé une telle épreuve de force, bien loin de la réalité qui prévaut dans le monde des médias dont plusieurs entreprises ont conclu des ententes cette année au Québec, malgré la conjoncture qui est la même pour tout le monde finalement.

Il vise à casser finalement le code de vie et de travail, qui se base sur le respect du travail des salariés, en particulier de celui des journalistes. Il ne demande pas seulement le pouvoir de licencier. Il veut l’obtenir en ayant aussi le pouvoir de repiquer tout commentaire réalisé par un tiers de ses autres entreprises, souvent contractuel, pour le présenter comme un reportage dans les pages du quotidien. Un tel télescopage peut aussi bien être un publi-reportage, notamment d’une manifestation culturelle qu’il produit par exemple avec une autre entreprise ! Un ? monde de libre concurrence ?, bien entendu !

D’ailleurs, il met déjà en pratique cette approche pour diminuer la position des salariés lockoutés : en décembre dernier, le comité des plaintes et de l’éthique de l’information du Conseil de presse du Québec a blâmé le journal 24 heures, qui appartient à PKP, et son rédacteur en chef André Beauvais, ? pour manque d’équilibre de l’information ?. Le journal a repris essentiellement le point de vue du communiqué de la direction du Journal de Montréal sur le conflit, communiqué qui s’intitulait : ? CSN et STIJM : allégations sans fondement ? . Beau cas de ? Manufacturing Consent ?.


Les salariés veulent la reprise des négociations !

Malgré tout, PKP persiste et signe ! Il a quitté la table de négociation le 24 janvier 2009 et a déclenché le lock out. Il prétendait que le syndicat ne bougeait pas sans avoir lui-même modifié sa proposition initiale de novembre 2008. Depuis, il fait de nouvelles propositions pour réduire encore plus la portée de la convention et obtenir pleine liberté, sans égard à l’autonomie professionnelle des journalistes. Il refuse aussi d’entendre l’appel du 24 novembre dernier de l’Assemblée nationale du Québec qui, sur l’initiative d’Amir Khadir, a convenu de demander aux parties de ? négocier de bonne foi afin que les familles touchées puissent retrouver leur juste revenu avant l’arrivée de Noël ? !

Une soirée de solidarité se tiendra ce dimanche pour souligner ce premier anniversaire et appuyer les salariés et leurs familles. Les 760 billets se sont vendus en une semaine.. Cette fête, qui réunit notamment Richard Desjardins, Tricot Machines, Louise Forestier, les Loco-locass, doit marquer le départ d’une nouvelle offensive en vue de développer plus largement les appuis.

Pour les salariés en lock-out du Journal de Montréal, la relance des négociations est un essentiel. Le syndicat ne cesse de répéter son ouverture à discuter des problèmes qui peut frapper l’entreprise considérant la conjoncture dans les médias. D’ailleurs, on explique sur leur site quels sont les ouvertures que les salariés peuvent envisager au plan des nouvelles technologies. Mais pour ce faire, PKP doit témoigner concrètement d’une volonté de respecter les salariés et de circonscrire une entente basée sur l’autonomie journalistique et professionnelle.

Boycottons le Journal de Montréal

On connaît le site Rue Frontenac (www.ruefrontenac.com) qui vise à poursuivre un travail d’information et à démontrer la capacité des salariés à s’adapter aux nouvelles technologies, ce que PKP prétend qu’ils ne veulent pas. Toutefois, on connaît moins celui que les lockoutés ont mis en place en parallèle comme site d’information sur le conflit : www.journaldujournal.ca/. On y trouve non seulement toute la couverture de presse sur le conflit mais également les appuis, les dernières informations entourant le conflit lui-même et des questions réponses sur des sujets tels les demandes patronales, les demandes syndicales, les impacts sur l’emploi, l’approche des lockoutés sur les pigistes et les changements technologiques, les moyens des les aider etc... Un haut lieu de démystification des campagnes de désinformation lancées par PKP et ses entreprises de la convergence.

Pour les appuyer, il devient plus que nécessaire de renforcer le boycott le plus total du Journal de Montréal. ?a signifie non seulement de cesser de l’acheter mais aussi de cesser de le lire. ?a signifie faire pression sur les entreprises que nous pouvons pour qu’elles cessent de placer des publicités dans le Journal de Montréal. Rappelons que les revenus publicitaires dépendent non pas du nombre de copies vendues mais plutôt du nombre de lecteurs.

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