Journal des Alternatives

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Carnet de voyage

Lendemains de la veille à Tunis

Michel LAMBERT, 1er décembre 2005

Moment émouvant à Tunis en marge du Sommet mondial de la société de l’information. l’Iranienne Shirin Ebadi, avocate, défenseure des droits humains, Prix Nobel de la paix, rencontre les grévistes de la faim tunisiens assemblés pour sensibiliser la communauté internationale aux violations et atteintes aux libertés fondamentales en Tunisie. « La liberté est la plus grande des valeurs ! Car grâce à votre action, l’isolement de la dictature est aujourd’hui total. Vous pouvez arrêter votre grève en toute dignité, car nous avons besoin de vous pour continuer la lutte ! » a-t-elle déclaré.

Moment émouvant à Tunis en marge du Sommet mondial de la société de l’information. l’Iranienne Shirin Ebadi, avocate, défenseure des droits humains, Prix Nobel de la paix, rencontre les grévistes de la faim tunisiens assemblés pour sensibiliser la communauté internationale aux violations et atteintes aux libertés fondamentales en Tunisie. « La liberté est la plus grande des valeurs ! Car grâce à votre action, l’isolement de la dictature est aujourd’hui total. Vous pouvez arrêter votre grève en toute dignité, car nous avons besoin de vous pour continuer la lutte ! » a-t-elle déclaré.

Entre-temps, le sommet organisé par les Nations unies, qui devait permettre aux États, aux entreprises et à la société civile de s’entendre sur l’avenir d’Internet, est resté sur sa faim. La question de la gouvernance de l’Internet, présentement contrôlée par les États-Unis, a été questionnée, mais aucune solution pratique n’a été élaborée. Dans un sens, il était un peu étrange cependant que ce débat ait lieu en Tunisie où, selon les organisations de défense des droits comme le Syndicat des journalistes tunisiens et la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme, la situation n’est pas rose. Quelques jours avant l’ouverture du Sommet parallèle, organisé par les organisations non gouvernementales (ONG), le gouvernement interdisait l’événement et se permettait de bousculer plusieurs journalistes et délégués internationaux venus appuyer les groupes tunisiens. Au point où plusieurs délégués officiels sont venus exprimer leur indignation, comme le président suisse qui a déclaré que la liberté de la presse est un passage obligé pour tous les États modernes.

Lors de l’échange avec Ebadi, et devant une centaine de délégués internationaux, M, Tahyaoui, un des grévistes de la faim, a confirmé la détermination des dissidents : « Nous voulons révéler au monde une dictature. Tous les grévistes ont connu à diverses étapes de leurs vies l’emprisonnement ou la torture. D’autres ont subi l’exil. Nous avons entrepris cette grève ensemble et nous allons la terminer ensemble. » Au moins, la police s’est abstenue d’intervenir pour empêcher ces grévistes de prendre la parole. Le groupe a mis fin à sa grève le18 novembre.