Journal des Alternatives

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Le ministre fédéral Strahl tente d’assimiler par la force le gouvernement algonquin traditionnel de Lac Barrière

9 juin 2010

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Mercredi, le 9 juin 2010

 Le ministre fédéral Strahl tente d’assimiler par la force le gouvernement algonquin traditionnel de Lac Barrière afin de rendre inopérants les accords historiques sur les ressources territoriales.

Kitiganik, Lac Rapide, territoire algonquin

Les membres des communautés du Lac Barrière se sont unis pour s’opposer à la tentative du Ministre des affaires indiennes Chuck Stahl de supprimer de façon unilatérale le système de gouvernance traditionnel de Lac Barrière. Un grand nombre de jeunes de Lac Barrière et d’autres membres de la communauté iront manifester à Ottawa le 15 juin prochain.

 La communauté de Lac Barrière est l’une des rares premières nations qui n’ont jamais été soumises au système électoral imposé par la Loi sur les Indiens, continuant au lieu de se gouverner selon leurs propres règles coutumières.
 « La tentative du ministre d’assimiler de force nos coutumes en utilisant l’article 74 de la Loi sur les Indiens est une violation de nos droits inhérents et ancestraux reconnus par traité, et qui sont protégés par la constitution canadienne, et est une violation de nombreux articles de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qu’approuvera le gouvernement canadien affirme le premier ministre Harper » dit Norman Matchewan, un porte-parole de la communauté de Lac Barrière.

La décision du ministre est aussi en contradiction d’une récente décision de la Cour fédérale relative à la dirigeance de lac Barriere. Le 17 février 2010, le juge Robert Mainville de la Cour fédérale a conclu dans la cause de Ratt v. Matchewan que la communauté de Lac Barriere peut « choisir leurs dirigeants conformément à leurs coutumes sans être entravée par les conditions ou exigences que le ministre peut juger appropriées ». Conformément aux recommandations du juge, les membres de la communauté de Lac Barriere ont créé un groupe de travail interne pour réconcilier les différences, et revoir leur code coutumier de gouvernance.

« Le gouvernement canadien tente l’assimilation par la force de nos coutumes afin de couper nos liens avec la terre, liens qui sont au cœur de notre système de gouvernance » dit Tony Wawatie, un porte-parole de la communauté de Lac Barriere. « Ils ne veulent pas faire face à un leadership fort, choisi par les membres des communautés qui vivent sur la terre, qui exige que les gouvernements fédéral et du Québec mettent en oeuvre des accords concernant l’exploitation de nos terres et de nos ressources. »

Le Canada et le Québec refusent de mettre en application des accords contraignants qui remontent à l’accord trilatéral de 1991, un accord de développement durable historique loué par les Nations Unies et la Commission royale sur les peuples autochtones. Le Canada a été en violation de l’accord depuis 2001. Le Québec viole l’accord en refusant de mettre en œuvre les recommandations conjointes datant de 2006 faites par deux anciens ministres du cabinet québécois, John Ciaccia, représentant spécial de Québec, et Clifford Lincoln, représentant spécial de Lac Barrière. Les recommandations de 2006 incluent l’octroi au Lac Barrière d’une part de 1,5 million de dollars des revenus de ressources de 100 millions de dollars qui sortent de leur territoire chaque année, ainsi que des plans pour harmoniser les activités d’exploitation forestière commerciales avec les méthodes traditionnelles d’utilisation de leurs terres des Algonquins.

Le Québec vient d’émettre à des compagnies forestières des permis de coupe dans le territoire traditionnel de Lac Barrière, tout en refusant de respecter les stipulations de l’accord trilatéral de 1991.
« Le Québec tire profit de la dispute avec le gouvernement fédéral sur la méthode de dirigeance pour casser les accords déjà signés et permettre aux entreprises forestières de faire de la coupe illégale sur notre territoire » a déclaré Tony Wawatie. « Mais les membres de la communauté et nos jeunes ont l’intention de défendre nos droits pour le plus grand bien de notre génération et des générations à venir ».

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Contacts avec les médias :
Tony Wawatie, porte-parole de la communauté : 819-860-4121
Collectif de Solidarité Lac Barrière
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