Journal des Alternatives

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Le Gouvernement brésilien réagit à la violence contre les dirigeants des mouvements sociaux de l’Etat du Pará

3 mars 2005

Le gouvernement fédéral et celui de l’Etat du Pará sont fermement décidés à arrêter ses assassins et les commanditaires de ce crime vil et barbare, qui nous a indignés et plongés dans la consternation et l’affliction.

Le gouvernement poursuivra la mise en oeuvre du Plan pour l’Amazonie durable et de son programme d’action contre la déforestation, pour la régularisation foncière et de lutte contre l’illégalité, tant dans le domaine forestier que sur le plan foncier. Il faut rappeler que la religieuse a été assassinée au moment ou des milliers de travailleurs discutent la mise en place du plan de production d’une colonie durable implantée par le gouvernement fédéral.

Le pays et la communauté internationale peuvent être assurées que ni les assassins ni les commanditaires du crime ne seront laissés dans l’impunité. Leur punition sera exemplaire, car il est temps de mettre un point d’arrêt à de tels agissements. Le plus important est la détermination qui est la nôtre de nous attaquer aux causes, comme nous le faisions, avec la régularisation foncière et avec la politique de l’environnement, dont non seulement la législation a été approuvée mais qui est mise en pratique avec les plans d’action concrets du gouvernement. Ce qui s’est passé au Pará est une réaction à la présence de l’Etat, à la régularisation foncière, à la politique environnementale et de colonisation durable.

Les quatre mandats d’arrêts expédiés par la justice concernent deux « /grileiros/ » (propriétaires illégaux) et deux tueurs à gages. Tous ceux qui seront mêlés à ce crime devront en répondre, sans exception. Telle est la position gouvernements de l’Etat du Pará et Fédéral. Nous assumons la responsabilité de l’action du gouvernement fédéral.

Les deux niveaux de gouvernement vont renforcer les structures administratives et policières, pour continuer dans la voie de la lutte contre la déforestation, du zonage économique et écologique que nous devons mettre en place. Et c’est en raison de cette présence de l’Etat et de son action que s’est engagé ce processus qui a dépassé toutes les limites imaginables avec l’assassinat de la religieuse.

Nous sommes résolus à ne pas céder d’un millimètre sur la mise en place de nos actions, à fournir tous les renforts nécessaires pour garantir par les instruments légaux dont nous disposons, la présence de l’INCRA (Institut National de la Colonisation et de la Réforme Agraire), de l’Ibama (Institut Brésilien de l’Environnement et des Ressources Naturelles Renouvelables) et de l’Institut de la Terre de l’Etat du Pará. Tout sera mis en œuvre pour que Justice soit faite dans cette affaire, tant en ce qui concerne les assassins que les commanditaires, ainsi que pour protéger les personnes menacées, dans le cadre de cette lutte qui dure depuis de longues années.

En 2002, le montant total des crédits destinés à l’Etat du Pará, dans le cadre du Pronaf (programme National d’Agriculture Familiale, était de 45 millions de réais. En 2004, le même programme du gouvernement fédéral y a investi 308 millions de réais. Ces sommes, ajoutées à l’ensemble des investissements fédéraux traduit l’engagement du gouvernement fédéral dans une stratégie de développement, en synergie avec l’Etat du Pará et le municipalités, et que nous poursuivrons.

Interrogée sur le parallèle existant entre l’assassinat de Chico Mendes et celui de Sœur Dorothy, Mme Marina Silva, Ministre de l’environnement, a déclaré :

« Dieu a voulu que je vive les deux évènements, dans des situations différentes. Comme compagne de lutte et amie de Chico Mendes, à l’époque de sa disparition, et aujourd’hui, en tant que Ministre de l’Environnement. Sur certains points, le parallèle est évident. Sœur Dorothy et Chico Mendes sont morts en défendant les mêmes idéaux, avec la même posture, la même éthique et le même don de soi, pour les causes auxquelles ils croyaient »

Elle a rappelé les saisies de bois, la suspension des projets illégaux d’extraction et de vente de bois. « /Plus de 500 //projets ont été suspendus et des centaines de milliers d’hectares de terres ont été récupérés. On assiste aujourd’hui à une réaction qui ne sera pas de taille à freiner nos efforts, bien au contraire. Plus que jamais, nous devrons tout faire pour renforcer les structures administratives, institutionnelles et la présence policière partout ou cela est nécessaire, avec même, comme c’est déjà le cas, le renfort des unités du Commandement de l’Amazonie des Forces Armées. Plus que jamais nous sommes déterminés à arrêter et à punir les assassins et leurs commanditaires »