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La vie aux aguets

Jacques LÉTOURNEAU, 23 août 2007

L’excellent écrivain britannique William Boyd nous convie à un premier roman d’espionnage avec La vie aux aguets . L’ouvrage, à mi-chemin entre la fiction et la réalité, raconte l’histoire d’une octogénaire qui dévoile à sa fille sa véritable identité. Madame n’est pas celle qu’elle prétend être depuis toujours, mais bien une immigrée russe qui a travaillé pour les services secrets britanniques au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Un document qu’elle remet à sa fille atteste son histoire. Nous le découvrons en même temps qu’elle, et il nous entraîne dans les méandres du renseignement, pour découvrir les dessous de cette invraisemblable aventure.

L’écrivain nous fait ainsi découvrir la British Security Coordination et sa mission de propagande visant à entraîner les États-Unis d’Amérique dans le conflit mondial. Selon l’auteur, qui s’appuie sur des recherches universitaires, cette agence a bel et bien existé. Redoutant la force de frappe de l’armée allemande et de ses alliés, le gouvernement britannique souhaitait par tous les moyens convaincre Washington de prendre le sentier de la guerre. Manipulation de l’information, fabrication de documents, rumeurs, tout était permis pour cette agence qui a vu son mandat se terminer brutalement par l’attaque de Pearl Arbor et l’entrée en guerre des USA.

Le style de Boy mêle bien la fiction et le réel. Il a le mérite de nous divertir tout en prenant bien soin de lever le voile sur une période ou une autre de l’histoire politique. À cet égard, La vie aux aguets peut être considérée comme une mission accomplie !


La vie aux aguets
William Boyd
Paris, Seuil, 2007, 332 pages.