La montagne qui accouche d’une souris

mercredi 2 décembre 2009, par Raphaël Canet

Le constat des changements climatiques fait consensus dans la communauté scientifique. La démonstration des effets pervers de l’activité humaine sur notre environnement n’est plus à faire. Nous sommes de plus en plus conscients des limites écologiques de notre modèle de développement issu de la révolution industrielle et centré sur la civilisation du pétrole. Un type de société fondé sur l’exploitation prédatrice des ressources naturelles et des hommes, hérité de la société européenne du 19ème siècle et imposé au reste du globe. Un monde axé sur la croissance à tout prix et le profit à cours terme, sans considérations pour les conséquences sociales et environnementales que cela engendre.

L’humanité est aujourd’hui confrontée à une crise écologique planétaire et que font nos gouvernements ? De grands énoncés de principes. Ils ne sont pas capables d’élaborer un plan d’action mondial pour lutter contre les changements climatiques, avec des cibles précises et des échéances claires, car ils ne peuvent surmonter leurs divergences d’intérêts. Mais quels intérêts au juste ? Ceux de l’humanité ? Ceux des populations insulaires et des futurs réfugiés climatiques évalués à près de 200 millions à l’horizon 2050 ? Ou bien ceux de quelques industries qui ne veulent voir tarir leurs sources de profit par l’imposition de normes environnementales strictes ? Toujours cette même alternative entre les profits ou la vie… et ce constat navrant d’un arbitre partial.

Après tant d’espoirs et d’attentes, la montagne a accouché d’une souris. Copenhague ne débouchera pas sur un plan d’action contraignant, mais plutôt sur un nouveau calendrier de négociation. Pendant que les gouvernements négocient et que les entreprises polluent, il est aujourd’hui vital pour les peuples du monde de passer à l’action.

Si la chute du mur de Berlin, en 1989, a pu symboliser le triomphe de la liberté, celle de Wall Street, l’an passé, révèle l’échec du libéralisme à outrance. Le fiasco annoncé de la Conférence de Copenhague en constitue un nouveau chapitre. Tout cela impose aujourd’hui de se porter collectivement à la défense des biens communs de l’humanité. Comme le scandent les signataires de l’Ultimatum climatique (www.copenhague-2009.com) on ne négocie pas avec le climat, on agit. Malheureusement, la position du gouvernement canadien ne cesse de s’enliser dans les sables bitumineux de l’Alberta. Si le Canada n’agit pas, les Canadiens et les Québécois doivent le faire. Un changement politique est nécessaire pour lutter contre les changements climatiques.

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