Journal des Alternatives

Partenaires

ROMAN

La fin du chant

de Galsan Tschinag

Alexandra GILBERT, 27 septembre 2005

C’est au cœur des vastes steppes mongoles que la famille de Schuumur a jeté sa yourte. Dans ce décor plus grand que nature, les déchirements de cette famille, racontés à mi-mots, sont exprimés par le biais du drame d’une jument qui vient de perdre son poulain et qui se refuse à en nourrir un autre, orphelin depuis peu. Sur ces terres où la vie des hommes est étroitement liée à celles des animaux, la survie dépend de la capacité de chacun de non seulemen abandonner sa solitude, mais d’aimer.

Cette Mongolie aux accents de légendes, aux luttes entre clans et aux rites chamaniques est en mutation ; ses traditions et ses habitants migrent vers la ville et ses promesses. La jeune Dombuk, qui rêvait de devenir chamane, ne parvint pas à survivre à ces transformations : « L’époque qui avait fait brutalement irruption ne laissait pas de place aux retardataires. » Les horloges se substituent au soleil et à la lune, le travail en usine à celui de l’élevage.

Galsan Tschinag est né en Mongolie en 1944 dans une famille d’éleveurs nomades. Publié d’abord en allemand puisqu’il profita d’études universitaires dans ce pays, ses œuvres sont traduites depuis huit ans en français. Il habite actuellement la capitale mongole, Oulan-Bator. Galsan Tschinag, par le biais de ses œuvres, s’impose comme un ardent défenseur des coutumes et traditions de son peuple.


Éditions L’Esprit des péninsules, Paris, 2005 (2001 pour l’édition originale en allemand), 182 pages.