Grève générale des Palestiniens d’Israël contre les destructions de maisons

jeudi 12 janvier 2017

Un mouvement de grève générale a été observé mercredi par la minorité palestinienne d’Israël, en signe de protestation contre les destructions de leurs habitations, opérations israéliennes qui ne concernent pas seulement, contrairement à ce que certains pensent, les territoires occupés de Jérusalem, la Cisjordanie et Gaza.

Le mouvement est intervenu au lendemain d’une vaste opération de démolition intervenue dans la localité israélienne de Qalansawe, où une vingtaine d’engins lourds accompagnés de nombreuses forces de police ont détruit 10 maisons.

Le prétexte invoqué est toujours le même : défaut de permis de construire.

Mais il en va ainsi depuis la proclamation de l’Etat : malgré un accroissement constant de la population palestinienne du pays, les permis de construire sont le plus souvent refusés par l’Etat d’apartheid : en 2015, dernière année pour laquelle on ait des statistiques, le secteur palestinien n’a reçu que 4,6 % des permis de construire, alors qu’il représente près de 20 % de la population israélienne.

La grève, lancée par le Haut Comité Arabe, a touché les établissements d’enseignements, les commerces et entreprises, à la suite d’un meeting et d’une manifestation à Qalansawe, rapporte l’agence Ma’an. Elle a touché les principales villes « arabes » du pays, dont Nazareth, Umm al-Fahm, Raht et Kuseifa

Une manifestation de solidarité a également eu lieu à l’Université de Tel-Aviv.

Des observateurs estiment qu’en réalisant cette flambée de destructions, Netanyahou cherche à se venger d’une décision de la Cour Suprême israélienne, qui a eu le « courage » d’ordonner la destruction d’un avant-poste, celui d’Amona, installé par des colons juifs sur des terres volées à leurs propriétaires palestiniens en Cisjordanie.

Décision a également été prise de lancer une campagne de solidarité matérielle avec les familles privées de toit par les bulldozers (Caterpillar notamment) à Qalansawe.

D’autres manifestations sont annoncées pour vendredi, après la prière de la mi-journée.

On rappelle enfin qu’en dit de l’injonction de la Cour Suprême, le démantèlement de la colonie dite « sauvage » d’Amona n’a toujours pas eu lieu, Netanyahou ayant déclaré que s’il devait malgré tout se faire, le gouvernement mettrait aussitôt à la disposition des colons d’autres terrains … volés aux Palestiniens.

La pénurie de logements pour les communautés arabes d’Israël n’est pas le résultat d’erreurs ou négligences ponctuelles, mais le produit d’une politique systématique et délibérée depuis la création de l’Etat en 1948, et qui voit en la population palestinienne des étrangers et des ennemis à chasser.


Voir en ligne : CAPJPO-EuroPalestine

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