Journal des Alternatives

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Festival international du film haïtien de Montréal, du 19 au 23 septembre

Nancy ROC, 5 septembre 2007

L’organisation d’Alternatives est fière de s’associer au Festival international du film haïtien de Montréal (FIFHM), créé par la Fondation Fabienne Colas, se déroulera du 19 au 23 septembre 2007 au cinéma de l’ONF (1564 rue St-Denis) et au Centre Leonardo da Vinci (8350 boul. Lacordaire, St-Léonard). L’événement, qui en est à sa troisième édition, entend présenter au public les plus belles et les plus étonnantes découvertes du cinéma haïtien. Cette année, il s’accompagne aussi d’une exposition de photos et d’un colloque sur la situation dramatique des coupeurs de canne haïtiens en République dominicaine.

Fictions, documentaires, longs et court-métrages seront au rendez-vous pour le plaisir de milliers de cinéphiles québécois. Cette édition du FIFHM est dédiée à la mémoire du réalisateur Raphaël Stines, décédé le 25 août dernier. Monsieur Stines était un cinéaste visionnaire, doté d’une grande générosité et d’une grande honnêteté, qui a laissé sa marque dans l’histoire du cinéma haïtien.

Tout en encourageant le cinéma indépendant de qualité, le FIFHM veut favoriser une prise de conscience chez le grand
public en abordant des importants enjeux sociaux suscitant des débats. Cette année, il accordera donc une place privilégiée aux films traitant du problème terrible des coupeurs de canne haïtiens en République Dominicaine notamment, avec la programmation des films suivants :

- Le Prix du Sucre, du réalisateur américain Bill Haney ;
- Les Enfants du Sucre, de la réalisatrice cubano-américaine Amy Serrano ;
- L’Empire du Sucre, du réalisateur canadien Brian McKenna ;
- Batey Zéro, du réalisateur français Gérard Maximin ;
- Sucre Noir, du réalisateur canadien Michel Régnier.

Exposition Esclaves au Paradis

Mais le Festival de cette année n’est pas seulement synonyme de cinéma. Ainsi pour la première fois en Amérique du Nord, du 18 septembre au 2 octobre 2007, le Festival présentera à la galerie Mosaïkart (4897 boul. St-Laurent) l’exposition internationale Esclaves au Paradis, de la photographe Céline Anaya Gautier.

À travers le quotidien des coupeurs de canne haïtiens en République Dominicaine, la photographe interpelle notre conscience sociale ainsi que notre responsabilité collective de citoyen(ne)s du monde. Des millions de vacanciers s’envolent chaque année vers le paradis touristique dominicain, ignorant les douleurs anonymes de centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes qui vivent l’enfer au quotidien, réduits à l’esclavage.

De tous les mediums de communication, la photographie demeure le plus poignant pour montrer les injustices, pour dénoncer leurs causes et pour toucher les cœurs. Le travail de Céline Anaya Gautier mérite notre soutien total parce qu’il réunit les trois composantes du militantisme en photo : le regard, le cœur et, surtout, la volonté d’agir.

Un colloque international

L’exposition de Mme Gauthier servira d’introduction saisissante au colloque international Sang, Sucre et Sueur, qui proposera un débat avec des invités nationaux et internationaux autour de la question des coupeurs de canne haïtiens en République Dominicaine. Il se tiendra dans les locaux de Radio-Canada, le 19 septembre.

Protégeant leur dignité dans le silence, les braceros haïtiens et leurs familles vivent dans des conditions infrahumaines, écrasés par un fardeau insupportable. IL FAUT RÉVÉLER LA VÉRITÉ DES BATEYS. C’est un acte d’engagement et de solidarité que de venir voir et « entendre » cette exposition. Il est temps de faire entendre la voix des sans voix, de comprendre, de prendre position et d’agir...

Les braceros haïtiens impressionnent par leur résistance, par leur courage, par leur endurance, par leur espoir qu’un jour, peut-être, leur voix sera enfin entendue et retentira partout. Leurs mots résonnent comme un écho désespéré mais digne, tel un appel à l’aide mais dépourvu de colère, telle une vision de la réalité. Amère, certes, mais qui nous interpelle.

À la fin, chacun doit se poser une série de questions troublantes. Pourquoi et comment, la première nation noire et libre du monde peut-elle encore produire des esclaves au XXIème siècle ? À quel prix le sucre que nous dégustons est-il fabriqué aujourd’hui ? N’est-il pas fait de sang et de sueur ?

Pour plus de renseignements :

www.festivalfilmhaitien.com

Courriel : info@festivalfilmhaitien.com

Téléphone : 514-265-5266

Pour en savoir davantage sur les actions d’Alternatives en Haïti :
www.alternatives.ca/article2754.html