Journal des Alternatives

Partenaires

1er décembre : Journée internationale de lutte contre le sida

Donner de l’espoir à ceux qui vivent encore

Martin GIGNAC, 2 décembre 2002

On ne le répètera jamais assez, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et le sida continuent de faire des ravages à travers la planète. Selon ONUSIDA, plus de 70 % des personnes atteintes de la maladie vivent en Afrique subsaharienne. Un peu partout sur le continent, des bénévoles comme Fati Sawanago ont décidé de donner un coup de pouce pour soulager ceux qui en ont bien besoin.

Fati Sawanago est une bénévole de l’Association africaine solidaire (AAS) du Burkina Faso. En 1998, cet organisme a créé le Centre Oasis pour faire de la sensibilisation auprès de la population et, surtout, pour s’occuper des personnes atteintes du VIH / sida. Au Burkina Faso, plus de 200 personnes sont chaque jour infectées par le VIH alors que plus de 50 autres meurent tout aussi quotidiennement du sida.

Un des buts de l’association est de permettre un test de dépistage à un prix abordable. « Dans les grands centres, le test coûte 30 dollars, explique la bénévole de passage à Montréal. C’est beaucoup trop pour les moyens des gens. Nous, on le fait gratuitement et les gens donnent ce qu’ils peuvent. » S’il est difficile pour la population de défrayer les coûts du test de dépistage, les traitements sont tout simplement hors de prix. Les soins annuels coûtent 2 400 dollars, alors que les Burkinabés ne gagnent en moyenne que 250 dollars par an.

Selon Fati Sawanago, « l’État et la Banque mondiale ont lancé des programmes de sensibilisation encourageant les gens à porter des condoms, mais ils ne font rien pour les personnes déjà atteintes. C’est trop dispendieux. » Elle réclame des actions concrètes pour prolonger la vie des milliers de parents qui se battent contre la maladie. Plus de 850 000 orphelins sont répertoriés chaque année au Burkina Faso.

Le rejet et la discrimination sont deux autres variables qu’il faut aussi prendre en considération. Les personnes atteintes du virus mises à l’écart par leur entourage auront tendance à capituler plus rapidement, ce qui peut accélérer la progression de la maladie. Les préjugés sont tenaces : la population associe trop souvent le sida aux homosexuels ou aux prostituées.

Pour améliorer les conditions de vie des malades, les différentes ONG, comme l’Association africaine solidaire, présentes dans la région ouest-africaine valorisent une approche humaniste : « Lorsque les personnes séropositives se sentent écoutées, donc appréciées, elles ont de l’espoir », conclut Fati Sawanago.

Martin Gignac, collabotion spéciale