« Dans les mouvements verts, il n’y pas de bénévole, mais des gens qui se mobilisent. »

mardi 27 avril 2010, par Delphine Denoiseux

Depuis trois ans, Greenpeace Canada renforce son programme de bénévolat. Actuellement, l’équipe de Montréal réunit une trentaine de bénévoles préoccupés par la « surpêche ». En confiant un mandat spécifique et stimulant aux bénévoles, l’ONG fait bien plus qu’assurer l’exécution des tâches.

« Vous faites partie du groupe de bénévoles de Greenpeace » annonce Philippe, coordinateur bénévole, aux participants du jour. La plupart d’entre eux sont québécois et quelques uns sont d’origine française, allemande et algérienne. L’ONG les invite pendant quatre mois à une réunion toutes les deux semaines ainsi qu’à quelques heures de travail entre ces temps de mise en commun. « Le travail des bénévoles donne de l’ampleur à nos campagnes. L’idée générale, c’est que leurs actions soient bien intégrées à notre stratégie », explique Beth Hunter, responsable de la campagne océans de Greenpeace. De la rencontre de gérants de supermarchés à la signature de lettres en passant par l’organisation de projections d’un film et la confection de costumes de poissons, les tâches proposées aux bénévoles sont multiples.

Un engagement sur mesure

Au devant de la scène ou à l’ombre des coups d’éclat, les bénévoles de Greenpeace s’impliquent dans l’ONG en fonction de leurs objectifs. Caroline étudie en sciences politiques à Sherbrooke. Elle est bénévole pour Greenpeace depuis un an et souhaite implanter un groupe local dans sa région. En participant aux activités organisées à Montréal, elle espère acquérir l’expérience et le soutien nécessaires pour mener à bien son projet.

L’ONG encadre aussi des bénévoles « occasionnels » qui s’engagent en fonction d’un échéancier précis ainsi que des activistes qui participent à des actions de désobéissance civile non violentes comportant un risque d’arrestation. « La frontière n’est pas exclusive : les activistes sont des bénévoles, mais on peut être bénévole sans être activiste », explique Mireille Beaudoin, responsable du recrutement des bénévoles pour Greenpeace.

Aussi, Jean-Guy Vaillancourt, sociologue de l’environnement explique qu’en ce qui concerne Greenpeace, il serait plus exacte de parler de militantisme plutôt que de bénévolat : « Dans les mouvements verts, il n’y pas de bénévole, mais des gens qui se mobilisent. Le bénévolat s’est bien plus développé dans d’autres secteurs. »

Une route à deux voies

Le bénévolat, c’est aussi un échange entre ce que le bénévole va donner et ce qu’il va recevoir de l’organisme. « La nouvelle génération de bénévoles souhaite que quelque chose de très concret ressorte de son engagement », explique Evelyne Joncas du Centre d’action bénévole de Montréal. Philippe coordonne les trois groupes de bénévoles de la nouvelle campagne océans de Greenpeace : « C’est une activité qui me permet de transmettre mon expérience en termes de formation de militants et d’encadrement organisationnel. Donc on part aussi de ce que les bénévoles ont comme compétences et comme aspirations. Mais si l’engagement citoyen est la meilleure façon d’apprendre sur la société et sur soi-même, on a tous autre chose à faire que d’être bénévole. J’ai donc envie que le temps que je mets là-dedans soit réellement utile. »

Depuis sa création à Vancouver en 1971, Greenpeace développe des processus de recrutement et de formation de ses bénévoles, en particulier en Europe et aux Etats-Unis. « Aujourd’hui, le suivi des bénévoles répond non seulement aux besoins des ONG mais à ceux des bénévoles car ils souhaitent s’engager dans des structures plus professionnels », remarque Evelyne Joncas.

Si l’équipe de Montréal suit de près ses bénévoles, elle cherche également à les rendre plus autonomes. Un équilibre délicat à trouver. Et un défi à chaque lancement de campagne.

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