Journal des Alternatives

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Carré rouge

Pierre BEAUDET, 1er juin 2006

Un collectif d’étudiants et d’étudiantes a entrepris de réfléchir à voix haute, dans ce pamphlet aux allures de patchwork, sur la plus grande grève étudiante de l’histoire du Québec. Thomas Chiasson-Lebel, étudiant en sociologie à l’UQAM et l’un des fondateurs de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), explique que la grève « ne fut [...] pas seulement un affrontement entre un pouvoir et un contre-pouvoir, ni uniquement le lieu de la transformation d’une nécessité économique en une revendication politique partagée parmi la population, mais bien l’espace d’une lutte pour la possibilité du débat politique ».

Pendant plusieurs semaines, 300 000 jeunes ont contesté un choix politique discutable, soit de convertir 103 millions de dollars d’aide en prêts aux étudiantes et étudiantes, mais aussi un projet de société, celui qui est promu par les élites économiques et le gouvernement Charest. La grève, on s’en souviendra, s’est soldée par une demi-victoire, puisque le fameux 103 M$ a été réinjecté dans le système, sans cependant permettre une avancée par rapport à la revendication fondamentale de la gratuité de l’éducation.

Selon le sociologue Jacques-Alexandre Mascotto, « les grévistes, par leurs mots d’ordre, leurs assemblées, leurs tribunes, leurs démonstrations de rue, leurs conférences-débats, la mise en scène tragique de leur mouvement, dont le port du carré rouge comme emblème de ralliement, ont su inscrire le tort qui leur avait été fait dans une injustice globale. [...] le port du carré rouge adopté par de nombreux citoyens ne demandait pas seulement un soutien, il allait plus loin : il invitait à s’inclure dans le mouvement, à devenir partenaire d’égal à égal, dans la sphère politique. Bref, le carré rouge était le signe manifeste d’une utopie sous-jacente : il est possible de produire un autre monde ».


Carré rouge

La grève étudiante du printemps 2005

Édition Libre