Journal des Alternatives

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COPENHAGUE 2

Michel LAMBERT, 14 décembre 2010

Les négociations sur le climat de la 16ème Conférence des Parties à Cancun ne suscitaient pas beaucoup d’espérance et n’auront finalement accouché que d’un accord sur la continuation de ces mêmes négociations. C’est déjà ça de pris. Mais considérant l’ensemble des questions liées aux changements climatiques, il semble que l’on nous demande de nous satisfaire d’un accord que même des pays comme le Japon, la Russie et la Canada, lesquels ont formellement refusé d’entériner la prolongation de l’accord de Kyoto, ont accepté de signer. Il est difficile dans ce contexte de ne pas croire en un recul d’autant plus qu’aucune contrainte (ni même objectif !!) sur les émissions de gaz ne sont imposés aux États et qu’aucun financement n’est associé au fameux fonds destiné aux pays en développement pour les aider à encaisser les conséquences des changements climatiques.

Et tout le monde a signé !?!

Presque tout le monde en fait car la Bolivie d’Evo Morales s’est refusé à renoncer aux principes de base des droits de l’environnement. Et les autres pays ?? Il est trop tôt évidemment pour comprendre ce qui s’est passé à Cancun, mais il faudra sans doute suivre les Wikileaks de ce monde dans les mois pour mieux analyser. Car dans la masse des documents révélés par le site de l’heure dernièrement, il y en avait justement plusieurs portant sur les « négociations » à Copenhague qui révélaient justement les pressions américaines à des pays comme le Vénézuela, alliés traditionnels de la Bolivie. Les documents obtenus par WikiLeaks démontraient aussi la préoccupation du gouvernement américain face aux pays émergents que sont le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Chine.

Le président bolivien Evo Morales a employé des termes forts pour faire réagir les membres de la conférence : « Si, ici à Cancun, nous abandonnons le Protocole de Kyoto, nous serons alors responsables d’un écocide, qui est l’équivalent d’un génocide. 300.000 personnes meurent chaque année, victimes de la désertification mais aussi d’inondations, de sécheresse ou d’autres épisodes météorologiques extrêmes, conséquences de l’accumulation dans l’atmosphère de gaz à effet de serre depuis la Révolution industrielle » a t’il indiqué. Mais ça n’a pas suffit.

Attendre Durban ?

La suite de ce grand match se continuera à Durban, en Afrique du Sud, dans un an. Les mouvements sociaux et les États progressistes comme la Bolivie ferons la promotion d’un accord mondial qui aiderait les pays à construire une économie verte et tienne les pollueurs pour responsables.

Mais il serait bête de n’attendre que cette option. Ici au Canada alors que nous avons la gloire d’être le premier État à remporter le prix « fossile » deux fois d’affilé, il importe que nous travaillons davantage pour mettre une pression plus importante sur nos décideurs politiques et ainsi forcer un réel changement dans la politique canadienne. La perspective bolivienne nous offre des pistes intéressantes et il est impératif pour les mouvements sociaux d’ici de se les approprier.

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